PARENTIS en BORN  – Samedi 5 août 2017

Novillada de MONTEVIEJO pour Manuel PONCE (rose layette et or), Miguel Angel PACHECO (blanc et or) et Daniel GARCIA NAVARRETE, remplaçant Daniel MENES (vert empire  et or).

Un lot de novillos « revêtus » des robes maison, d’armures moyennes, de trapio imposant, de comportements divers mais présentant un point commun : ils n’avaient rien d’enfants de chœur. Le sorteo a fait que, après deux exemplaires peu intéressants, entre autres par leur faiblesse, l’intérêt de la course est allé crescendo à partir du 3ème.  Quant aux hommes, il leur manquait probablement du métier pour dominer ce genre de « clients ». Ponce a subi les événements, Pacheco et Garcia Navarrete se sont montrés à leur avantage lors de leur premier combat, ce dernier, comme à Céret, assez surprenant par son côté que je qualifierai de rêveur, peut-être d’intellectuel …

1er (3 ans et demi) : d’armure correcte, il montre un peu de faiblesse, qu’une pique au milieu du dos devrait arranger, vient en deux fois à la 2ème, à peine mieux placée et levée de suite et enfin, placé loin, il gratte et prend un picotazo sur le côté ; les applaudissements au picador m’ont paru aussi mal placés que les piques. 2ème tiers correct, avec poursuites. Ponce prend tout son temps pour débuter sa faena, par doblones, sur lesquels le novillo chute. D’abord tardo et gratteur, l’animal vient mieux à la 2ème série de derechazos puis s’arrête et poursuit l’homme à la 3ème ; le passage à gauche est à la fois prudent, bref et peu concluant. Le novillero cadre, ou du moins essaie de cadrer, son opposant dans des terrains divers et tue aux medios par mete y saca et demi-lame plate tombée. Mort bouche fermée ; silence.   

2ème (3 ans et demi) : armure moyenne, remate aux planches, met bien la tête dans la cape et tombe. Trois piques prises dans le plus bel anonymat : 1ère, placé bien assez loin, sort et revient seul ; 3ème très en arrière. Le piton gauche se retrouve en pinceau. Une charge d’abord franche qui s’éteint vite, un novillo qui va aux planches et se met à cogner dans la muleta : Pacheco ne s’émeut pas de la situation et, appliqué et calme, main basse, s’adapte aux circonstances, avec peut-être le tort d’étouffer son adversaire qui, à deux reprises, vient d’assez loin. Entière un peu en arrière portée avec foi, avis, demande d’oreille minoritaire et vuelta ; nouvelle mort bouche fermée.

3ème (3 ans 5 mois) : morrillo proéminent, d’abord distrait, s’éteint dès la réception. Néanmoins, il pousse sous deux piques correctes entrecoupées d’une vuelta de campana : 1ère, pas arrêté, poussée sur la corne gauche ; 2ème venant du centre en trois fois. Les poursuites aux banderilles sont de plus en plus franches. Avec un novillo noble, qui charge mufle au sol, Garcia Navarrete sert des séries croisées, tant à droite qu’à gauche, peut-être un peu longues ; final par doblones après un épisode plus superficiel. Pinchazo très bas, entière en avant et mort au toril avec un puntillero malchanceux. Simple salut aux tiers alors que, jusqu’à l’estocade, s’entrevoyait l’oreille …

4ème (3 ans 5 mois) : plus haut, bien armé, remate et n’est pas fixé à l’entrée du picador. Il prend quatre piques, accourant au galop mais poussant seulement à la 1ère, venant de (trop) loin, 2ème en venant de la même distance, 3ème placé au-delà du centre, 4ème placé quasiment au toril puis replacé de façon plus raisonnable, sortant seul ; ovation au picador. Beaucoup de capotazos aux banderilles car le novillo s’est figé. A la muleta, le cornu fait avorter l’entame par doblones et contraint Ponce d’enclencher la marche arrière ; l’homme se reprend et fait face, le passage à gauche amenant un peu de stabilité et de sérénité … de courte durée. De nouveau clairement dominé, l’homme conclut par entière contraire verticale et descabello. Silence pour le bipède et applaudissements au quadrupède, qui est allé mourir vers le toril.

5ème(3 ans 7 mois) : un negro moins volumineux reçu élégamment par Pacheco. Une pique sans mise en suerte, le novillo déséquilibre et fait chuter le picador, moment de panique en piste, une autre pique en arrière, toujours sans mise en suerte, une 3ème après avoir été arrêté cette fois, venant en plusieurs fois et secouant ; devant le peu d’intérêt du novillo, placé au centre, pour le cheval, le président fait sonner la fin du tercio avant une hypothétique 4ème. Aux banderilles, le peon de brega est dépassé, l’animal fait ce qu’il veut et poursuit les hommes au milieu de moult capotazos. La faena est donnée sur le voyage et le novillo va lui aussi aux planches puis au toril, avec des retours secs à gauche et un avertissement à droite. Deux pinchazos, entière basse et plate, avis et silence.  

