Au cours d'un échange de courriel avec Dominique Valmary, François Zumbehl a fait savoir qu'il approuvait la mise en œuvre d'États Généraux des Tauromachies et qu'il s'y impliquerait comme il le fait déjà en Espagne où il participe à des initiatives du même genre :

[...] "Je vous remercie de la transmission de ce Manifeste, que j'ai relu avec beaucoup d'intérêt, et de l'annonce des États Généraux des tauromachies. Cette démarche, comme à vous, me paraît hautement nécessaire et déterminante pour l'avenir de nos cultures taurines. Aussi, je puis vous assurer de mon total appui à celle-ci. La réforme en interne de l'organisation des spectacles tauromachiques, tout au moins de la corrida, et la révision des règles de son déroulement, sont tout aussi importantes que leur défense ou justification face aux animalistes, à l'opinion publique et aux politiques. J'ai pour ma part et à titre personnel produit un certain nombre de réflexions sur ce point, que je tiens à votre disposition. Je l'ai fait également en étant sollicité par un certain nombre d'instances espagnoles mobilisées par la même préoccupation (Revista de Estudios Taurinos, Peña de Los de José y Juan, Instituto Internacional de Investigaciones Taurinas...), et qui ont également suscité des enquêtes. Il me semble qu'une concertation avec celles-ci - chacun, naturellement, assumant ses spécificités culturelles et géographiques, serait très utile. Je me tiens également à votre disposition pour faciliter cette liaison."[...]

Dans un autre message, il nous a ouvert l'accès à deux documents qui recensent des propositions, exprimées en Espagne, pour adapter les fêtes taurines à notre XXIe siècle et assurer leur prospérité :

[...] C'est bien volontiers que je vous adresse ces documents en espagnol avec ma contribution à la réflexion sur des réformes possibles :

- un tableau ( surtout le point II) avec des propositions concrètes; 

- un document recueilli par La Revista de Estudios Taurinos de Sevilla qui fait un peu office de "cahier de doléances". Il comporte les analyses et propositions de plusieurs personnalités sollicitées, et les miennes (ordre alphabétique oblige!) se trouvent à la fin. [...]

Pour des questions de format (dimension et/ou PDF) ces documents sont visibles dans des pages distinctes de celle-ci. 

1) Le tableau dont le point II se conforme aux préconisations de François Zumbiehl s'ouvre en  cliquant ici.

2) Le document issu de la Revista de Estudios Taurinas nécessite quelques informations préliminaires : Cette revue est une production éditoriale de l'Université de Séville qui, dans son département "Littérature, Arts", inclue les tauromachies. Que n'avons-nous su réussir un tel enrichissement de l'université de Bordeaux, comme il en était, il y a quelques années, question !  Revenons à Séville, en 2007 la direction de la revue a proposé à ses 250 collaborateurs, issus de pays divers, de se prêter à une enquête. Il fallait répondre à trois questions :

¿Qué razones avalan su afición a la fiesta de toros?   
Quelles sont les raisons de votre passion pour la fiesta de toros ?   

¿Qué opina de las circunstancias actuales que está viviendo las fiestas de toros?  
Que pensez-vous de la situation actuelle des fiestas de toros ?​

¿Qué soluciones daría para incentivar en la sociedad del siglo XXI las fiestas de toros?   
Que proposeriez-vous pour favoriser la pérennité des fiestas de toros dans la société du XXIe siècle ?

Sur les 250 personnes sollicitées, 80 ont répondu. La revue n°40 de juin 2019 a reproduit intégralement (237 pages) les textes de leurs réponses. Lien pour y accéder en note.[1]

François Zumbiehl nous a fait parvenir un document plus réduit, plus centré sur nos préoccupations actuelles, la totalité des réponses à la seule troisième question. Vous les trouverez ici, listées alphabétiquement par les noms de leurs auteurs. 

Il faut remarquer que ces auteurs sont, pour la plupart, des universitaires espagnols mais qu'il s'y rencontre aussi, des portugais, des français, un irlandais, des universitaires d'Amérique latine... À côté de spécialistes des sciences sociales, historiens, anthropologues, archéologues, ethnologues,​sociologues, philologues, géographes, écologues, économistes, ... il s'y trouve aussi des philosophes, des écrivains et poètes, des architectes, des plasticiens, des journalistes, des éditeurs, des bibliophiles, des magistrats, des juristes, des médecins et chirurgiens, des éleveurs, et même un diplomate français... Autrement dit, il s'agit d'un large ensemble d'intellectuels, souvent de haut niveau, dont les arguments et témoignages devraient être opposés, de façon très radicale, aux animalistes sectaires qui ne veulent voir dans les aficionados que des brutes épaisses.

