VIC FEZENSAC - Samedi 3 mai 2017 (matin)

Novillada de quatre « RASO DE PORTILLO » pour Mario PALACIOS (vert sapin et or) et Miguel Angel PACHECO (blanc et or).

Novillos sérieux, braves et encastés, pas commodes, morts bouche fermée.

1er (3 ans 2 mois) : sérieux negro liston armé raisonnablement. 1ère pique avec poussée spectaculaire ; 2ème après mise en suerte à épisodes, venant au pas puis accélérant, Gabin Rehabi se trouvant déséquilibré sous la poussée ; 3ème du même style. Banderilles sans poursuite, avec une bonne 2ème paire de Fernando Sànchez. D’abord prudent sur deux séries à droite et après un court passage à gauche, Palacios semble reprendre les choses en main mais très vite subit la domination de son adversaire. Mais pourquoi choisir la zone la plus boueuse du ruedo pour toréer ? Mise à mort difficile avec pinchazo al encuentro, poursuite, nouveau pinchazo, quasi-entière penchée et six descabellos. Deux avis, le novillo tombant peu avant le 3ème, et silence. La caste …

2ème (3 ans 2 mois) : càrdeno oscuro plus léger mais bien fait. Ce novillo prend un refilon à l’entrée du picador, obtient la chute à la 1ère pique, vient au galop pour la 2ème, en arrière, replacée et pompée, se montre plus tardo mais finit par venir de nouveau au galop à la 3ème, brève, et enfin attend que le picador aille le chercher à la 4ème, pour pousser de nouveau. 2ème tiers limité à deux paires vu l’état de la piste. Pacheco sert deux séries correctes à droite mais, ne baissant pas assez la main, se trouve en difficulté à la 3ème. La corne gauche s’avérant délicate, retour à droite, le novillo cherchant l’homme dès la 3ème passe. Entière basse au ralenti et demande du public, d’oreille pour le novillero et de vuelta pour l’animal. Aucune n’étant accordée, Pacheco effectuera un tour de piste.

La piste étant devenue un vaste bourbier, suit une longue négociation entre les subalternes (et principalement Fernando Sànchez), le président et l’empresa ; le tout aboutit à la suspension de la course. Dommage … mais compréhensible.

Présidence humidifiée et néanmoins sérieuse de Thomas Thuriès, assisté de Roland Georgen et de Damien De Sabatta.

VIC FEZENSAC - Samedi 3 mai 2017 (après-midi)

Corrida de Da Dolorés AGUIRRE pour Luis Antonio GASPAR « PAULITA » (rose à parements blancs et or), Octavio CHACON (gris et or) et Alberto LAMELAS (blanc et or).

Lot bien présenté, de robes variées, bien armé. Le comportement au 1er tiers des 2ème et 3ème a été intéressant, mais malheureusement, on ne peut pas en dire autant des quatre autres. Même si l’on a vu largement pire (dans cette ganaderia et surtout ailleurs), ces toros m’ont laissé comme un manque (de poder), ou un goût d’inachevé ; peut-être le défaut de vouloir placer la barre (trop) haut …

1er (5 ans et demi) : colorado meano très armé qui prend trois piques sans véritable poder : 1ère basse et levée rapidement, 2ème brève, en secouant, 3ème en venant au trot. Rien au 2ème tiers, si ce n’est un soupçon de faiblesse. La faena, sur le voyage, est constituée de demi-passes ; averti à gauche, Paulita tente un retour à droite peu concluant et abrège par passes de châtiment. Il aura parcouru beaucoup de chemin en quatre minutes … Bajonazo dans le cou avec un toro pas cadré et descabello. Silence pour l’homme, sifflets pour la dépouille, les deux sans intérêt.

