Fiche n° 6

Responsabilités du président de la course

au regard des articles 57, 67 et 70

 

 

Depuis quelques années, le RTMF subit des modifications continues. Les nouveaux articles 16 et 17, par exemple, déchargent totalement le président de la course du contrôle des ambulances et des infirmeries, confiant cette tâche, c’est parfaitement logique, au médecin responsable. Tandis que la décision d’interrompre ou d’annuler la corrida si les moyens sanitaires sont défaillants appartient désormais, selon l’article 17, au seul maire ou à son représentant. Nous conseillons, cependant, de rencontrer courtoisement le médecin responsable avant la course  pour lui demander si tout va bien de son côté.

À l’inverse, plusieurs modifications récentes accroissent les responsabilités du président en lui conférant de nouvelles missions de contrôle :

ARTICLE 57 - Le Maire ou son délégué, ainsi que le Président de la course devront exiger, au plus tard avant le spectacle :
- la présentation de la preuve de l’accomplissement des formalités sociales pour les intervenants désignés au chapitre précédent.
- la présentation de la carte professionnelle délivrée par le Ministère de l’Intérieur espagnol et le certificat de naissance de chaque torero.

Si nous prenons cet article à la lettre, il faudrait entendre que le Président aurait à demander, lui-même, avant la course, aux  membres de 3 cuadrillas, soit 21 à 24 personnes s’il y est inclus les valets d’épée et aide-valets d’épée éventuels, les présentations le leurs certificats d’assurance sociale, cartes professionnelles et certificats de naissance. Ce qui lui est, bien sûr, impossible.
Par contre, il serait expédient qu’il obtienne du maire et de l’organisateur, l’assurance formelle que ces contrôles et vérifications ont bien été effectués.

ARTICLE 64 - Dans la matinée du jour fixé pour la corrida, le président de la course, accompagné du président de la C.T.E.M ou son représentant, et s’ils le désirent, de l’organisateur et des matadors -ou de leurs représentants respectifs - inspecteront l’état de la piste et en feront réparer les imperfections. L’état de la « talenquère » des « burladeros » et des diverses portes sera également contrôlé. Cette inspection terminée, deux cercles concentriques seront tracés sur le sol de la piste, le premier à une distance de sept mètres du marchepied de la barrière, le second à une distance de dix mètres de ce même marchepied (estribo). Des dérogations à ces normes seront permises dans les arènes dans lesquelles la piste n’est pas de forme circulaire.
Le produit utilisé pour tracer ces cercles devra être antidérapant afin de préserver la sécurité  des personnes intervenant dans le spectacle.

Dans son premier alinéa cet article précise que  “L'état de la «talenquère» des «burladeros» et des diverses portes sera également contrôlé”. La FSTF estime que ces contrôles s’inscrivent dans le cadre du contrôle technique préalable des installations que les règles de sécurité ont imposé à l’organisateur. Le Président de la course dont les compétences ne s’étendent pas à la menuiserie, huisserie, serrurerie, tôlerie s’il s’agit d’arènes portables, devrait obtenir du maire et/ou de l’organisateur la preuve formelle que ce contrôle technique a bien été effectué.

ARTICLE 70 - 1 - Avant d’ordonner le commencement du spectacle, le Président s’assurera que toutes les dispositions réglementaires auront été prises, que le personnel auxiliaire de la plaza se trouve à son poste et que seules occupent le callejon les personnes dûment autorisées.

Encore une prescription qui ne peut être prise à la lettre. Nous ne voyons pas le président vérifier si le personnel auxiliaire est  bien en place, puis  parcourir le callejon pour examiner la qualité et les badges de ceux qui s’y trouvent. Voir article 32. Par contre il devrait être dans les fonctions des alguacilillos d’en expulser tous ceux qui, avant ou pendant la course, s’y introduisent frauduleusement.
Enfin et surtout, les autorisations à occuper le callejon ne garantissent pas nécessairement un meilleur niveau de sécurité. Elles peuvent, au contraire, l’aggraver si elles sont en nombre excessif et ce ne peut être laissé à l’appréciation d’un président de course. Pour chaque arène il existe une capacité du callejon qui doit être prédéfinie. Ceux de nos grandes arènes, par exemple, offrent plus de places que ceux d’arènes portables ne comportant pas de burladeros intérieurs. Il appartient au représentant du maire et aux organisateurs d’avoir une parfaite connaissance des capacités du callejon de leur plaza et de n’avoir délivré qu’un nombre conséquent d’autorisations à l’occuper.

Il est bien certain, que le président ne devrait exhiber le mouchoir blanc pour faire débuter la course s’il n’est pas assuré que les prescriptions de ces articles sont respectées.

C’est pourquoi, la FSTF estime qu’il ne faut pas accabler le Président de tâches trop mal définies et souhaite obtenir de l’UVTF une modification de plusieurs articles du règlement, dont les trois qui précèdent, afin que les protocoles selon lesquels le président doit exercer ses responsabilités soient précis et pratiques à mettre en œuvre. Il suffira que le président puisse valablement constater que les contrôles prescrits par ces articles ont bien été effectués.

 Ainsi le Président de la course devra viser avant la course :

  • Un certificat signé par l’organisateur et le maire attestant que, selon les prescriptions de l’article 57, les vérifications de l’accomplissement des formalités sociales, de la carte professionnelle et du certificat de naissance des intervenants concernés ont bien été effectuées.
  • Une attestation, signée par le maire ou son délégué, certifiant que les résultats des contrôles techniques, effectués en temps utile, répondent aux exigences de sécurité dont celles évoquées à l’article 64.
    À remarquer, cependant, que le président ne pourra se dispenser d’aller vérifier, si possible avec les toreros, l’état de la piste qui peut se modifier au gré de phénomènes météorologiques imprévisibles par un contrôle technique.
  • Une attestation, dûment signée par le président de la CTEM et l’organisateur, confirmant, selon les prescriptions du premier paragraphe de l’article 70, la présence effective du personnel auxiliaire dans les postes qui lui sont désignés et le respect des normes de sécurité pour ce qui concerne l’occupation du callejon.

Tant que le président n’aurait pas obtenu tous ces documents, il ne pourrait ordonner le commencement de la course.