Il faut encore remarquer que les recommandations de ces brillants intellectuels pour améliorer et sauver la fiesta recoupent largement celles que formulent aujourd'hui les aficionados français, intellectuels ou pas.

Il fut un temps où nous enviions à l'Espagne le fait que sa tauromachie soir régie par le Ministère de l'intérieur, garant d'une ferme application du règlement taurin. Maintenant que la tauromachie y semble attribuée au Ministère de la culture, et surtout abandonnée aux autonomies provinciales, il ressort de l'enquête de la Revista que les espagnols nous envient nos Commissions Taurines Extra Municipales et souhaitent, qu'en Espagne comme en France, les aficionados soient plus en mesure de peser sur le choix et la composition des cartels.

De nombreux répondeurs souhaitent aussi que leur Fiesta nacional soit régie par un règlement unique pour toute l'Espagne et certains vont jusqu'à vouloir conférer à ce règlement une portée universelle.

J'ai sélectionné six des quatre-vingt-cinq réponses au questionnaire pour en donner une traduction en français, celles des six français qui y ont répondu : Dominique Fournier, Bernard Grau, Jean Baptiste Naudet, Araceli Guillaume Alonso, Antoinette Molinié, François Zumbiehl (voir infra).

En cette période de préparation de nos États Généraux, nous avons là de qui nourrir nos  réflexions et les inspirer.

                                                                                                                     Jean-Jacques Dhomps                                                         

¿Qué soluciones daría para incentivar en la sociedad del siglo XXI las fiestas de toros?
Que proposeriez-vous pour favoriser la pérennité des fêtes taurines dans la société du XXIe siècle ?

Notre choix a retenu les six intervenants français, dans l'ordre alphabétique de leurs noms.

 

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Dominique Fournier Doctor Antropología

Dos soluciones. Una, en el interior del mundo taurino donde reclamo, por necesario y urgente, que el público, los ganaderos, los toreros y los empresarios se pongan de acuerdo para defender la fiesta a través de la activación de foros de debate y puesta en marcha de plataformas de opinión y acción que desarrollen la investigación jurídica y científica.

Y, dos, en el exterior del mundillo taurino, el combate ideológico y científico contra los animalistas con argumentos científicosy humanistas

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Bernard Grau Diplomático

No se puede prohibir al empresario ejercer de apoderado pero las peñas taurinas tienen

toda la potestad de poner frenos y limitaciones frente a los carteles presentados.

La prudencia aconsejará a la empresa trabajar mano a mano con las peñas, o al menos estará atenta a las propuestas y opiniones de las peñas. La prensa taurina, en ese mismo sentido tiene la responsabilidad de señalar los errores y las complicidades no virtuosas de la empresa. ¿Existe, hoy, una prensa taurina libre... sobre todos en los periódicos regionales? Parece también importante insertar a los toreros jóvenes en los carteles de las figuras.

Igualmente nos parece necesario salir de la dicotomía corridas duras/corridas de arte, porque los toreros convocados por las segundas son poco invitados a

participar en las primeras.

La cuestión seguramente más seria está en la desafección de la juventud. Una simple mirada a los tendidos, hoy, convence de la gravedad de la situación. Los medios de comunicación tienen que avanzar en propuestas originales para evitar el divorcio de las edades en el mundo de la tauromaquia.

 

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Jean-Baptiste Maudet Doctor en Geografia