2ème (4 ans 5 mois) : burraco un peu « culard » et bien armé. Belle réception et mises en suerte propres de Chacon. L’animal soulève le cheval à la 1ère pique, correcte ; il vient facilement et au galop aux trois suivantes mais ne pousse pas beaucoup. 2ème tiers correct, toro arrêté. Le torero cite de loin un animal noble et opère par séries courtes ; les naturelles de face montrent un parcours plus limité sur la gauche. Conclusion par bernadinas citées de près, entière en avant d’effet rapide, oreille (logique) et vuelta pour moi surprenante, car je n’ai pas vu un toro « complet ».

3ème (4 ans 5 mois) : negro meano armé ver le haut et astifino, reçu par larga à genoux périlleuse. Placé au centre (!), il doit être rapproché et il faudra trois mises en suerte avant qu’il provoque un batacazo, le picador réussissant à rester debout : il reviendra au pas pour une pique pompée. 2ème tiers rapide et correct, sans poursuite. Lamelas torée dans les règles un adversaire de charge franche, mais qui ne vient pas de loin, baissant la main et servant des naturelles sincères. La fin est moins heureuse avec deux mete y saca, difficultés pour cadrer, pinchazo et entière tombée et en avant. Salut aux tiers et applaudissements à l’arrastre. 

4ème (4 ans 4 mois) : un negro armé playero, qui sort distrait. Après une mise en suerte cafouillée, il vient au cheval par les raies et se coince la corne gauche sous le peto ; 2ème pique basse et prise de trop près ; 3ème au même endroit, en poussant. Banderilles propres et sans poursuite. Au 3ème tiers, la charge molle et vite éteinte du toro ainsi que le manque d’engagement du matador provoquent rapidement l’ennui. Ce dernier prend fin avec ce qui ressemble à une tentative de recibir suivie d’un tiers de lame en avant porté par le large et d’un descabello. Silence goutteux. Mais que venait-il faire (Paulita) dans cette galère ?

5ème () : lourd colorado chorreado armé large, qui traîne le postérieur droit. Il prend une pique en essayant de soulever le cheval, puis une autre, courte et sans relief, après être venu de loin. Quatre banderilles clouées à toro arrêté. A la muleta, l’animal se montre à la fois noble et pas idiot, mobile et faible. D’abord prudent, Chacon se centre peu à peu dans une faena principalement gauchère, puis son opposant commence à le chercher lors d’une séquence rapprochée ; final par pechos et adornos divers. Conclusion laborieuse avec pinchazo, deux mete y saca et bajonazo. Salut aux tiers.

6ème (4 ans 7 mois) : negro bragado avec le piton droit abîmé, qui sort de suite à la 1ère rencontre, pousse à la 2ème, puis moins à la 3ème, pompée. 2ème tiers bâclé et limité à deux paires. Lamelas prend de suite la main gauche et, faisant face aux retours de son opposant, réussit à allonger sa charge ; une seule série à droite pour confirmer que cette corne est peu fréquentable, voire dangereuse. Une tentative a recibir pour un affreux mete y saca, une autre pour une demi-lame basse en travers, puis deux fois un tiers de lame aussi laids, portés prudemment, et descabello … ouf ! Quelques applaudissements.                                                         

Présidence sérieuse de Bernard Sicet, assisté de Patrick Capbern et de Jean-Jacques Jouaniquet.

  VIC FEZENSAC - Dimanche 4 mai 2017 (matin)

Corrida concours pour Domingo LOPEZ CHAVES (rose fuchsia à parements blancs et or), « Morenito de ARANDA » (rose des sables et or) et « MICHELITO » (rose indien et or).

1er : MIURA (5 ans 3 mois) ; sardo magnifique mais armé court, qui saute et cogne dans la cape.

