PARENTIS en BORN  – Samedi 4 août 2018

Novillada de AGUADULCE et José Maria ARISTRAIN DE LA CRUZ (même origine : Carlos NUÑEZ) pour Daniel GARCIA NAVARRETTE (bleu et or), Jorge RICO (blanc et argent) et Yannis DJENIBA « EL ADOU REÑO » (rouge à parements noirs et or).

Une novillada bien présentée et intéressante de bout en bout, avec de la mansedumbre à différents degrés et de la caste qui, à côté de la satisfaction de voir qu’il existe (encore) de tels élevages, a généré une frustration (une de plus), les hommes en piste oscillant entre incurie et je m’en foutisme.

1er (Aristrain, 3 ans 7 mois) : fin negro ensellé, astifino, très circonspect face aux capes. Trois piques, secouant à la 1ère, basse et se montrant tardo à la 3ème, se rapprochant au pas puis démarrant pour sauter à la tête cheval et blessant le picador à la main. Poursuites irrégulières aux banderilles. Après des doblones, le novillo cherche l’homme et le prend (sans mal) à la 1ère série de derechazos. La faena se déroulera ensuite principalement à gauche, ponctuée d’un avertissement, cette fois sans frais. Deux tiers de lame tombée et salut aux tiers.

2ème (Aguadulce, 3 ans 9 mois) : un castaño assez lourd, armé correctement sans plus qui sort abanto. Trois piques prises en poussant puis en secouant, même si la mobilité du cheval peut faire illusion ; pour une fois, on applaudit un picador qui a piqué (plus souvent, quand ils le sont, c’est pour ne pas avoir piqué !). 2ème tiers rapide et correct. Rico donne quelques doblones fort peu appuyés puis, se mettant sur la défensive, recule, vole quelques passes de ci de là et abrège. Quasi-entière prudente et chanceuse suivie de neuf descabellos au toril, novillo bouche fermée. Deux avis, sifflets pour l’homme, applaudissements mérités pour l’arrastre.

3ème (Aguadulce, 3 ans 8 mois) : negro d’armure discrète, brochito, distrait. El Adoureño hésite, recule devant lui et finit par lâcher sa cape ; ça commence mal, et ça continue mal, avec un peon qui fait taper le novillo au burladero. Placé trop loin pour une 1ère pique, l’animal, quoique faible, pousse ; tardo, il finit néanmoins par venir au galop à la 2ème, manquée et replacée. Banderilles raisonnablement limitées à deux paires, entre chute et poursuite des hommes. Son opposant étant arrêté, le novillero change de terrain ; « toréant » sur le voyage, il subit deux avertissements sans équivoque à droite, change de main et recule, revient à droite pour une série de chiffonnades et tue mal avec un quart de lame par la rocade et entière basse en avant. Il tarde ensuite à prendre le descabello pour attendre en prenant … des poses vulgaires pour épater la galerie ; descabello avec démarrage, et un puntillero peu adroit relève le novillo à trois reprises. Deux avis et sifflets bien cherchés.

4ème (Aguadulce, 3 ans 8 mois) : càrdeno claro liston armé sans plus. La lidia au 1er tiers est particulièrement lamentable ; 1ère et 2ème piques sans mise en suerte, d’abord dans l’épaule et replacée, avec poussée, puis pompée ; 3ème arrêté cul au cheval, contre lequel il saute puis tombe. Quatre banderilles posées en trois passages. A la muleta, le novillo regarde l’homme et s’avise ; il faut dire que ce dernier l’aide bien de par son placement marginal et cédant du terrain à gauche. Epée horrible dans les côtes, deux pinchazos portés à bout de bras, et le novillo se couche, de dégoût probablement. Sifflets gentils.

5ème(Aristrain, 3 ans 7 mois) : léger negro meano armé de deux poignards, « balancé » au cheval qu’il attaque tête haute ; la 2ème pique, en arrière, est pompée et la 3ème, placé de près (l’endroit pour une 1ère mise en suerte !), est encore plus en arrière et prise en secouant. Banderilles clouées avec difficulté, une seule paire correcte. Voyant que Rico doute et lui tourne autour en reculant, le novillo se plante au centre et attend. Le novillero abrège sa « faena » au bout de trois minutes, réussit à mettre un quart de lame en travers ; au lieu de remettre une épée, ce qu’apparemment personne de son entourage n’est capable de lui conseiller, il attend et met douze descabellos, de loin et avec son adversaire tête haute. Trois avis soulagent tout le monde et le novillo, puntillé du burladero, meurt bouche fermée. Légère bronca (33°C : il faut bien ménager son souffle …).