Para seguir con proposiciones muy concretas, creo que para incentivar en la sociedad del siglo XXI las fiestas de toros sería interesante alejarse de una concepción de los toros que plantea el tema en términos de excepción cultural. Pienso, al contrario de ciertas opiniones, que no se debería proteger y aislar los toros en una torre defensiva de mármol artístico -cultural. En este sentido, pienso que es útil conectar los toros a muchos aspectos de la vida cotidiana y del medio ambiente. Pienso, por ejemplo, que es indispensable conectar los toros a todo tipo de actividad de ocio, de espectáculo y de arte, a todo tipo de valoración estética de nuestro mundo, a nivel filosófico, porque ninguna sociedad construyó su existencia y sus valores sobre la mera problemática de subvenir a las necesidades fisiológicas del hombre, sea cual sea su nivel de desarrollo. Reforzar en la educación la sensibilidad poética hacia el mundo me parece también una puerta de acceso a la cultura de los toros porque, como muchas emociones estéticas, son emociones culturalmente construidas. Reforzar también en la educación la responsabilidad ética, su complejidad y sus contradicciones concretamente aplicadas. Pienso también que se debe conectar los toros a todo lo que nos relaciona a los animales, desde las mascotas hasta la alimentación, pasando por el problema de la transmisión de enfermedades animal -hombre o el problema de la observación estética de la naturaleza salvaje. Conectar también la corrida de toros a toda la familia de juegos taurinos o taurino -ecuestres, que son una excepción cultural, sino un fenómeno común a muchos países del Suroeste europeo y de América: corrida landesa, camarguesa, portuguesa, toros de cuerda, cortes y recortes, encierros, vaquillas, charreada mexicana, toros coleados de Venezuela y Colombia, rodeo chileno, vaquejada nordestina, toros a la tica, Yawar Fiesta en el Perú. Más allá, conectar los toros a la caza, que participa en la regulación medioambiental y agraria en muchas regiones, a los espectáculos y actividades con animales (circo, equitación, animales de trabajo, etc.), que pueden participar en un descubrimiento de la diversidad animal. De esta forma, podríamos dar sentido de manera mucho más integrada a lo que significa el nacimiento, la vida y la muerte de un animal en un mundo antropizado en el que rechazar la parte oscura del sufrimiento que conlleva la vida me parece un angelismo irresponsable, aun cuando comparto la idea que no podemos dejar de pensar y transformar la posición del hombre en este complejo. Es decir intentar conectar los toros a la sociedad en vez de aislarlos, intentar compartir, integrar, modernizar y popularizar los toros en vez de arrinconarlos para protegerlos o de considerarlos como una supervivencia de un culto ancestral.

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Araceli Guillaume Alonso doctora en filologia

Concedo una importancia primordial a la formación del niño (la niña va incluida en el vocablo), desde la primera edad, y del adolescente, Hay que inculcarles lo taurino desde el principio, desde la cuna. Llevarles a ver espectáculos, menores y mayores, y más aún al campo. Compartir con ellos (chicos y chicas, naturalmente) charlas, lecturas, toreo de salón. ¿Por qué no campamentos que incluyan el toreo de salón entre las actividades deportivas? También que las empresas y plazas de toros de España propicien lo que hacen muchas francesas: abrir las puertas a los menores (mejor a todo el mundo), a la muerte del quinto toro, sobre todo en esos espectáculos que se dan con los tendidos medio vacíos. No estaría mal comenzar a hacerlo en fechas señaladas, como el 15 de agosto, y sistemáticamente en las novilladas. Y si eso choca demasiado en la sociedad española, temerosa de que los niños y adolescentes molesten a los espectadores de pago, que abran solo determinadas gradas (aunque me parece mezquino). No creo que exista mayor incentivo, ni mejor apuesta por el porvenir!.

 

 

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Antoinette Molinié Univ. París

De manera más general la pregunta sería como incentivar una cultura específica en el marco de la globalización. Se piensa primero en la educación, en explicar desde la niñez la joya que es una cultura y hasta qué punto un ritual, como por ejemplo la corrida de toros, es imprescindible para vivir en sociedad. Hay

que dejar de despreciar el orgullo de lo suyo.

Creo también que los filósofos, los especialistas de ciencias sociales debemos denunciar lo más violentamente posible el animalismo, enfermedad infantil del neo-liberalismo. En nuestros escritos, en los medios, en los bares... La Revista de Estudios Taurinos es para ello una buena plataforma.

Por lo demás habría que defender la calidad de los toros lidiados, para lo cual se puede pensar en subvenciones de las municipalidades o de las regiones para poder comprar animales lo más perfectos posible. Se puede pensar en subvenciones también a las plazas como se subvencionan la ópera o el teatro.

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François Zumbiehl Doctor en Antropología

A. - En la organización y desarrollo del espectáculo taurino procurar siempre un equilibrio entre el arte y la lidia, y que nunca se pierda el respeto por el toro bravo.

En particular:

- Restablecer el equilibrio entre los tres tercios y revisar por completo la ejecución y reglamentación de la suerte de varas.  

– Después de la estocada remediar el espectáculo, intolerable para la sensibilidad de nuestra época, de la acumulación de descabellos y puntillazos fallidos...

– En cada localidad taurina hacer que se consulte a los aficionados -como es el caso en Francia - en la elaboración de los carteles, para que aquellos dejen de ser simples clientes.

– Facilitar la celebración de becerradas y novilladas sin y con caballos.

– Consolidar el hilo entre la tauromaquia «clásica» y las fiestas taurinas populares, muy atractivas para los jóvenes.

–Para desvincular la Fiesta de las vicisitudes políticas ponerla bajo la autoridad de una Federación nacional e internacional de la tauromaquia -como el fútbol - y promulgar un reglamento único a estos niveles.