Quatre piques courtes prises en venant facilement mais avec poussée modérée, long à sortir des 1ère et 4ème (attrait pour les planches ?) ; Oscar Bernal est applaudi. Difficile à banderiller (quatre palos plantés), ralentissant sa charge et donnant un coup de tête a juridiccion. Le torero le sort des planches par doblones puis subit les retours secs à droite, devant se contenter de donner des passes isolées ; le passage à gauche montre que le toro a compris beaucoup de choses. Lopez Chaves opte pour un macheteo et peine à cadrer son opposant (toujours les planches …). Entière basse d’effet quasi immédiat et début d’un long bazar, pour rester poli. La demande d’oreille était-elle majoritaire ? Je ne l’ai pas vu ainsi … Toujours est-il que le palco reste sourd (dans tous les sens du terme), le matador effectue une double vuelta et le dit palco a droit à une bronca en ré majeur : jusque-là, nous sommes dans le quotidien.

2ème : VALVERDE (5 ans 1 mois) ; là où nous ne sommes plus tout-à-fait dans le quotidien, c’est qu’une partie du public se met à hurler dès que le président Amestoy annonce la sortie du toro, de sorte que cette annonce est totalement inaudible. Il en sera de même aux quatre annonces suivantes. A ce moment, j’ai souhaité intensément que président et assesseurs se lèvent et quittent l’arène ; peut-être les hurleurs auraient-ils suppléé à son absence ? Sort donc ce Valverde, negro liston bien armé. Après une mise en suerte cafouillée, il prend une pique en venant au pas, une autre en arrière, une 3ème en se montrant tardo, sortant de suite puis revenant, tandis que le picador continue « d’instrumenter » après les clarines. Banderilles correctes et sans poursuite des hommes. Bien que s’affaissant tantôt des antérieurs, tantôt des postérieurs, le toro montre une charge vive, voire brusque, plus réticente à gauche. Morenito ne force pas trop son talent et conclut assez rapidement avec un pinchazo bas porté par le large, ¾ de lame basse et en travers et deux descabellos. Silence.

3ème : CUADRI (5 ans 4 mois) ; negro, massif, armé correctement, reçu par de belles véroniques rematées d’une larga avec changement de main. Mis en suerte trop loin, il vient en deux fois pour une pique d’abord dans l’épaule puis au milieu du dos ; tardo puis venant au galop à la 2ème, mieux placée ; encore plus tardo à la 3ème, correcte cette fois, il doit être rapproché ; comédie du matador, qui demande le changement, que le président refuse, et le picador doit aller le chercher, sous des appréciations diverses du public. Salut d’un peon aux 2ème tiers pour les 1ère et 3ème paires, avec poursuites irrégulières. A la muleta, la charge est molle mais sans défaut, et Michelito, d’abord prudent, se centre pour une série de derechazos templés, mais c’est l’extinction des feux. Le torero ajoute une série à gauche pour satisfaire un spectateur puis tue par deux pinchazos bas et ¾ de lame penchée et en avant ; il se sera bien fait promener durant ce 3ème tiers. Silence, et question : qu’aurait montré ce toro s’il avait été bien piqué ?

4ème : OLIVEIRA IRMÃOS (5 ans 7 mois) ; imposant negro mulato armé large. Il désarme l’homme puis s’échappe pour pousser sous une grosse pique en place. Pas fixé, il continue de faire ce qu’il veut et revient au cheval à deux reprises sans être piqué ; Lopez Chaves fait placer son picador au toril, puis essaie de faire venir son toro de l’autre extrémité (sa façon de foncer sur les hommes de manière inattendue serait-elle due à un problème de vision ?). Rapproché, il pousse le cheval sur une vingtaine de mètres ; enfin, picador revenu face au toril, il prend un refilon en guise de 3ème pique. Les banderilles sont bien sûr plantées « comme ça peut », mais là, on comprend les peones. Le torero sort son adversaire des planches à trois reprises, sert quelques doblones puis des passes isolées, par nécessité ; l’animal en profite pour filer au toril. L’homme tente encore quelques passes et se résout à conclure dans les planches par ¾ de lame ; salut au centre et refus de vuelta du lidiador malgré une arène debout. Quant à ce toro : manso de catégorie (qui pourtant a pris deux grosses piques) ou énigme non résolue ? Et quid de l’effet de l’âge ? Ou bien l’éleveur s’en serait-il « débarrassé » à cause de ce (grand âge ?

