Du mieux ! Du mieux !

 

 

La goyesque du samedi proposait un spectacle complet, avec piste et son pourtour ornés d’œuvres de Di Rosa et musique à la discrétion de l’excellent Rudy de Chicuelo II, renforcé par le trompettiste international Pacho Flores.

 

Comme l’a bien souligné Emilio Muñoz dans ses commentaires, il est regrettable qu’en soignant si bien « les détails », on n’ait pas mis le même soin à choisir les toros de Garcigrande/Domingo Hernández, qui sont tout de même le centre de la corrida : de gabarit moyen, ils arboraient des armures que l’on peut qualifier de discrètes ; ils n’étaient pas pour arènes de première catégorie.

 

Juli, détendu et rayonnant, a survolé l’après-midi. Excellent à son premier, il a mis dans sa poche le minable et décasté sobrero (remplaçant "le" toro du jour qui s’était cassé une patte avant), le faisant presque passer pour bon. Ce Juli est un « monstre »…

 

Juan Bautista a eu un moins bon sorteo et son épée l’a un peu trahi, si bien qu’il n’a pas pu renouveler chez lui ses triomphes actuels malgré son engagement. Mais "son" public le soutient à fond, maintenant : il se l’est gagné à la force du poignet.

Cayetano, mal servi, surtout au premier, et peu heureux à l’épée, est resté inédit.

Reste que la course a été agréable, "entretenida".

 

 

Le dimanche, 3 miura et 3 baltasar iban. Un miura invalide, mais 2 à la fois très miura et très toréables. Les 3 ibanes arboraient des armures impressionnantes, le 2e étant un grand toro (4 piques sans "marteau piqueur", enfin ! par l’excellent Gabin Rahabi, qui remportera le prix au meileur picador) gratifié de la vuelta.

 

Rafaelillo n’a rien pu faire de son invalide miura. Mais il a mené émouvant un combat de feu avec son iban, pour une grosse oreille dignement fêtée.

 

Mehdi Savalli reste… Mehdi ! Bien à la cape. Très bien aux banderilles. Manquant d’oficio à son miura ; commençant superbement avec temple son grand iban… et finissant en eau de boudin (1 seule oreille...). Il monte toujours aussi bien aux gradins, ses paisanos le soutiennent toujours inconditionnellement. Mais…

 

Rubén Pinar, 1 oreille lui aussi, a montré qu’il revenait bien et qu’il pouvait toréer classiquement même des toros difficiles. Voilà qui fait plaisir !

 

Autrement dit, corrida sans la moindre fadeur et passionnante. La bonne demi-arène qui n’était pas là… a eu tort !