6ème(Aguadulce, 3 ans 9 mois) : un haut colorado ; la réception est volontaire. La 1ère pique est prise en venant du centre, tout simplement parce que c’est le novillo qui a voulu se placer là ; il arrive au grand galop, pousse, fait chuter l’ensemble équestre et vient charger le picador au sol. Jesùs Del Bosque est évacué et Laurent Langlois revient en piste ; replacé au centre, l’animal, tardo, est manqué et piqué après contact, malmenant la monture avec application ; 3ème pique courte sur décision du palco, prise avec plus de réticence. Poursuites au 2ème tiers. El Adoureño attaque sa faena sans doubler son adversaire et, pendant de longues minutes, fait des passes sur la droite, des passes sur la gauche, le tout entrecoupé de poses toutes plus vulgaires les unes que les autres et d’un desplante tout aussi mal venu ; il n’oublie qu’une chose, toréer. Le novillo, « gentil », pardonne tout, lui signifiant seulement à deux reprises et en douceur qu’il n’est pas tout-à-fait où il devrait être. Statuaires en regardant le public, mete y saca, entière un peu en avant et mort au toril. L’oreille quémandée bruyamment est accordée : c’est le dernier novillo de l’après-midi, la 2ème épée a été correcte, et il ne faut pas désespérer le fan club.

Présidence sérieuse de Bernard Sicet.

Et pour finir, cinquante aficionados restent dans les gradins pour faire saluer le mayoral.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 5 août 2018 (matin)

Fiesta campera avec deux novillos de COUTO DE FORNILHOS pour sélectionner le 3ème homme du cartel de l’après-midi. Les novilleros en lice sont Alejandro FERMIN et Jesùs MEIJIAS.

1er : handicapé d’un postérieur. Deux mises en suerte correctes pour trois piques sans relief. Aucun candidat se portant volontaire pour poser les banderilles, il n’y en aura pas. Le novillo, bronco, charge cabeceando et cherche les planches. Fermin l’en sort, torée sur le voyage, hésite, se fait bousculer et conclut par une série de pechos. Long à cadrer un opposant jamais dominé, il en termine par une demi-lame basse suivie de trois descabellos.

2ème : un coureur que Mathieu Guillon parvient à fixer. Deux piques en arrière avec des mises en suerte soignées quoique pas faciles. Meijias banderille lui-même son novillo, avec une paire à cornes passées et une risquée. Au 3ème tiers, il n’arrive pas à empêcher son adversaire d’aller aux planches puis au toril, et le fait qu’il ne baisse pas la main ne l’y aide pas. Il donne quelques passes dans la querencia, dans laquelle l’animal finit par se figer. Mise à mort laborieuse avec 1/5ème de lame, mete y saca, tiers de lame et descabello.

Le vote du public à la sortie de la course désigne Jesùs Meijias pour compléter la terna du soir. Peut-être que le fait de poser les banderilles aura contribué à ce résultat.

 

PARENTIS en BORN    – Dimanche 5 août 2018 (après-midi)

Novillada de COUTO DE FORNILHOS (origine Conde de La Corte / Atanasio Fernàndez) et de SANTA TERESA (origine Gamero Civico / Guardiolo Soto) pour Juan CARLOS CARBALLO (rose layette et blanc), Carlos ARANDA (noir et or) et Jesùs MEIJIAS (ciel et or).

            Ces deux élevages ont été choisis par l’ADA PARENTIS en remplacement de celui de PEÑAJARA de Casta Jijona, premier choix qui ne pouvait pas sortir d’Espagne suite à un problème sanitaire. Après la frustration d’hier causée par le manque d’envie des novilleros, celle du jour est due aux cuadrillas, et surtout aux picadors qui, pour au moins quatre d’entre eux, ont fait tout leur possible, et souvent avec efficacité, pour « esquinter » les novillos par leurs piques assassines (en restant poli). Pour couronner l’édifice, la lidia des hommes à pied n’a pas, elle non plus, été d’une exemplarité remarquable. Porter une appréciation sur les novillos dans ce contexte paraît bien aléatoire ; ressort néanmoins la faiblesse des Santa Teresa, certainement bien « arrangée » par les piques …

1er, COUTO DE FORNILHOS (3 ans 5 mois) : negro bien armé, avec un morrillo proéminent, bien reçu. 1er mauvais tercio de pique de la course, avec une pique arrière, poussée mais vrillée en carioca, une 2ème de nouveau en arrière et une 3ème en venant de loin, picador débarqué (novillo rancunier ?). Banderilles sans poursuite. L’animal se montre tardo dès l’entame de la faena ; les cites de loin, muleta en avant ne donnant aucun résultat, Carballo torée avec le leurre sous le mufle. Une dernière série à droite inespérée, deux tiers de lame tombée en sautant au-dessus de la corne et oreille sur demande limite.

