VIC FEZENSAC - Samedi 8 juin 2019 (matin)

Novillada de quatre « EL RETAMAR » pour André LAGRAVERE « EL GALO » (bleu pastel et jais) et Dorian CANTON (bleu marine et or). Sobresaliente : Victor Manuel RODRADO (blanc cassé et jais).

Une course pas inintéressante mais d’un niveau inférieur à celle de l’an dernier, principalement à cause d’un fond de faiblesse (lequel a en partie occulté quelques signes de caste), et surtout entachée de trop de laxisme et de triomphalisme.

1er (3 ans et demi) : coureur, reçu par véroniques genou ployé. Une pique en arrière dont il sort à genoux, une 2ème prise en venant de loin, laide et levée de suite, et le novillero demande le changement de tiers, accordé de suite ; ce genre de demande sera la constante de la matinée … El Galo banderille correctement son adversaire, lequel le poursuit seulement à la 1ère paire. Venant sur un premier cite de loin, le novillo fait illusion à la 1ère série, se montre réticent à gauche et affiche rapidement une charge limitée dans une faena faite de demi passes. Le final dans les cornes ainsi que les bernadinas sont superflues, et la mise à mort laborieuse avec deux pinchazos suivis de deux tiers de lame tendue et oblique. Silence

2ème (3 ans et demi) : corpulent, remate et fait éclater le piton droit. Bien reçu par véroniques au ralenti, il fait sauter la pique et malmène le cheval à la 1ère rencontre ; la 2ème pique sera basse et courte. Un problème de locomotion, probablement déclenché en piste, amène une demande de changement sans objet et sans effet. Les poursuites au 2ème tiers sont bien molles, avec une paire dans le flanc suivie de deux autres, correctes celles-là. Venant de loin, le novillo avertit Canton sur la droite, d’où une 2ème série prudente, un passage à gauche et un retour à droite en baissant la main mais sur le voyage. L’homme se fait promener et le déclenchement de la musique entraîne quelques protestations justifiées. Bernadinas avec un nouvel avertissement sur la droite, grande entière en place jusqu’à la garde et oreille sur demande minoritaire. Le novillo se sera bien repris au 3ème tiers après ses quelques agenouillements.

3ème (3 ans 4 mois) : beau colorado, de lignes harmonieuses, coureur, reçu par véroniques, d’abord genou ployé, puis pieds joints. Il prend passivement deux piques correctes, la 2ème courte. Les banderilles, sans poursuites, sont partagées entre El Galo et son peon David Adalid. Après des doblones avec changement de main élégant, l’animal révèle rapidement une charge limitée. Même si la faena ne l’oblige que peu, il s’agenouille à plusieurs reprises mais trouve les ressources pour dominer le novillero lors de deux molinetes. Reculant devant son opposant, averti à gauche et malmené à droite, l’homme opte pour des passes de piton a piton et connaît un gros échec à la mort avec demi-lame, pinchazo, quart de lame en avant, un autre bas, mete y saca, entière en place et neuf descabellos. Avis et sifflets.

4ème (3 ans et demi) : bien armé et reçu correctement. Une pique dans l’épaule heureusement peu appuyée, une autre prise en venant de loin et au galop, manquée, replacée et ôtée de suite ; inutile de dire que la demande de changement, hélas accordée, a été chaleureusement protestée. Manolo de Los Reyes salue pour deux paires remarquables de sobriété entre deux poses à l’unité de son collègue. Canton se fait accrocher et envoyer au sol par son adversaire sur une passe dans le dos, puis réussit la,seconde ; malgré la noblesse du novillo, il ne se croise qu’avec parcimonie  et, constatant que la charge s’amenuise, conclut par passes aidées. Mete y saca, bajonazo d’effet rapide et nouvelle oreille, de nouveau sur demande non majoritaire, de nouveau peu appréciée, mais assurant bien sûr la sortie a hombros

Présidence trop aux ordres de Roland Goergen, assisté de Pierre Caunille et de Michel Raymond.

 

VIC FEZENSAC - Samedi 8 juin 2019 2018 (après-midi)

Corrida de CEBADA GAGO pour Octavio CHACON (bleu ciel et or), Ruben PINAR (bleu roi et or) et Thomas DUFAU (violine à parements blancs et or).

Un lot de cinqueños, bien présenté, sans excès de poids, bien armé. Même s’ils n’ont pas brillé par leur bravoure, ces toros ont posé quelques difficultés, rendant ainsi cette tarde intéressante. Hélas, Chacon était dans un mauvais jour et Pinar n’a fait que passer. Quant à Dufau, sa sortie « en triomphe » a surtout été en trompe-l’œil.