5ème : VALDELLAN (4 ans) ; càrdeno oscuro bien armé. Une pique dans l’épaule, de surcroît pompée puis vrillée, une autre en sortant seul, une 3ème en venant au galop, mal placée et rectifiée et enfin une 4ème en sortant de nouveau seul puis revenant. Poursuite irrégulière aux banderilles. Après des doblones soignés et malgré une charge franche, Morenito reste superficiel ; sa faena mécanique et marginale lasse le public, lassitude qui continuera avec une mise à mort plus que longue : pinchazo avec épée qui vole, un autre bas, un 3ème dans l’épaule et une lame plate, basse et en avant. Sifflets pour l’homme, applaudissements pour l’arrastre. Même si ce toro a fini au toril, n’y avait-il pas mieux à faire pour nous le « montrer » ?

6ème : LOS MAÑOS (4 ans 2 mois) ; fin, armé de deux poignards, magnifique, domine Michelito à la cape. 1ère pique en venant au pas, se défendant puis poussant et restant collé au cheval ; 2ème basse, au grand galop et poussant de nouveau ; 3ème du même style en venant de loin ; 4ème placé tout au fond, tardo puis rentrant violemment dans la monture. Ovation à Gabin Rehabi. Nouveau salut aux banderilles, avec un extraño à la 2ème paire. Dès l’entame de la faena, Michelito doute et recule, se fait serrer par un toro qui « demande les papiers », et renonce après quatre minutes. Passes de châtiment et échec prévisible à la mort : deux tiers d’épée plate et en travers, poursuite, lame sous-cutanée, encore deux autres lames horizontales, deux descabellos et mort au toril. Avis, sifflets et vuelta à l’arrastre. Cette vuelta sera contestée par certains, pour cause de quasi-absence de 3ème tiers : même si cela est en partie vrai, pourquoi ne pas donner, pour une fois, une vuelta pour le 1er tiers, alors que de nombreuses autres sont données pour le seul 3ème ? Quant à la présence de Michelito dans ce contexte, cela relevait, en mauvais français, de « l’erreur de casting ».         

Présidence sans faille de Marc Amestoy, assisté de Pascal Darquier et de Mathieu Cazalet.

VIC FEZENSAC - Dimanche 4 mai 2017 (après-midi)

Corrida de PALHA pour Alberto AGUILAR (vert prairie à parements blancs et or), Emilio DE JUSTO (cramoisi à parements blancs et or) et Rubén PINAR (violine et jais).

  Lot bien présenté, homogène en âge, de comportements divers mais dans l’ensemble sérieux.

1er (4 ans 7 mois) : castaño bien armé. 1ère pique basse et courte, 2ème prise en accélérant, 3ème levée de suite. Hésitation et accrochage du banderillero à la 1ère paire, 2ème à cornes passées. Avec un toro noble, mobile et venant de loin, Aguilar mène sa faena au centre mais torée de façon marginale et électrique. Son opposant raccourcissant sa charge, il veut conclure mais « place » trois mete y saca déchirant affreusement le cuir suivis d’un bajonazo ; mort bouche fermée. Sifflets.

2ème (4 ans 9 mois) : un negro mulato qui désarme le torero à la mise en suerte puis prend avec facilité quatre piques, poussant -au moins- à la 1ère. 2ème tiers rapide et sans poursuite. D’abord prudent dans ses naturelles, De Justo se place de face, peut-être de trop près, son toro prenant le dessus à la 3ème série. Retour à droite dans le « petit périmètre » en essuyant deux avertissements sans frais. Doblones finaux, pinchazo et belle entière un peu en avant d’effet rapide. Oreille et applaudissements à l’arrastre.