2ème, SANTA TERESA (3 ans et demi) : un negro léger qui fuit les capes puis s’échappe pour foncer sur le cheval pas encore en place et prend une pique dans l’épaule et vrillée ; la 2ème est encore vrillée et la 3ème pompée avec application (ou délectation ?), pour moi par provocation vis-à-vis du public. 2ème tiers correct. Le novillo tombe et reste au sol en début de faena ; Aranda arrache quelques passes à l’unité, et on dirait que lui seul ne voit pas qu’il faut en finir. Affreuse épée qui ressort par le flanc et descabello. Silence ; merci au piquero.

3ème, COUTO DE FORNILHOS (3 ans et demi) : càrdeno burraco plus lourd qui, sans avoir été mis en suerte, pousse sous une courte pique en place, prend deux refilones et revient seul pour une dernière, en place. Enfin un picador applaudi. Meijias se fait prier pour prendre les palos (à ce sujet : soit il banderille lui-même, soit il ne le fait pas, mais laisser les peones partir puis les rappeler est pour moi un jeu ridicule) ; deux passages en faux et un quiebro à la 3ème paire. Après des doblones parcimonieux, le novillero se fait dominer par un adversaire à la charge vive et brusque. Il vole les passes dans un style électrique et conclut d’un bajonazo. Silence pour l’homme, applaudissements pour la dépouille.

4ème, SANTA TERESA (3 ans 5 mois) : negro liston. Une pique en arrière et de côté sans mise en suerte, une autre tout aussi en arrière et replacée. Deux paires de banderilles entrecoupées de la 2ème chute du novillo. Ce dernier se réfugie aux planches puis est amené au centre où il charge au pas, chute de nouveau pour ne pas se relever et doit être puntillé sur place. Silence résigné.

5ème, COUTO DE FOURNILHOS (3 ans 9 mois) : negro bien armé mais protesté car traînant un postérieur, ce qui ne le gêne pas pour enfermer Aranda dans les planches ni, pas arrêté, pour provoquer un batacazo, prendre un refilon et charger un homme de la cuadra, lequel doit être évacué. Suivent deux autres piques et, pour faire bonne mesure, une 4ème après les clarines ; inutile de dire que cela s’est déroulé dans un joyeux bazar en guise de lidia. Poursuite aux banderilles, la 3ème paire confinant à la panique. Aguantant les coups de tête dans la muleta, Aranda pense à se croiser, mais un peu tard, attendant le moment où le novillo trouve que la plaisanterie a assez duré et se bloque. Deux fois un tiers de lame plate, demi-lame en travers, descabello, avis et silence.

6ème, SANTA TERESA (3 ans 9 mois) : negro burraco bragado armé court. Il sort abanto, racle le sol avec les cornes puis effectue une vuelta de campana. Deux piques brèves et propres prises en rentrant violemment au cheval mais sans pousser ensuite ; applaudissements au picador. Deux paires de banderilles correctes et une manquée, le tout sans poursuite. Le novillo s’agenouille en début de faena puis, handicapé par sa faiblesse (et / ou par la vuelta) se montre tardo, charge au pas et cogne dans le leurre. Meijias insiste bien assez et conclut d’une entière basse en avant suivie de trois descabellos. Avis et division discrète.

         Présidence sans histoire de Bernard Sicet.

         Une course intéressante, mais dont l’intérêt a pour moi été occulté par des moments pesants, voire pénibles.

 

En termes de bilan, deux points d’ordre différent à relever :

  • A une exception près, tous les novillos étaient âgés d’au moins trois ans et demi, plusieurs étant plus près des quatre ans que des trois ;
  • Une baisse de fréquentation pour chacune des deux journées ; hélas, la fraction pénible du public, qui applaudit n’importe quoi ou siffle à tort et à travers était là et bien là.