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Gora Ivan

J'adore Séville, si si, pour de vrai.

J'aime déambuler par les rues étroites de la vieille cité.

J'aime écouter les gens parler le Sévillan. J'aime la douceur surannée des jours de féria, et j'aime le public Sévillan capable d'applaudir (partout on l'aurait sifflé) une figura en débâcle lors d'un encerona totalement raté. Du coup le trés trés beau (vous voyez qui je veux dire?) part s'agenouiller à la porte des mystères et sous les pépiements rigolards des hirondelles et le vol lourd des cigognes curieuses, va toréer un toro qui va lui sauver l'après-midi...c'était il y a deux saisons...Séville avait pardonné....

Las, les putasseries des uns, la main sur le coeur des autres enlève ce fameux goût suranné pour ne laisser en bouche qu'un goût fielleux du je t'aime moi non plus, main sur le coeur, et puntilla dans l'autre.

Le FIT dit ça n'est pas nous....Morante fait ce qu'il veut...Morante dit, je ne peux pas désobéir...les morantistes une fois de plus lui pardonnent, en crachant sur le second choix de l'empresa Pagès déjà aux abois...le fruit pourri, il faudra bien couper la branche, refaire le verger, il faudra de l'argent pour ça et des ors aux costumes...à qui profite le larcin qui n'est pas encore un crime?...exit la demi-véronique du Morantissime d'il y a deux saisons...il est proche d'être déshérité...jeté au Guadalquivir, les fers aux pieds dorés...

J'aime Séville, et je sais déjà que le fiasco est annoncé, et ça n'est pas Espartaco qui sauvera la partie...deux années consécutives....L'empresa ne pourra pas l'assumer, mais les Sévillans en veulent terriblement à Morante qui est “de la Puebla “ comme tout le monde le sait..alors le grand argentier Mexicain explique que lui, n'est ni responsable, ni coupable...qu'il faut refaire un tour de table...tout peut s'arranger, mais ce serait mal connaitre les Sévillans qui sont à part...sourire et dents dures..le maire attend des actes....Morante est devenu malgré lui, l'otage et la rançon...

Pendant ce temps et dans un mois d'ici, le Tsar va se fader six toros six, certifiés limpios, et ce, sans la presse dythirambique plus apte à photographier le cul rond dudit beau (trés beau) cité plus haut, ou encore exprimer le renouveau taurin, à coups de bus sombre, exposant ce que n'oserait pas faire une classe de CP dans son école (mis à part quelques photos...)

Le Fit n'est que le prolongement armé du G trucmuche  qui fait marrer sous cape tous ceux qui n'ont rien à en attendre et qui ont déjà vus les prémices des dégâts collatéraux causés par ceux qui veulent sauver la fiesta...(sic)

Donc, dans un mois, presque jour pour jour, Ivan Fandiño va prendre six toros de Victorino Martin, Adolfo Martin, Escolar Gil, Partido de Resina, Palha, et Cebada Gago...une paille...surtout à Madrid.

Les paris sont ouverts, il y a les sceptiques (Ivan n'est pas un grand torero) les enthousiastes (Ivan il peut tout prendre et d'ailleurs il le fait) et puis les sceptico-supporters (ben oui, l'épée à cuerpo limpio, mais sur un toro mécanique...).

Le Tsar qui ne fréquente que peu les figuras avec qui il accepte le combat mais dont on a bien compris qu'il n'a pas été adoubé, laisse Madrid curieuse...la chapelle sixtine de la tauromachie...aime ce genre de défi, ça a de la gueule, exit les domingo Hernandez, les garcigrande etc... les Toritos aux cornes en pince de crabe, les toutous dormeurs à la langue pendante.

Six machines à tuer, formatées depuis toujours pour cet instant T.

Un début de saison, tout à prouver, et Madrid en plus...tout à perdre aussi, peut-être?

Le 29 Mars on ne sait pas, à la fin de la journée, si Fandiño aura triomphé, si il aura craqué comme le prédisent certains..ce qui est sur, c'est que nous avons là un vrai geste, qui nous change des bras d'honneur traditionnels, et qui engage celui qui le fait.

Mes copains du sept se pourlèchent déjà la moustache, moi, comme entrée en matière de la saison, je me régale d'avance, parce que je connais le type, il me rappelle ce petit Espagnol d'Astérix qui croise les bras et retient sa respiration jusqu'à en mourir si il le faut pour avoir raison....Fanfiño n'a pas lancé ce défi au hasard, et je suis certain qu'il est prêt..

Seule une blessure grave entâcherait le tout (et d'ailleurs donnerait raison à ceux qui (râlant tout le temps) trouveraient que c'set une connerie qui peut gâcher ladite saison.

Au moment des petites magouilles des uns et des autres, lé révélateur est évident:

C'est ça : “être torero“ six vrais toros six, au risque de prendre le bain et entâcher sa saison, ou de marquer son territoire durablement...que les plazas dures et les figuritas le sachent Ivan le terrible est de retour...

Gora Iban

CHF