15 février 2007

Préserver la corrida : De quoi ? Comment ?

par Jean-Pierre Digard

Jean-Pierre Digard, licencié en sciences naturelles et docteur en ethnologie, est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.). Fils d'un éleveur amateur, il a toujours été fasciné par les animaux. Enfant, rien ne le passionnait autant que d'accompagner un vétérinaire ami de sa famille dans les coulisses du Cirque d'hiver et du zoo de Vincennes, ou le berger grec employé par un éleveur de moutons de son village de Bourgogne. Quand, après avoir voulu devenir vétérinaire puis zoologue, il s'orienta finalement vers l'ethnologie, c'est à travers leurs rapports aux animaux qu'il choisit d'étudier les hommes. De même, quand, au cours d'un voyage, il se découvrit une fascination pour le Moyen-Orient, c'est dans une tribu de pasteurs nomades cavaliers d'Iran qu'il alla faire ses premières armes d'ethnologue sur le terrain (après avoir, pour s'y préparer, appris le persan et... l'équitation).

Jean Pierre Digard est vice Président de l'association Pronatura ( voir ) dont notre Fédération est adhérente. Il est de plus un aficionado averti et convaincu.

Il nous a autorisé à reproduire ici le texte de sa contribution, " Préserver la corrida" au colloque" du 20e anniversaire de La Querencia lors du 90e congrès de la F.S.T.F. (Paris, 28 octobre 2006)

Ce texte a connu une première publication dans : Paris Afición (La Querencia), n° 101, décembre 2006, p. 5-9

I. L'opposition aux courses de taureaux : une longue histoire

L'opposition aux courses de taureaux ne date pas d'aujourd'hui et a revêtu des formes et des contenus différents selon les époques. Historiquement, elle a connu trois grandes phases[1] :

1. Une phase de condamnation théologique

La condamnation théologique a atteint son apogée en 1567 avec une bulle de Pie V qui menaçait d'exécution capitale et d'excommunication tout chrétien qui s'adonnerait à ce divertissement. Le souci principal des censeurs ecclésiastiques était évidemment le salut des âmes, non la protection des animaux.

2. Une phase de contestation rationaliste

Dès la fin du XVIIIe siècle, des savants et des hommes éclairés, tels Vargas Ponce et Jovellanos, se scandalisaient qu'un pays comme l'Espagne pût oublier sa misère endémique pour se livrer à des jeux aussi inutiles que périlleux. Cette seconde période se caractérise par des préoccupations productivistes et rationalistes, proches d'une certaine éthique chrétienne, qui considère le boeuf comme une marchandise et une force de travail qu'il ne faut pas dilapider. C'est du reste à partir de la même époque que la corrida s'est engagée dans un processus de rationalisation, caractéristique de la modernité, qui lui confèrera au XXe siècle un statut de spectacle codifié suivant un idéal esthétique, économiquement rentable, bien éloigné des débordements gratuits de violence qui suscitaient la réprobation des esprits éclairés du XVIIIe siècle.

3. L'offensive " animalitaire " [2]

Ce n'est qu'au cours de la troisième période - à partir du milieu du XIXe siècle - que l'on projette sur le taureau de l'arène des émotions, des sentiments, une dignité, voire des droits, que certains voudraient comparables à ceux des humains, au prétexte que tous, humains et animaux, sont des " êtres sensibles ". La polémique reflète alors l'état d'une civilisation particulière - la civilisation occidentale - à un moment particulier de son histoire - l'époque contemporaine -, époque où l'on assiste au développement d'un nouveau courant idéologique, caractérisé par plusieurs éléments :

a. La remise en cause de l'humanisme des Lumières

Dès le XIXe siècle, avec le Romantisme, la place prééminente de l'Homme est contestée au profit de celle de la Nature.

b. L'écologisme

Dans le prolongement des sensibilités romantiques, l'écologisme (à ne pas confondre avec l'écologie) repose sur une vue manichéenne du monde, caractérisée par une perception pessimiste de l'homme, en tant qu'être essentiellement nuisible, et par une vision angélique et idéalisée de la Nature, fondamentalement belle et bonne.

c. La protection des animaux et ses dérives [3]

Apparue dès la fin du XVIIIe siècle, l'idée de protection des animaux s'installe dans les pratiques à partir du milieu du XIXe siècle, avec la fondation de la Société protectrice des animaux en 1845 et la loi Grammont en 1850 contre les mauvais traitements aux animaux domestiques en public. Le mouvements protectionniste se présente comme un mouvement d'éducation populaire. .........

