Fiche n° 7 : Intempéries

 

ARTICLE 86 - En cas de mauvais temps, ou de menace de mauvais temps, susceptible d’empêcher le déroulement normal de la course, le président avant que ne commence le « paseillo » demandera aux matadors leur opinion quant à la possibilité de voir le spectacle se dérouler dans des conditions normales. Il leur précisera qu’une fois commencé, celui-ci ne pourra être suspendu qu’en cas de détérioration importante et prolongée des conditions météorologiques. Il sera procédé de la même façon lorsque le vent constituera par sa violence un risque grave pour les toreros. Tenant compte de l’opinion majoritaire exprimée par les matadors, le président décidera de la célébration de la course ou de son renvoi. Si une fois commencé le spectacle voyait son déroulement gravement perturbé par les conditions météorologiques ou autres, le président pourra ordonner sa suspension temporaire jusqu’à l’amélioration de la situation, ou en cas de persistance du mauvais temps, sa suspension définitive.

Ici, la responsabilité du Président est entière. La rédaction de l’article 86 est précise : « le président  décidera de la célébration de la course ».

Le texte indique  que la décision de célébrer la course doit être prise en tenant compte de l’avis  des toreros, à remarquer qu’il ne mentionne nullement celui de l’organisateur. Est-ce à dire que seuls les toreros et le président de la course peuvent décider ? Théoriquement oui. Mais nous savons bien, qu’en pratique, l’opinion de l’organisateur va peser dans le choix de maintenir ou pas la course. Mais doit-on pour autant le laisser seul décider ? Il convient de ne pas perdre de vue que ses objectifs, essentiellement économiques,  ne coïncident pas toujours avec ceux des aficionados, n’oublions pas le 4ème aliéna de l’article 30 : « ‘Si le spectacle est annulé après la sortie en piste du premier animal et pour des raisons non imputables à l’Organisateur, le spectateur n’aura pas droit à un quelconque remboursement. »

Avant de prendre une décision, essayer d’appréhender l’évolution du temps ne paraît pas inutile, retarder le paseo, suspendre temporairement le déroulement de la course peuvent s’avérer des mesures de bons sens  avant de prendre une décision définitive

Enfin il semble important de privilégier l’avis des professionnels, les cuadrillas savent mieux que quiconque mesurer les risques encourus en raison de l’état de la piste, toutefois le règlement précise qu’une fois le spectacle engagé, celui-ci ne saurait être interrompu  qu’en cas  d’aggravation importante et continue des conditions climatiques. Bien insister sur ce point afin que toreros et organisateur soient persuadés  de votre fermeté. Bien faire comprendre que la collision d’intérêts entre organisateur et cuadrillas ne vous échappe pas, tous ont  à gagner que la corrida débute et soit rapidement interrompue, tout le monde sauf les aficionados

D’une façon générale, il est préférable de ne pas engager une corrida sous la pluie, même si parfois cuadrillas et organisateurs y poussent.