3ème (4 ans 4 mois) : autre negro mulato liston, bien reçu. Erreur ou préméditation, un peon le laisse aller sur le picador qui entre pour un refilon. 1ère pique venant au pas puis secouant, 2ème en venant mieux mais prise passivement, 3ème qui n’apporte pas grand-chose de plus quant à la connaissance du toro. Au 2ème tiers, attente des hommes pour mieux les poursuivre après la pose. Au long d’une faena « moderne » (à la fois templée et marginale), cet animal m’a fait penser à un Domecq qui tiendrait debout après trois piques. Estocade laborieuse avec pinchazo en avant, entière verticale, basse et en avant, et descabello. Salut aux tiers et applaudissements (surprenants) à la dépouille.

4ème : (4 ans 8 mois) : une pique basse, long à sortir du cheval, Aguilar tombe devant son toro, rien ; 2ème courte en venant bien ; 3ème de loin « pour voir », refus du toro et arrêt logique du tercio. 2ème tiers rapide et sans poursuite. A la muleta, le torero insiste devant un toro faiblard, comme pour montrer qu’il n’y a rien à voir. Pinchazo, lame dans l’épaule, autre pinchazo, demi-lame et silence.

5ème (4 ans 3 mois) : De Justo reçoit correctement un toro qui pousse sous deux piques, la 1ère en soulevant le cheval, la 2ème brève. 2ème tiers bien mené, sans poursuite, avec salut d’un peon. Après avoir bien doublé son toro, le matador sert quatre séries de derechazos main basse mais hurlant sans arrêt ; il finit désarmé. Suivent quatre naturelles citées sous le mufle et une trinchera. Entière basse d’effet immédiat et oreille.

6ème (4 ans 8 mois) : beau castaño armé sérieusement ; Pinar se fait « manger » au capote puis désarmer à la mise en suerte. Se moquant du toro, des principes de la lidia et du public, il place son toro au centre pour la 1ère rencontre ; ce dernier vient néanmoins au galop pour une pique en place. Nouvelles poussées aux deux piques suivantes (2ème placé plus près !), brèves et correctes, d’où ovation au picador. Banderilles correctes et de nouveau sans poursuite.  Et nous avons droit à un nouveau numéro de pseudo toreo sur le pico, le torero se mettant lui-même en difficulté, tant à droite qu’à gauche, devant un adversaire qui lui fait comprendre poliment qu’il n’est pas à sa place. La pluie aiderait-elle à délayer ce qui ressemble à de la bouillie pour les chats ? Conclusion de la même eau avec quatre pinchazos portés sans conviction, bajonazo en avant et descabello. Silence de soulagement et applaudissements à l’arrastre.

Le salut du mayoral m’a tout d’abord surpris car pour moi ne s’imposant pas, puis, tout compte fait, ni indispensable ni scandaleux.

Présidence correcte de Philippe Lalanne, assisté de François Darroux et du Dr Vre Renaud Maillard.

(Notes à certains moments lapidaires à cause d’une pluie tenace et froide.)

VIC FEZENSAC - Lundi 5 mai 2017

Corrida de ALCURRUCEN pour Curro DIAZ  (rose pâle et or), Jean-Baptiste JALABERT « JUAN BAUTISTA » (brique et or) et Manolo VANEGAS (bleu roi et or), qui prenait l’alternative.

Lot bien présenté et armé mais que, au vu du comportement d’ensemble aux piques, on peut qualifier de « lot de 3ème tiers ». Les toreros se sont montrés professionnels et souvent sincères dans leur travail.

1er (5 ans 5 mois) : colorado profond qui sort calmement et cherche à faire sauter la pique en trois rencontres, venant de plus ou moins loin. Difficile à banderiller car s’arrête et attend les hommes. Vanegas donne des séries de derechazos templés et main basse, se faisant serrer à la 4ème. L’animal passe moins bien à gauche et s’arrête dans la passe ; de plus, il en profite pour aller au toril. Final par aidées hautes et entière tombée en s’engageant ; mort au toril. Oreille pour une alternative réussie, et premiers applaudissements hors de propos à l’arrastre.