Certains développements récents (années 1970) sont le fait de mouvements radicaux. Le plus extrême est l'antispécisme [4] , mot dérivé, par analogie, de celui d'antiracisme. Est " spéciste " (cf. raciste) quiconque refuse à d'autres espèces ce qu'il revendique pour la sienne. L'antispécisme prône donc l'égalité des droits entre l'homme et les animaux - cf. la Déclaration universelle des droits de l'animal (1972-1989), obscène parodie de la Déclaration des droits de l'homme (1789-1948) -, et même la " libération animale ".

Sans aller jusqu'à ces fantasmes, les sensibilités communes évoluent, au point que l'idée de " bien-être animal " ne cesse de progresser, même si elle est scientifiquement difficile à cerner, et absurde (sauf pour des motifs sanitaires et de qualité) quand elle prétend s'appliquer à des animaux dont la seule destination est la boucherie.

II . La stratégie animalitaire

L'originalité de l'offensive animalitaire, par rapport aux deux phases d'opposition antérieures, est qu'elle vise, non pas seulement la tauromachie, mais bien d'autres objectifs, selon des modalités qu'il est intéressant de chercher à connaître.

1. Types d'actions

a. Actions généralistes

On se contentera d'évoquer deux exemples récents : la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie et le " Rapport sur le régime juridique de l'animal " (dit " rapport Antoine ").

Adoptée à Strasbourg en 1987, la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie a été ratifiée en 2003 par la France, ce qui lui a conféré valeur de " loi de l'État ", cela dans l'ignorance et l'indifférence générales, alors même qu'elle contient plusieurs dispositions - animal de compagnie défini comme " animal détenu ou destiné à être détenu par l'homme pour son agrément ", interdiction des " moyens artificiels " de dressage, etc. - qui, si elles sont appliquées, risquent de limiter voire d'empêcher certaines utilisations d'animaux domestiques (chevaux, chiens), pour enfin aboutir à l'abandon et à la disparition des animaux concernés, devenus inutiles (certains mouvements protectionnistes ne se cachent d'ailleurs pas de préférer la disparition des animaux domestiques plutôt que leur survie dans les conditions actuelles, à leurs yeux scandaleuses).

Le 10 mai 2005, le Garde des Sceaux de l'époque, Dominique Perben, a présenté à la presse un " Rapport sur le régime juridique de l'animal " qu'il avait demandé à Mme Suzanne Antoine, présidente de chambre honoraire à la Cour d'appel de Paris et trésorière de la Ligue française des droits de l'animal. Afin de " rendre à l'animal sa dignité ", ce rapport préconise l'introduction, dans le code civil, à côté des biens meubles et des immeubles, d'une troisième catégorie de biens correspondant aux animaux, celle des " biens protégés " en tant qu'" êtres vivants et sensibles ". Jusqu'à présent, en effet, les animaux étaient considérés par le droit français comme des biens meubles ou comme des " immeubles par destination " dans le cas particulier des exploitations agricoles. Le rapport Antoine souligne la nécessité de mettre le code civil français en conformité avec le mouvement européen pour la protection de l'animal, en particulier le traité d'Amsterdam qui souligne la nécessité de " tenir compte du bien-être des animaux " ; avec le code pénal qui sanctionne les atteintes aux animaux " dans leur sensibilité d'êtres vivants " ; enfin, avec le code rural qui qualifie l'animal d'" être sensible ". Face à l'inquiétude soulevée dans le monde agricole par les conséquences économiques d'une telle réforme, celle-ci a été enterrée pour l'instant.

b. Actions ciblées

À côté de ces actions visant de larges catégories d'animaux, les mouvements animalitaires mènent un grand nombre d'actions visant des activités ou des secteurs particuliers, par exemple : l'élevage des poules pondeuses en batterie, les truies bloquées, le " veau sous la mère ", le gavage des palmipèdes pour la production de foie gras, la pelleterie, les animaux de laboratoire, le transport des animaux vivants, la chasse à courre, les combats de coqs, ainsi, bien sûr, que la tauromachie.