1er (5 ans 3 mois) : negro liston, un peu fermé d’armure, reçu par véroniques relâchées et revolera. « Inversion » des distances au 1er tiers : d’abord placé au centre, le toro ne montre pas grand-chose sous une pique en arrière ; replacé plus près, il gratte, et se rapproche pour une 2ème basse ; enfin, remis au centre puis rapproché là où il aurait dû être pour la 1ère, il en prend une 3ème courte. Banderilles médiocres et sans poursuite. Serré à droite, Chacon se croise, puis se fait avertir à gauche et n’insiste pas sur cette corne. Entière basse et en avant, salut aux tiers.

2ème (5 ans 2 mois) : un castaño bragado qui commence par faire ce qu’il veut en piste puis prend deux piques, la 1ère en peu en arrière, la 2ème de loin et appuyée. 2ème tiers correct, avec poursuites. Le toro se montre mobile … quand Pinar se croise, donc pas souvent et le « rappelle à l’ordre ». L’homme, peu inspiré (ou peu motivé ?), abrège et tue mal, avec deux pinchazos portés prudemment et entière en avant. Silence indulgent.

3ème (5 ans 2 mois) : sardo claro ou ensabanado salpicado ? Toujours est-il que ce magnifique toro se montre d’abord distrait puis pèse dans la cape de Dufau. Deux piques pompées, la 1ère en arrière, la 2ème après un joli bazar dans la lidia, la 3ème en se rapprochant pour mettre un gros tampon au cheval ; le picador a bien mérité sa sortie sonore, mais pas en bien. Au 2ème tiers, comme ce matin, Manolo se distingue dans la grisaille. Le début de faena est passionnant, avec un torero circonspect et un toro qui réfléchit, mais manque de peu accrocher l’homme à gauche sur un pecho ; grâce à l’engagement du matador, la suite se situe un cran au-dessus, sans cependant frôler les sommets. Entière tombée et oreille sur demande que j’ai vue minoritaire ; l’abandon de l’appendice dès le début de la vuelta et les sifflets au palco à la fin m’ont fait penser que je n’étais pas le seul. Onze minutes sans avis.

4ème (5 ans 3 mois) : castaño bragado, astifino, violent, commence par enfermer Chacon dans les planches. Le tercio de piques est lamentable : 1ère pompée ; 2ème posée après contact, le toro sort seul ; 3ème de nouveau pompée ; 4ème replacée, les quatre largement en arrière bien sûr. 2ème tiers correct, lui, mais sans poursuite. Mobile, l’animal pèse dans la muleta et se retourne vite ; le matador se fait promener puis désarmer. La 2ème tentative à gauche se solde par une poursuite et l’homme, dans un jour sans dominio aucun, abrège les débats, peine à cadrer son opposant et tue mal, avec mete y saca, deux pinchazos profonds, de nouveau mete y saca et enfin 4/5ème de lame. Avis tardif, salut aux tiers protesté et applaudissements à l’arrastre.

5ème (5 ans 5 mois) : negro liston, serre à droite et prend quatre piques dans un vilain style, sortant seul à la 1ère puis à la 3ème, cette fois en ruant puis en revenant seul. De nouveau des banderilles posées une par une. Doublé sans peser, le cornu donne des coups de tête pour finir par s’arrêter dans la passe. Dominé à gauche, Pinar essaie de reprendre la main par de nouveaux doblones, repart à la bagarre mais, rapidement, « jette l’éponge » et conclut d’un bajonazo. Division.

6ème (5 ans 7 mois) : beau castaño très armé, avertit poliment l’homme à droite dès la réception. Encore un 1er tiers saboté avec une pique pompée et carioquée et une autre replacée de côté ; si cela ne relève pas du mauvais vouloir … Salut des peones pour un 2ème tiers de bonne tenue. A la muleta, dommage que le torero reste trop superficiel devant un toro qui, par sa mobilité et sa noblesse, permettait certainement plus et mieux. Entière en avant et oreille un peu plus méritée que la précédente, assurant la 2ème sortie a hombros de la journée.

  Salut du mayoral, sans doute trop complaisant, mais on en a vu tellement d’autres immérités, voire ridicules …                                                          

Présidence quelque peu laxiste de Marc Amestoy, assisté de Romain Laborde et de Nicolas Pétriat.