2ème (5 ans 4 mois) : armure orientée vers le haut mais étroite, distrait, difficile à fixer. 1ère pique, d’abord bien placée, puis replacée en arrière i Olé ! 2ème et 3ème au même endroit, le toro ne montrant rien de rien. 2ème tiers rapide et sans poursuite. Curro Diaz débute par des doblones soignés, suivis de derechazos lents. Le leurre étant accroché par la corne gauche, retour à droite et entière tombée d’effet rapide. Trente passes, pas plus ! Oreille et deuxièmes applaudissements hors de propos à l’arrastre

3ème (5 ans 4 mois) : negro mulato bien armé mais bizco, réception tout en douceur et élégance. Des deux « rencontres » au cheval, resteront seulement les mises en suerte sobres et précises du torero. Cuadrilla efficace aux banderilles, sans un capotazo de trop (c’est rare). A la muleta, le toro charge mufle au sol ; trois séries à droite, courtes et propres, puis des naturelles sincères. Arrivent quelques adornos de bon goût dans un final fleuri. Trois assauts a recibir pour deux pinchazos et une épée basse et en avant. Avis à onze minutes (préparation de l’estocade) et oreille avec refus logique de la 2ème.

4ème (5 ans 7 mois) : colorado ojo de perdiz long à fixer, qui prend deux piques dans le plus bel anonymat puis va où il a envie au 2ème tiers. Non seulement ce toro donne un coup de tête à la fin de chaque passe, mais il avertit Diaz à droite. Bizarrement, ce dernier ne cherche pas à baisser la main. Le 2ème avertissement déclenche la fin des hostilités, du moins côté matador, lequel n’insiste pas outre mesure et conclut par passes de châtiment, pinchazo en avant et entière tombée d’effet rapide. Silence.

5ème (4 ans 8 mois) : negro liston bien armé, porteur du fer « jumeau » de LOZANO Hermanos. Une pique dans l’épaule prise en poussant puis un gros tampon au cheval pour sortir seul à la 2ème et enfin une pique correcte en venant bien et de loin en guise de 3ème. 2ème tiers de nouveau correct et sobre. Le toro est mobile et charge de loin, avec clarté à droite, se montrant quelque peu bronco à gauche. Jean-Baptiste sert une faena classique et sincère, terminant par des derechazos donnés sans l’aide de l’épée. Deux tiers de lame en place et deux descabellos. Salut aux tiers et applaudissements à la dépouille, un peu plus justifiés cette fois.

6ème (5 ans 7 mois) : armé veleto, il traîne un postérieur et se montre réticent dans la cape de Vanegas. Une 1ère pique appuyée, une autre en sortant seul, fauchant le cheval d’une ruade, les deux suivantes en venant au galop mais sortant seul ; ovation à José Ney Zambrano. Beau quite de Vanegas par chicuelinas, demie et revolera suivi de deux (seules) paires de banderilles. Après des derechazos donnés main basse, le cornu saute au visage du torero dès qu’il prend la main gauche puis cogne dans le leurre. Retour à droite donc, circulaire inversée, bernadinas. Conclusion par demi-lame très en avant mais portée sincèrement, descabello avec démarrage, avis (ponctuel cette fois) et vuelta.

Présidence sérieuse et pédagogue de Joaquin Camacho, assisté de Pascal Lavigne et de Charles Della Siega ; en effet, le président a successivement expliqué à certains hurleurs

  • que l’oreille se demandait en sortant un mouchoir et non en vociférant ;
  • que, si la 1ère oreille se donnait sur demande du public, l’octroi de la 2ème relevait de sa décision propre. Bravo !

Globalement, une feria vicoise 2017 satisfaisante, en premier de par la présentation des toros : si, dans un passé récent, quelques réserves ont pu être émises sur ce point, cette année, cela relèverait de la mauvaise foi. De plus, la corrida concours, exercice difficile s’il en est, a vu sortir au moins quatre toros intéressants.