6ème(3 ans 7 mois) : armé large et astifino, pousse sous deux piques en place mais carioquées, 1ère vrillée, 2ème pompée ; le novillero brille par son absence de la lidia. Une paire de banderilles à cornes passées, une correcte, un seul palo. Garcia Navarrete subit de suite un extraño à droite sur ses doblones puis se fait promener par son novillo ; la séquence gauchère se limite à deux passes aidées et chiffonnées. Quatre pinchazos, un tiers de lame et silence.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 6 août 2017 (matin)

Novillada non piquée de PRIETO DE LA CAL pour Héctor GUTIERREZ (bleu ciel et or) et José Luis VEGA (bleu lavande et or).

Ces erales, de comportements différents, ont été les co-auteurs d’une course matinale d’intérêt soutenu.

1er (2 ans un mois), jabonero sucio ; la réception élégante est ponctuée d’un désarmé. Sont-ce les poursuites aux banderilles qui font arriver l’eral bouche ouverte au 3ème tiers ? Chute de l’animal en début de faena, celle-ci « moderne », donc sur le voyage, avec accrochages du leurre tant à droite qu’à gauche, conclue par statuaires. Le manque de dominio se traduit par des difficultés au moment du cadrage ; un pinchazo, un autre plus profond, entière très en avant et applaudissements pour chacun des protagonistes.

2ème (2 ans 4 mois), jabonero sucio ; fuit les hommes, est bien sûr long à fixer puis cogne dans la cape. Quite de Gutierrez par delanteras. Ce n’est pas un « cadeau » aux banderilles car il accélère a juridiccion et poursuit les hommes avec décision. Cet eral voit tout, vient de loin, de plus en démarrant de façon spectaculaire. Vega est dépassé par son opposant, se fait désarmer puis poursuivre ; reconnaissons lui le mérite de ne pas abdiquer et de gérer les affaires comme il le peut. Après un nouveau désarmé, il conclut d’une entière en place suivie de trois descabellos au centre, avec démarrages du bestiau. Salut aux tiers et « vrais » applaudissements à la dépouille.

3ème (2 ans et demi), jabonero sucio ; sort avec la corne droite fendue et est changé pour un sobrero d’ALMA SERENA, negro liston qui ressemble à pas grand-chose mais réussit néanmoins à désarmer Vega sur son quite par chicuelinas et à poursuivre les hommes au 2ème tiers. Faena de nouveau distante face à un animal qui encense, cherche les planches, finit par y aller, le tout en s’éteignant tranquillement. Entière en avant, deux descabellos, avis et silence.

4ème (2 ans 4 mois) : une robe rare et magnifique, dans le genre berrendo en colorado, corpulent et armé vers le bas. Réception volontaire débutée par une larga à genoux ; le quite de Gutierrez, par zapopinas, est quelque peu chahuté. Aux banderilles, il suit et coupe le voyage à la 1ère paire. Débutée avec des aidées par le haut, la faena montre de suite l’attrait de l’eral pour les planches ; Vega l’en sort à deux reprises au prix d’un 1er accrochage, puis paie son obstination d’un 2ème, se retrouvant sur le frontal du cornu lors d’un pecho. 1/5ème de lame an place, pinchazo avec choc au poignet et salut aux tiers.

            L’annonce faite par l’ADA au micro nous fait part de deux belles décisions : d’abord, le prix mis en jeu entre les novilleros sera partagé entre les deux ; ensuite, l’eral renvoyé aux corrales sera combattu hors novillada par le sobresaliente Daniel DE LA FUENTE (bleu roi et or).  Ce qui suit est beaucoup moins beau : pour des raisons que nous n’avons pas à savoir, les cuadrillas décident qu’un gamin, apprenti torero, qui pour certains pourrait être leur fils, se débrouillera seul en piste avec son opposant ; un semblant de bronca fait d’ailleurs rire quelques membres d’entre elles. Cosas de toros, dont l’aficion est loin d’être toujours le moteur …

            Ressort donc l’eral à la corne cassée. La réception est sobre mais hurlante ; pas de banderilles bien sûr. L’animal se montre faiblot, et la faena débute par des doblones avec sortie par le haut. A la muleta, l’homme procède calmement, cependant sans se confier, face à un adversaire noble et de charge lente, se regardant un peu toréer. Conclusion par pinchazo, deux tiers de lame verticale et entière en avant. Le novillero tente de puntiller avec son descabello et, ce faisant, relève l’eral ; un puntillero consent enfin à sortir du burladero. Applaudissements.

Présidence sérieuse.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 6 août 2017 (après-midi)

Novillada de PRIETO DE LA CAL pour Mario PALACIOS (bleu de France à parements blancs et or), Guillermo VALENCIA (blanc et or) et Tibo GARCIA (rouge à parements blancs et or).

