De quoi être inquiet

 

Des toros en baisse…

Samedi :

6 García Jiménez, justes de tête, légers, jeunes et, pour la caste, plats comme des limandes… à l’exception du 4e (le second de Juan Bautista) qui avait un peu l’allure et le comportement d’un toro de combat.

Dimanche matin :

Novillada française de divers élevages, limite toro dans l’ensemble : seul celui de Los Galos, de Marie-Sara, sortait d’un lot peu relevé ; mention quand même au Gallon, typique de l’élevage : bravito trébuchant au début, puis noble et tenant debout au 3e tiers.

Dimanche après-midi :

De la belle et bonne caste, ces Juan Pedro… mais ronds comme des cochons et (pour cela ???) très justes de force.

Lundi après-midi :

Magnifique présentation des Pedraza de Yeltes, hauts, longs, lourds sans être gras, assez bien armés et, dans l’ensemble, à la fois puissants, braves, nobles et encastés… mais une faiblesse latente, plus ou moins prononcée (les 2 derniers ont carrément roulé par terre et n’ont pas pu se relever seuls…), qui inquiète quant à l’avenir.

Le public

Affligeant le samedi : benêt, gobant tout et n’importe quoi pourvu que ce soit joli. Le public dont se régalent des empresas soucieuses avant tout de gagner du fric à moindre risque, serait-ce en abâtardissant la corrida. Ennui majuscule. Quasi plein.

Gentil et compréhensif envers les apprentis le dimanche matin. Dans les 3.000 disait-on.

Un peu clairsemé le dimanche après-midi (2/3 d’arène environ). Gentil mais moins léger que la veille. Sensible à la classe des toreros quand elle pouvait s’exprimer.

Aficionado le lundi après-midi, intéressé de bout en bout… mais réduit à une demi-arène.

Où allons-nous ?...

Les toreros

Samedi :

Seul Juan Bautista tire son épingle du jeu, grâce au seul toro digne de ce nom.

Manzanares inédit en raison de son lot.

Roca Rey a surfé sur son image, manifestement connue du public, mais il y avait plus d’image que de fond.

Dimanche matin :

Le bel abattage d’Adrien Salenc a porté sur le public ;

Andy Younès, très mûr, n’a pas pu éclater comme il l’aurait voulu ;

Tibo Garcia, à l’aise mais moins expérimenté et un peu froid, n’a pu exprimer son temple que par éclairs, pas toujours perçus de l’ensemble du public.

Dimanche après-midi :

Un Talavante majeur, merveilleusement serein, dominant parfaitement son sujet, éclaboussant l’arène de sa classe et de son temple. Un régal.

Ponce n’a pas pu s’exprimer…

Thomas Joubert, amanoletado et impavide, a confirmé tout le bien qu’on pensait de lui ; puisse sa sortie en triomphe (1 & 1 oreille) contribuer à sa prometteuse carrière. C’est un torero distinto, comme disent les Espagnols.

Lundi après-midi :

Morenito de Aranda, Iván Fandiño et Román avaient de quoi toréer, et ils ont toréé. Ces toros, qui pèsent beaucoup dans la muleta, ne permettent pas toujours lenteur, temple et liaison ; mais bien toréés, ils finissent par en permettre au moins un peu.

Aranda a perdu l’oreille de son 1er sur bajonazo de gala et coupé celle de son 2e sur presque bajonazo : abonné aux sous-sols ?...

Fandiño (1 & 1 oreille) a donné à son 2e une estocade d’un engagement et d’une sincérité admirables.

Román, moins expérimenté, avait fort à faire ; son courage à toute épreuve et son savoir-faire en progrès lui ont permis de bien tenir sa place.

Au total, une Feria bien moyenne, dont les toros sont probablement les premiers responsables.

                                                                                         Jojo