B. - De cara a la sociedad, para la defensa y el fomento de la Fiesta, propongo:

-Apoyarse en las convenciones de la Unesco para defender la diversidad y la libertad cultural de las comunidades humanas, incluso minoritarias, en cuanto al patrimonio cultural inmaterial.

– Emprender a gran escala una campaña de fomento de los valores de la tauromaquia, dirigida especialmente a los jóvenes, insistiendo en particular sobre la riqueza ecológica de la cría permanencia del toro bravo.

- Presionar para que los medios de comunicación cubran mínimamente la actualidad taurina y para que los toreros que forman parte de «los famosos» participen activamente en esta campaña multitudinaria de fomento.

 

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Dominique Fournier

Deux solutions. Une, à l’intérieur du monde taurin où je réclame, comme nécessaire et urgent, que le public, les éleveurs, les toreros et les entrepreneurs s’accordent pour défendre la fête par l’activation de forums de débat et lancement de plateformes d’opinion et d’action pour développer la recherche juridique et scientifique.

Et, deux, à l’extérieur du monde taurin, le combat idéologique et scientifique contre les animalistes avec des arguments scientifiques et humanistes

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Bernard Grau

Il est impossible d’interdire à l’entrepreneur d’exercer aussi des fonctions d’apoderado mais les peñas taurines peuvent peser sur le choix ses cartels présentés.

La prudence conseillera à l’entrepreneur de travailler en bonne entente avec elles, au moins d’être attentive à leurs opinions et propositions.

La presse taurine a, dans le même esprit, la responsabilité de signaler les erreurs et les complicités non vertueuses de l’entreprise. Existe-t-il, aujourd’hui, une presse taurine libre..., surtout dans les journaux régionaux ? Il semble également important d’insérer les jeunes toreros dans les cartels de figures.

Il nous semble également nécessaire de sortir de la dichotomie corridas dures/corridas artistiques, parce que les toreros convoqués par les deuxièmes sont peu invités à participer aux premières.

La question sans doute la plus sérieuse est celle de la désaffection des jeunes. Un simple regard sur les tendidos, aujourd’hui, convainc de la gravité de la situation.

Les médias doivent avancer des propositions originales pour éviter le divorce des âges dans le monde taurin.

 

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Jean-Baptiste Maudet

Pour continuer avec des propositions très concrètes, Je pense que, pour stimuler les fiestas taurines dans la société du XXIe siècle, il serait intéressant de s’éloigner d’une conception des taureaux qui pose le sujet en termes d’exception culturelle. Je pense, contrairement à certaines opinions, que les taureaux ne devraient pas être protégés et isolés dans une tour défensive de marbre artistico-culturel. Ainsi, je pense qu’il est utile de relier les taureaux à de nombreux aspects de la vie quotidienne et de l’environnement. Je pense, par exemple, qu’il est indispensable de relier les taureaux à tout type d’activité de loisir, de spectacle et d’art, à tout type de valorisation esthétique de notre monde, au niveau philosophique, parce qu’aucune société n’a construit son existence et ses valeurs sur la seule problématique de subvenir aux besoins physiologiques de l’homme, quel que soit son niveau de développement. Renforcer dans l’éducation la sensibilité poétique envers le monde me semble aussi une porte d’accès à la culture des taureaux parce que, comme beaucoup d’émotions esthétiques, ce sont des émotions culturellement construites. Renforcer aussi dans l’éducation la responsabilité éthique, sa complexité et ses contradictions concrètement appliquées. Je pense aussi que les taureaux doivent être reliés à tout ce qui nous lie aux animaux, des animaux de compagnie jusqu’à l’alimentation, en passant par le problème de la transmission des maladies animales à l’homme ou le problème de l’observation esthétique de la nature sauvage. Relier aussi la corrida à toute la famille des jeux taurins ou taurins-équestres, qui sont exception culturelle, mais un phénomène commun à de nombreux pays du Sud-Ouest européen et d’Amérique : corrida landaise, camarguaise, portugaise, taureaux à cordes, cortes et recortes, encierros, vachettes, charreada mexicaines, taureaux coleados du Venezuela et de Colombie, rodéo chilien, vaquejada nordestina, taureaux à la tica, Yawar Fiesta au Pérou. Au-delà, relier les taureaux à la chasse, qui participe à la régulation environnementale et agricole dans de nombreuses régions, aux spectacles et activités avec des animaux (cirque, équitation, animaux de travail, etc.), qui peuvent participer à une découverte de la diversité animale. De cette façon, nous pourrions donner un sens beaucoup plus intégré à ce que signifie la naissance, la vie et la mort d’un animal dans un monde anthropisé où rejeter la partie obscure de la souffrance que comporte la vie me semble un angélisme irresponsable, même si je partage l’idée que nous ne pouvons pas arrêter de penser et transformer la position de l’homme dans ce complexe. C’est-à-dire essayer de relier les taureaux à la société au lieu de les isoler, essayer de partager, d’intégrer, de moderniser et de populariser les taureaux au lieu de les acculer pour les protéger ou de les considérer comme une survie d’un culte ancestral.

