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fumeur de Havane

Szabo a les yeux embués.

Lui, a connu le Pana.

Pour de vrai.

Dans sa jeunesse.

Un mois après le choc, c’est un vrai faux soulagement.

La mort est parfois un recours.

Elle vaut mieux qu’une chaise qui vous oblige en tout, et dont seules les roues vous ramènent au monde des vivants.

Le Pana est mort et j’en sais des qui sont vraiment très tristes.

Gaston est de ceux-là. Il me l’a écrit, c’est un peu de sa jeunesse qui vient de s’effondrer.

Vu d’ici, les toreros mexicains sont loin et mis à part quelques uns que nous pouvons voir ici les autres sont de quasi inconnus.

Le Pana voulait Las Ventas, le regain d’intérêt qu’il avait allumé par sa tauromachie anachronique, et flamboyante, ses brindis étonnants aux putains qui l’avaient aidé à vivre, et ses tours de pistes hilarants masquaient parfois ce courage froid qu’il faut pour faire croire que les choses sont faciles.

Le Pana est mort.

Morantino comme il l’appelait, doit aussi être bien triste, il aurait aimé cette confrontation fraternelle voire filiale, avec celui qu’il aurait aimé voir toréer de près….tout comme Bernard du bout des terres ou le monde s’arrête,  et qui me l’avait raconté le regard étreint comme tous ceux qui l’ont approché un jour.

Madrid n’en voulait pas, mais hier, lui a rendu hommage.

Un torero ne meurt jamais tout à fait.

Il redevient maletilla de ces “poulbot“ qui courent les mémoires de chacun.

Le Pana aujourd’hui va enfin savoir si Gainsbourg avait raison et si Dieu est vraiment un fumeur de havane ou non

CHF