Viser successivement des objectifs précis et limités revient à les isoler de l'ensemble pour les affaiblir. Ne se sentant pas concernés, les autres secteurs ne réagissent pas, laissent faire.

2) Modalités d'action

L'examen attentif de ces différents types d'action permet de dégager quelques constantes dans la stratégie des mouvements animalitaires.

a) La tactique de la " boule de neige "

Cette tactique consiste à se concentrer sur des objectifs précis, limités, où la victoire est à portée, puis à passer à un autre lorsque celui-là est atteint, de manière à pouvoir tirer argument du précédent ainsi créé pour légitimer l'action ultérieure visant une nouvelle cible…Les mouvements animalitaires mettent ici à profit l'inorganisation de leurs adversaires, en leur opposant un puissant lobbying auprès des élus et des institutions, au niveau européen notamment.

b) La manipulation de l'opinion publique

Les mouvements animalitaires jouent surtout sur l'indifférence d'une majorité silencieuse et sur la sensiblerie diffuse dans l'opinion publique en les faisant passer pour de l'assentiment voire pour du soutien pour leur action.

Une constatation s'impose en effet immédiatement à qui fait l'effort de se plonger dans la " littérature " des mouvements animalitaires : c'est leur empressement à invoquer " la demande sociale ", sans jamais s'interroger sur l'existence ou la nature de cette fameuse demande ; celle-ci est considérée comme un fait acquis, unanimement reconnu, incontournable, de sorte que les pouvoirs publics, nationaux et internationaux, n'auraient pas d'autre choix, s'ils se prétendent démocrates, que d'en tirer les conséquences en adoptant les dispositions réclamées. Or le lecteur plus curieux ou moins crédule que les autres parvient sans peine à une seconde constatation : en dehors de quelques sondages simulés ou truqués, il n'existe aucune preuve sérieuse de l'existence d'une telle demande dans l'opinion publique.

Pour pallier ce manque de données crédibles, les militants animalitaires citent et commentent abondamment les philosophes, les écrivains, les penseurs qui, d'Aristote à Nietsche, en passant par Schopenhauer et Heidegger, ont, d'une façon ou d'une autre, montré de la compassion pour les animaux ou de l'intérêt pour une revalorisation de leur statut. Les mêmes militants posent en principe que la prise en compte de la souffrance animale s'inscrit dans une conception politique démocratique et progressiste. Enfin, les associations et mouvements de protection animale s'autoproclament porte-parole de l'opinion publique et interviennent en son nom auprès des autorités nationales et communautaires européennes, avec une liberté d'action d'autant plus grande que l'opinion publique en question reste muette - et pour cause !

 Il n'empêche que cette zone d'ombre a permis l'émergence d'un véritable " politiquement correct " animalitaire, qui, comme tous les politiquement corrects, ne représente que l'opinion d'une minorité.

III . La corrida face à l'offensive animalitaire

Ces attitudes militantes sont relativement faciles à récuser. Aux philosophes qui viennent d'être évoqués, il est facile d'opposer d'autres penseurs qui, à l'instar de Platon, de Descartes, de Spinoza, de Rousseau ou de Kant, se sont attachés au contraire à définir le propre de l'homme. Il est aisé, aussi, de montrer que l'empathie avec les animaux ne protège nullement des attitudes réactionnaires à l'égard des humains [5]. Enfin, on sait par expérience historique que la plus extrême méfiance s'impose dès lors qu'une minorité agissante se présente comme une avant-garde éclairée et prétend agir au nom d'une majorité silencieuse, fut-ce " pour son bien "