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Araceli Guillaume Alonso

Je donne une importance primordiale à la formation de l’enfant (la jeune fille est incluse dans le mot), dès le premier âge, et de l’adolescent. Il faut leur inculquer la tauromachie dès le début, depuis le berceau.   Emmenez-les voir des spectacles, mineurs et majeurs, et encore plus au campo. Partager avec eux (garçons   et filles, naturellement) des conférences, des lectures, de la tauromachie de salon... Pourquoi pas des séjours de vacances qui incluent le toreo de salon parmi les activités sportives ? Il fait aussi que les organisateurs et les plazas de toros d’Espagne fassent ce qui se fait beaucoup en France : ouvrir les portes aux mineurs (et mieux à tout le monde), après la mort du cinquième taureau, surtout dans les spectacles qui sont donnés devant des gradins à moitié vides.  Ce ne serait pas mal de commencer à le faire à des dates précises, comme le 15 août, et systématiquement dans les novilladas. Et si cela choque trop la société espagnole, dans la crainte que les enfants et les adolescents ne perturbent les spectateurs qui paient leur place, que l’on n’ouvre que certains gradins (bien que je trouve ça mesquin).  Je ne pense pas qu’il y ait meilleure incitation, ni meilleur investissement sur l’avenir !

 

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Antoinette Molinié

Plus généralement, la question serait de savoir comment encourager une culture spécifique dans le cadre de la mondialisation. On pense d’abord à l’éducation, à expliquer depuis l’enfance le joyau qu’est une culture et à quel point un rituel, comme par exemple, la corrida est indispensable pour vivre en société. Il faut cesser de craindre d’assumer la fierté de sa propre culture.

Je crois aussi que les philosophes, les spécialistes des sciences sociales doivent dénoncer le plus violemment possible l’animalisme, maladie infantile du néo-libéralisme. Dans nos écrits, dans les médias, au bistrot... La Revista de Estudios Taurinos est pour cela une bonne plateforme.

De plus, Il faudrait assurer la qualité des taureaux lidiés, pour laquelle on peut penser à des subventions des municipalités ou des régions pour acheter des animaux aussi parfaits que possible. Réclamons aussi des subventions au bénéfice des plazas de toros du genre de celles attribuées à l’opéra ou au théâtre.

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François Zumbiehl

A. - Dans l’organisation et le déroulement du spectacle taurin toujours chercher un équilibre entre l’art et la lidia, et que le respect pour le taureau bravo ne se perde jamais.

En particulier :

- Rétablir l’équilibre entre les trois tiers et revoir complètement l’exécution et la réglementation de la suerte de varas

– Après l’estocade, remédier au spectacle, intolérable pour la sensibilité de notre temps, de l’accumulation des descabellos et puntillas ratés...

– Dans chaque localité taurine faire que les aficionados - comme c’est le cas en France - soient consultés dans l’élaboration des cartels, afin qu’ils cessent d’être de simples clients.

– Faciliter la célébration des becerradas et novilladas piquées et non piquées

– Consolider le fil entre la tauromachie "classique" et les festivités taurines populaires, très attrayante pour les jeunes.

– Pour dissocier la fête des vicissitudes politiques, la mettre sous l’autorité d’une fédération nationale et internationale de tauromachie - comme le football - et adopter un règlement unique à ces niveaux.

B. – Face à la société, pour la défense et la promotion de la  Fiesta, je propose :

-S’appuyer sur les conventions de l’Unesco pour défendre la diversité et la liberté culturelle des communautés humaines, y compris minoritaires, sur le patrimoine culturel immatériel.

– Entreprendre à grande échelle une campagne de promotion des valeurs de la tauromachie, destinée notamment aux jeunes, en insistant notamment sur la richesse écologique de l’élevage du taureau bravo.

- Faire pression pour que les médias couvrent, au moins un peu, la tauromachie actuelle et faire pression pour que les toreros qui font partie des «célébrités» participent activement à cette intense campagne de promotion.

 

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[1] Ceux qui lisent l'espagnol trouveront ici l'intégralité des réponses aux trois questions.