Fiche n° 3 - Composition des lots

La composition des lots constitue indéniablement l’une des principales difficultés auxquelles peut se trouver confronté un palco, en ce domaine les intérêts des professionnels ne coïncident que peu souvent avec ceux des aficionados exigeants.

Normalement CTEM et organisateur sont convenus des toros à combattre et ont désigné les sobreros

ARTICLE 59  « Les matadors ou leurs représentants, apoderados ou banderilleros, un par cuadrilla, feront avec les six animaux désignés par l’organisateur comme destinés au combat autant de lots, les plus égaux possibles, qu’il y aura de matadors participant à la course.

Les deux toros de réserve (sobreros) pour les arènes de première catégorie, ou le toro de réserve pour les arènes de deuxième et de troisième catégorie, désignés par l’organisateur, n’entreront pas dans la composition des lots »

Le plus souvent les représentants des toreros ont une idée très précise  des toros embarqués, et vont tout mettre en œuvre pour que le lot soit composé des bêtes vers qui va leur préférence. Les cuadrillas sont capables de déployer des trésors d’imagination pour justifier leur volonté de modifier la composition du lot initialement prévu dans les sens qu’elles souhaitent. Elles évoqueront tour à tour l’absence d’homogénéité, la « laideur » de tel ou tel exemplaire, soulèveront de prétendus  problèmes de boiterie ou de vision, problèmes évidents à leurs yeux mais curieusement demeurés inaperçus à tous (CTEM, mayoral, organisateur, vétérinaires) jusqu’alors.

Leur but est simple et se comprend aisément : substituer un toro plus commode à un toro présentant plus de difficulté de par son physique, ou ses origines.

Il convient d’être préparé à voir les cuadrillas tenter ces manœuvres, c’est un grand classique du genre.

Face à cette  pratique courante, seule la fermeté conjointe du palco, de la CTEM, et de l’organisateur    permettront  au  président de faire entendre raison aux cuadrillas pour maintenir les toros  choisis d’abord. Ne pas hésiter à arriver à un rapport de force, à donner un délai pour composer les lots avec les animaux retenus en premier lieu.

Découverte d’un réel défaut rendant un animal inapte au combat 

Bien sûr un réel défaut d’aptitude au combat peut se révéler au moment de l’apartado.

Article 55 Le matin de la course, à l’heure fixée par l’organisateur, le Président de la C.T.E.M, ou son représentant, accompagné du Président de la course, des assesseurs techniques, et du vétérinaire de la C.T.E.M, examineront une nouvelle fois les animaux pour s’assurer que ceux-ci n’ont pas perdu leur aptitude au combat.

Au cas où un quelconque défaut apparaîtrait, le président de la course entendra l’opinion de l’éleveur, ou de son représentant, et décidera de l’aptitude au combat des animaux examinés faisant si nécessaire appel à un ou plusieurs « sobreros » selon les disponibilités de la plaza. Dans ce cas, l’organisateur en informera le public par tout moyen qu’il jugera adapté

La rédaction de l’article 55 est  au moins claire sur un point : c’est au  président de la course qu’il appartient de décider de l’aptitude au combat. Belle marque d’estime mais comment exercer concrètement une telle responsabilité ? Il paraît inutile de souligner qu’une telle décision ne peut se prendre seul, et qu’il convient de privilégier l’opinion du vétérinaire…

Le deuxième alinéa de cet article « en faisant appel à un ou plusieurs sobreros » ne peut raisonnablement concerner le palco mais bien le seul organisateur. Par contre le Pésident devra veiller au respect de l’article 29 qui fixe le nombre de sobreros.

Toros écartés par la CTEM et souhaités par les cuadrillas

Dans le cas où la CTEM aurait décidé de refuser un animal, ou aurait choisi parmi les toros ceux devant être combattus prioritairement et ceux affectés en sobreros, elle doit exprimer ces choix  très clairement dans une rédaction de compte rendu sans ambiguïté et n’appelant aucune discussion, afin que l’apartado ne soit réalisé qu’entre les seuls  toros retenus pour être combattus

Palco confronté à un lot de toros indignes lors du sorteo 

Le président est libre d'exprimer son point de vue et même de refuser la mission qu'on lui a confiée, dans ce cas dans ce cas il est souhaitable de rédiger un rapport à la Fédération qui jugera des meilleurs moyens à mettre en œuvre pour dénoncer cette situation. (Fiche compte rendu de présidence)