Encore faut-il se donner le mal de monter au créneau. Et ne pas céder à la faciliter qui consiste à se dire que les boulets ne nous sont pas destinés ou qu'ils nous rateront… Il y a déjà plusieurs années que j'essaie d'alarmer plus particulièrement les milieux équestres et hippiques, que je connais bien, mais qui s'obstinent à ne pas voir le danger. Les milieux du cirque non plus n'y croyaient pas ; et pourtant, l'utilisation d'animaux d'espèces réputées " sauvages " est interdite depuis vingt ans dans les pays scandinaves et depuis 2004 à Barcelone. Les milieux de la vénerie n'y croyaient pas non plus ; la chasse à courre a pourtant été interdite en 2004 également dans un de ses principaux bastions, la Grande-Bretagne ! La stratégie animalitaire conduira un jour ou l'autre sérieusement à la tauromachie (par " sérieusement ", j'entends : autrement que par ces commandos d'" anti " que nous connaissons aujourd'hui) ; il faut s'y préparer, organiser la défense, fourbir les arguments, et ne pas se contenter de victoires, certes bienvenues, mais fragiles, comme celle qui vient d'être remportée au Parlement européen.

Il serait vain de chercher à convaincre les opposants à la corrida. Mais, encore une fois, les ennemis de la tauromachie ne se limitent plus aujourd'hui à quelques commandos anti-corrida. Les victoires enregistrées sur d'autres terrains par les mouvements animalitaires permettent à ceux-ci de se parer d'une nouvelle légitimité. Même si les thèses animalitaires demeurent minoritaires, elles sont portées par des groupes actifs, bien organisés, assistés par des juristes compétents, et portées par un puissant lobbying ; elles sont en outre servies par l'indifférence ou la tiède compassion d'une immense majorité silencieuse. C'est précisément cette majorité qu'il s'agit d'informer et son silence qu'il s'agit de briser. À cette fin, les arguments classiques de la tradition locale et de l'esthétique tauromachique, qui ne convainquent que les convaincus, paraissent pour le moins faibles et fragiles. Au contraire, il faut développer un argumentaire élargi, qui rejoigne le combat, qui doit être unitaire - mieux : unique -, pour toutes les formes d'élevage et d'utilisation d'animaux qui sont aujourd'hui attaquées. Ce combat, s'il veut être efficace, ne peut pas faire l'économie de plusieurs étapes :

1. Analyse des phénomènes qui sont à l'origine des oppositions rencontrées

a. La perte de la culture animalière dans la société contemporaine

Coupés de leurs racines rurales et de la culture animalière de leurs ancêtres paysans, les habitants des grandes villes, et même des campagnes urbanisées, savent de moins en moins ce que sont les animaux, leurs besoins et leurs utilisations.

b. La zoomanie ordinaire

Notre époque " postmoderne " est marquée par un effacement des limites et des identités : les confusions hommes/femmes, enfants/adultes, humains/animaux y sont de plus en plus courantes. La perte de limites entre les hommes et les animaux conduit à l'anthropomorphisme, c'est-à-dire au fait d'attribuer aux animaux des comportements et des sentiments humains. Toutes les formes d'anthropomorphisme ne sont pas à mettre sur le même plan. Parler à son chien n'a rien de condamnable, bien au contraire. Mais traiter son chien comme on traite un être humain, sans considérer les besoins propres à son espèce, voire à sa race, constitue, pour l'animal, une forme de maltraitance, et pour les humains, une attitude de mépris.

c. La zoomanie militante

La zoomanie militante est favorisée par le recul des grandes idéologies issues de l'humanisme des Lumières. L'animalitaire se développe sur le terrain déserté par l'humanitaire ; il est renforcé et justifié par des idéologies comme l'antispécisme, qui n'est qu'un désolant décalque de l'antiracisme (entre les humains). L'idéologie animalitaire idéalise la nature et diabolise l'homme ; de la zoophilie à la misanthropie, il n'y a qu'un pas, trop souvent franchi. Le droit des hommes à élever et à utiliser des animaux, ne serait-ce que pour s'en nourrir, est ainsi nié.

