Les cartels ne présentaient aucune mauvaise affiche, mais rien de la créativité classique de Simon Casas mis à part le solo de Juan Bautista… ce qui n’est tout de même pas rien ! Qu’en était-il des Talavante, Castella, Manzanares, Morante et autres Tomas Joubert ? On a vu pas mal de vides dans les arènes et La réalité a confirmé, hélas ! l’impression première.

 

Côté toros, c’était la tonalité d’Arles, Séville et Madrid : nobles, avec peu ou pas de force, peu ou pas de caste, sauf, par chance, un ou deux exemplaires par course, et encore… Désolant. Un excellente note tout de même : la corrida de Jandilla, le lundi après-midi, magnifique de mobilité et de caste. Passons sur la honte habituelle de toros couramment affichés une cinquantaine de kilos de plus que la réalité, voire 100 : à long terme, que gagne-t-on à prendre les gens pour des imbéciles ?

Que retenir ?

 

° Les toreros ont fait de leur mieux avec ce qu’ils avaient…

 

° Le 2eLa Quinta, excellent mais un peu mou, sans chispa (étincelle), dont Escribano a assez bien tiré parti.

 

° La Cape d’or légitimement gagnée par Andy Younès ; Carlos Ochoa étant sans option et Alejandro Gardel qui a laissé l’envie de le revoir.

 

° Curro Díaz a débouché son "flacon"… sous l’averse ; Juli surpuissant ; López Simón qui a retrouvé son envie… mais Garcigrande/Domingo Hernández en chute libre.

 

° Javier Jiménez a montré ses belles manières prometteuses, tandis que Roca Rey, mal servi, était aux abonnés absents et Ponce tentait de tirer du sang d’une pierre. Ay ! Victoriano del Río.

 

° Juan Bautista a bien démarré avec un bon La Quinta (1er), puis un intéressant Jandilla (3e) malheureusement trop vite réservé. Ensuite tout s’est dilué en raison des toros. On soulignera tout de même son adaptation à chaque toro, dont sa manière magistrale de retenir le fuyard d’envergure qu’était le Carmen Lorenzo.

 

° Des triomphes du rejón, on retiendra surtout l’insigne faiblesse des toros de Bohórquez… largement dépointés mais pas tronçonnés, cette fois.

 

° « La » corrida a été celle de Jandilla. Enfin de la force, de la caste, de la mobilité. Et de bons toreros. David Mora moins bien servi. Les meilleurs toros ont été le 5e et le 6e. Le 5e avait beaucoup de classe, on l’a vu charger museau au sol sur 3 ou 4 passes enchaînées ; Paco Ureña très sobre et excellent . Le 6e, spectaculaire, inlassable, sans le moindre fléchissement, n’a pas cessé de galoper tête basse dans la muleta de José Garrido, qui a laissé voir un potentiel remarquable : tout l’inverse de la « malédiction de la gitane » qui souhaitait à un mauvais torero de toucher un grand toro, lequel rendrait manifeste son incapacité. Fallait-il gracier ce Pañero ? Dans l’absolu probablement pas : exceptionnel à la muleta, certes, mais simplement bien à la pique. Cependant, vu l’état de la cabaña brava, et la belle remontée des Jandilla, pourquoi pas ?!...