Fiche n° 11 – Indulto

La pétition d’indulto est une des situations  les plus difficiles à gérer pour un palco, en effet la décision doit être prise dans un bref délai sous la pression de divers acteurs : torero, ganadero, empresa et bien évidemment public.

Cette situation doit  être anticipée par le palco qui tout au long de la faena ressent la probabilité de la demande, cette anticipation permettra aux assesseurs et au président de se forger une opinion sur la recevabilité de la grâce et de s’y tenir.

Quelles sont les conditions définies par le règlement pour pouvoir accorder l’indulto ?

ARTICLE 84 « Lorsqu’un animal aura mérité d’être gracié en raison de son excellent comportement dans toutes les phases du combat sans exception, notamment en prenant les piques avec style et bravoure, le Président pourra dans les circonstances qui suivent, accorder cette grâce afin que l’animal puisse être utilisé comme « semental », après les soins nécessités par son état physique et ses blessures, et participer ainsi à la préservation et l’amélioration de la race et de la caste de l’espèce. La grâce devra être demandée majoritairement par le public ainsi que par le matador concerné qui en manifestera expressément le désir. Il sera de plus indispensable que le ganadero ou le mayoral de l’élevage concerné fasse connaître son accord pour l’intermédiaire d’un alguazil. »
L'indulto se justifie par le seul comportement exceptionnel du toro dans toutes « les phases du combat  sans exception  notamment en prenant les piques avec style et bravoure »
 

Retenons de cette rédaction que c’est, bien sûr, ses seules qualités de combattant que le toro doit être apprécié : puissance, bravoure et noblesse doivent être réunis.

Le texte insiste sur la phase des piques qui doivent être prises avec style et bravoure. Le seul critère du nombre de piques qui ne saurait, toutefois, être inférieur à trois ou quatre rencontres, n’est pas suffisant, la qualité de l’affrontement avec la cavalerie est également déterminante.

Si le premier tiers  constitue un critère fondamental, la faena doit aussi mettre en valeur la noblesse et le poder du toro. Il convient d’insister  sur  nécessaire la distinction à avoir en permanence à l’esprit  entre la performance du torero et les qualités de combattant du toro. Ce n’est pas le torero maître de son art qui « indulte »  son  toro, mais bien un animal qui porteur au plus haut point de toutes les qualités naturelles de combattant gagne sa grâce

Pour récompenser les prouesses du torero le règlement prévoit toute une gamme de trophées, l’indulto ne saurait en aucun cas venir constituer un trophée supplémentaire

Attention à l’attitude du torero qui insistera pour obtenir l’indulto et éviter, ainsi, de compromettre par un échec à a mort le résultat artistique de sa faena.

Ne pas focaliser sur la demande de l’éleveur, elle n’a bien souvent qu’un caractère commercial, en effet un  criador de catégorie n’aurait-il pas préalablement repéré et conservé comme semental le toro en question ?

D’autre part il faut tordre le cou à la vision idyllique du toro indulté rentrant de son vivant au paradis des verts pâturages et des femelles à honorer à perpétuité.  Bon nombre d’entre eux n’entrevoient jamais ni  le cercado particulier, ni les femelles, mais finissent au matadero et chez l’équarisseur pour n’avoir pas guéri de leur blessures  ou pour ne pas constituer une charge supplémentaire pour un éleveur peu convaincu des qualités de l’indulté.   

Attention ! Par définition l’exceptionnel est rarissime !!!