2. Dénonciation du caractère absurde et nuisible des thèses des protectionnistes radicaux

L'absurdité de l'idée selon laquelle il faudrait " libérer " des animaux domestiqués depuis des millénaires, ou leur accorder des " droits ", alors qu'ils ne sauraient avoir des devoirs, n'échappe à personne.

Le combat mené par certains écologistes extrémistes (allemands notamment) contre la sélection des races animales - au nom de ce qu'ils revendiquent comme étant de l'" antiracisme " (montrant ainsi toute leur confusion mentale [6]) - est également dangereux, en ce sens qu'il fait le jeu des multinationales de l'élevage industriel, auxquelles la brevetabilité du vivant donne les moyens d'éliminer tous les animaux autres que ceux qu'elles auront élaboré à des fins productivistes et mercantiles (voir déjà les excès des races " prim holstein " ou " blanc bleu belge " dans la filière bovine).

3. Réaffirmation de la nécessité et de la légitimité pour l'homme d'élever et d'utiliser des animaux

La domestication animale faire partie intégrante, depuis une quinzaine de millénaires, de l'histoire de l'humanité. Elle est constitutive de la civilisation. Elle est une condition de la subsistance et de l'avenir des humains. Les relations historiques entre les hommes et les animaux favorisent la connaissance de ces derniers - dans le respect de leur nature, et non comme d'illusoires répliques ou substituts d'humains. Enfin, le maintien d'élevages et d'utilisations d'animaux variés constitue une garantie pour la biodiversité et pour la conservation de connaissances et de savoir-faire zootechniques vivants, au service de l'homme et des animaux, dans le respect bien compris, c'est-à-dire non anthropomorphique, de leur nature.

4. Unification des arguments, fédération des mouvements

Pour contrer les mensonges et le pernicieux lobbying des soi-disant " amis des animaux ", pour ne pas leur laisser le monopole de la parole et de l'action, les associations et les mouvements qui militent pour les élevages et les utilisations d'animaux variés doivent impérativement et rapidement joindre leurs efforts, unifier leur discours, s'organiser collectivement, coordonner leurs actions, ou bien se préparer à la débâcle, à celle de leurs idées, des valeurs et du monde qu'ils défendent.

Car c'est bien de cela qu'il s'agit : à travers la question des animaux en général et du toro de lidia en particulier, s'affrontent deux conceptions du monde, qui se distinguent par la place et le rôle qu'elles assignent à l'homme. Ne serait-ce que pour cette raison, la lutte pour la sauvegarde de la corrida est loin d'être une cause anodine.

 


[1]J'emprunte les données historiques qui suivent à une compte rendu de Frédéric Saumade, à paraître dans Anthropozoologica, du livre anti-taurin militant d'Elisabeth Hardouin-Fugier, Histoire de la corrida en Europe du XVIIIe au XXIe siècle, Paris, Connaissances et Savoirs, 2005

[2] Ce mot est d'Ernest Hemingway (Mort dans l'après-midi, 1938), qui l'appliquait à ceux qui, à l'époque, militaient pour une amélioration du sort des chevaux de picador

[3] Voir Jean-Pierre Digard, Les Français et leurs animaux. Ethnologie d'un phénomène de société, Paris, Hachette (coll. " Pluriel "), 2005

[4] Peter Singer, La libération animale (1975), Paris, Grasset, 1993

[5] Voir des exemples dans Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique. L'arbre, l'animal et l'homme, Paris, Grasset, 1992, et dans Jean-Pierre Digard, Les Français et leurs animaux (ouvrage cité note 3).

[6] Je ne résiste pas, ici, à la tentation de citer un autre exemple de confusion mentale, abject tout autant que débile, tiré cette fois de la " littérature " du C.R.A.C. (Comité radicalement anti-corrida) : " Il n'y a qu'un génocide, Pour nous, Dachau, c'est Madrid. " (extrait d'un " poème " de Henri Tachan, paru dans le bulletin Les Empêcheurs de Torturer en Rond, n° 6, rentrée 2006, p. 29).