            Le 1er était passable, les deux suivants sinistres, les trois derniers, heureusement plus intéressants, nous ont rendu quelque espoir. Et au moins, ils ne sont pas tombés, c’est déjà ça !

1er (3 ans 8 mois) : long et charpenté jabonero sucio annoncé comme escobillé ; le fait de remater n’arrange bien sûr pas les choses. Il sort de suite de la 1ère pique et ne montre rien de plus à la 2ème, basse et rectifiée, après une mise en suerte composée de quatre chapitres, eux-mêmes constitués de nombreux capotazos. I Vaya lidia ! Sur ces entrefaites, le quite de Valencia, donné en reculant face à un animal aplomado ne s’imposait pas. 2ème tiers correct. Devant ce novillo « de 3ème tiers », noble mais se retournant vite, Palacios fait le minimum syndical, plutôt correct à gauche mais jamais croisé. Manoletinas finales, entière en arrière portée prudemment et oreille (vox populi …) ; quant aux applaudissements à l’arrastre, il est moins grave de les avoir  entendus que d’être sourd.

2ème (3 ans 5 mois) : autre jabonero sucio imposant, armé brochito, de charge courte, reçu par larga à genoux. Placé près, il secoue et sort seul ; il se montre tardo et gratteur aux deux piques suivantes, 2ème en arrière, secouant puis poussant un peu, 3ème symbolique. Le piton gauche est escobillé. Banderilles correctes, avec poursuites allant du mou à l’insignifiant. A la muleta, Valencia doit composer avec un opposant tardo, bronco et donneur de coups de tête, se limitant à accompagner la charge par passes isolées. Entière en avant avec accrochage et vuelta.

3ème (3 ans 4 mois) : lourd jabonero sucio qui prend passivement une pique courte de Gabin Rehabi et une 2ème en sortant seul, de suite. Poursuites au 2ème tiers. Après des doblones soignés, Garcia ne peut que constater l’extinction de la charge de son novillo, prolongeant bien assez l’inutile. Mete y saca, demi-lame verticale dans le cou, descabello et silence. A ce moment de la course, il faut avoir l’âme chevillée au corps pour croire encore en la caste des Veraguas de Don Tomàs.

4ème (3 ans 8 mois) : negro moins lourd, corne droite en pinceau, distrait, que Palacios ne sort pas des planches. La mise en suerte bien lointaine fait plus que friser le ridicule ; le novillo se rapproche, démarre du centre et prend une pique déjà en arrière et replacée encore plus loin, appuyée, soulèvant le cheval. Suivent une vuelta de campana, une 2ème pique plus propre, et des applaudissements au picador surprenants. Banderilles correctes et sans poursuite. Le novillero sert une longue séquence gauchère sans cependant rien faire pour que son adversaire, mobile  mais de charge désordonnée, baisse la tête. Final par aidées par le haut en subissant un avertissement puis échec à la mort avec pinchazo, quart de lame bas et onze descabellos. Avis et quelques sifflets.

5ème (3 ans et demi) : jabonero sucio ou càrdeno claro ? Cogne violemment au burladero situé face au toril et désarme Valencia en fin de réception. Une pique en place, une autre en arrière et une 3ème « balancé » au cheval par le peon après avoir refusé de venir du centre. Poursuite molle aux banderilles. Doublé, peut-être pas assez énergiquement, ce novillo montre une charge allègre que l’homme n’exploite que superficiellement. Soyons-lui au moins reconnaissants de savoir arrêter une faena, qualité de plus en plus rare dans la nouvelle génération de toreros. Deux tiers de lame basse en travers, mort bouche fermée et salut aux tiers.

6ème (3 ans 8 mois) : negro plus léger, le plus armé du lot bien que bizco et présentant la corne gauche escobillée. Il pousse un peu après avoir cogné violemment au cheval en trois rencontres, 1ère placé trop loin, très en arrière et appuyée, 2ème venant de plus près, mieux placée, 3ème en sortant se suite. Belles banderilles d’El Santo, que le novillo poursuit en accélérant. L’animal montre sa violence sur les doblones de Garcia puis domine clairement ce dernier, peut-être pas (ou pas encore ?) armé pour ce genre de combat. Un pinchazo, un autre en roulant au sol devant son adversaire qui, heureusement, ne le voit pas, entière contraire très en avant et descabello. Silence.

Présidence sans faille de Bernard Sicet.

Trois remarques en guise de en conclusion :

¤ L’emplacement du palco a été modifié et les clarines (de Dax)  ont été placées près de lui.

¤ Un constat pénible, ou plutôt une confirmation : nous avons vu neuf novilleros, et aucun n’a banderillé ses adversaires.

¤ La recherche d’encastes dites minoritaires est un acte d’aficion louable et bien sûr à maintenir, mais c’est également un chemin semé d’embûches.