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HEROS

HEROS

 

 

Lui et moi ne sommes pas bien d’accords.

 

Lui, prétend que la lidia du sixième toro de Dolores Aguirre, Féria de Vic Fezensac, n’a jamais été menée et que finalement, le président Bilbaïne dont plus grand monde ne se

Souvient du nom aujourd’hui, a justement refusé la seconde oreille.

 

Cantinillo, cinq ans et demi d’herbe, n’a jamais rompu dans son attitude de manso absolu.

Je le voyais manso perdido, Jean Jacques, comme lui, m’ont fait remarquer que le toro a été volontairement à la pique, et donc n’était pas manso perdido, ce que je ne crois pas.

 

Pour moi les cinq rencontres furtives (sauf une, ou Cantinillo fit semblant de mettre les reins) je parle de mémoire car je me refuse aux commentaires trop techniques, ces cinq rencontres, sont du fait que le cheval se trouve sur la route du toro.

Leur argument c’est qu’on ne lui a pas posé les banderilles noires.

Je ne sais même pas si il y a des banderilles noires à Vic ?

Je prétends, je ne sais pas d’ou je tiens cela, que les banderilles noires ont des crochets plus profonds et plus épais que les banderilles traditionnelles, afin de fatiguer le toro qui n’aurait pas assez été piqué.

Jean-Jacques me dit que non.

Ah bon ? Je croyais.

Il y aura bien quelqu’un ici, sur ce site pour nous départager non ?

Mais je peux me tromper.

 

Toujours est-il qu’il y a la règle, et l’application de la règle.

Lui est rigide, pour ne pas dire psycho rigide, en ce qui concerne la règle.

Je suis plus laxiste, ou plus exactement plus tolérant.

 

Alberto Lamelas n’a certes pas la cuadrilla de Castaño, et elle a été débordée par la fureur de Cantinillo, il n’empêche, la cuadrilla de Castaño a été mise en échec flagrant avec un toro moins compliqué que ce dernier.

 

Que voulez vous faire ?

Il ne se fixe jamais,  galope sans arrêt, s’enfuit vers l’extérieur, vous regarde toujours, attentif à tout mouvement, vous revient dessus de manière inopinée, et vous balance des coups de tête en sautant sur place tel le “Zébulon“ de nos tendres années.

 

Alors la lidia en ce cas, c’est lui faire baisser la tête, le piquer autant qu’on le peut, dans les conditions que l’on peut, pour l’exécuter.

 

Alberto, quoi qu’il en soit, avec sa vingtaine de passes (et oui, je sais qu’il n’en a fait que deux ou trois sur la gauche) a joué sa peau, littéralement.

Ce toro était un “hijo de puta“ et comme me le disait un jour Juan Sanchez Fabres : “ Si j’étais torero, je serais le plus pute des plus putes de tous les toreros, car il faut être fou pour se mettre face à ces toros“.

Je comprends, que l’on donne des oreilles à Eauze, mais que l’on refuse à ce type, dont chaque passe a été une survie, une deuxième oreille, celle du public ayant été octroyée, à Vic, un des temples de la tauromachie, c’est pour moi de la bêtise.

 

Car, que voulez vous, je serais à la place de Lamelas, la prochaine fois, je balancerais un bajonazo, et me débarrasserais dans l’indifférence générale du bestiau.

Mieux encore, je tortillerais un peu du chiffon, histoire de prendre à témoin le public, d’un haussement d’épaules, que de donner une passe à ce toro est impossible.

Il n’y aurait pas eu scandale.

Mieux, on lui donne cette deuxième oreille et même les détracteurs le disent, il n’y avait pas scandale non plus. Alors ?

Alors le public, lui, prend l’affaire en main, c’est le quatorze Juillet, les cent jours, la gloire de mon père, vas y petit refais une vuelta, bien dire à l’emplumé cravaté qu’on s’en fout de ses chiffons.

Ca vaut “nibe“ le peuple a toujours raison.

 

L’an passé je crois, le novillero Vicente Soler a soulevé les passions l’an passé à Céret.

Un peu pour les mêmes raisons.

Une oreille refusée par une présidence qui s’est expliquée, et n’a convaincu personne, je le sais j’étais dans les gradins et j’ai entendu les commentaires.

 

Toutes les explications vaseuses sur le contrepoids fait aux oreilles que l’on donne trop facilement, en retenant celle de ces illustres modestes, ne sont qu’un leurre.

D’autant qu’il est plus facile de le faire à ces belluaires qu’aux stars de la chiffonnade.

 

Alors oui, la règle…mais n’est-elle pas faite pour être transgressée, de temps à autres, et l’humain ne rentre-t-il pas en ligne de compte, parfois quand la règle atteint ses limites.

 

Que faut-il, que le gamin se fasse tuer pour qu’on comprenne qu’il se la joue vraiment ?

Bon, il faut que je me calme, allez un petit “Porta Gayola“ Bien frais (je sais, mais vous n’y échapperez pas, je suis sous contrat sentimental)

 

Alors suite à mes questions d’hier, je me demandais qui allait remplacer David Mora ?

Et bien ce sera ce héros Vicois,  Alberto Lamelas, qui partagera l’affiche avec Frascuelo et Esaü Fernandez.

Vous savez quoi ?

J’en suis ravi, et si je le peux, je ne manquerai pas de lui faire savoir qu’il a été énorme.

Juste histoire qu’il sache que 90 % du public à Céret, était aussi à Vic.

Et que même si il échoue, je garderai en rétine, cette épée sur la corne qui abattit ce toro “infumable“ de la Doña.

 

CHF

Banderilles noires

Banderilles noires

Examinons le Règlement Taurin Municipal Français :

ARTICLE 76

Lorsque du fait de sa couardise, un animal ne pourra être piqué dans les formes indiquées dans les précédents articles, le président pourra, à la demande du matador concerné, ordonner le changement de tercio et décider de la pose des banderilles noires ou de châtiment.

Cet article peut paraître imprécis si l’on ne se réfère pas à l’alinéa n° 5 de l’article 73 :

5 - Si le toro ne charge pas le cheval après avoir été placé à trois reprises au-delà du second cercle il sera mis en suerte sans qu'il soit tenu compte de cette limite.

Le Cantinillo de Vic a été amené à rencontrer trois fois le cheval, portant un coup violent dans le peto et sortant seul comme un grand manso, de plus il a été piqué au centre de l’arène où il s’est comporté de la même manière, donnant un coup de tête violent qui a renversé le groupe équestre.

Nous employons abusivement aujourd’hui le terme de "manso perdido" pour ce genre de taureaux. De véritables mansos perdidos, il n’y en a plus. C’étaient des animaux, fréquents au XIXe siècle, qu’il était impossible de piquer, même en les poursuivant. Ils fuyaient toute rencontre avec le cheval, ils fuyaient aussi les leurres.  Comme  toute lidia était impossible, elle était remplacée par le spectacle consistant à leur opposer des chiens, spectacle qui réjouissait fort le public d’alors.

Avec l’évolution des sensibilités, les banderilles de feu ont remplacé les chiens et, depuis 1950, les banderilles noires ont remplacé les banderilles de feu.
Comme les véritables mansos perdidos deviennent très rares, les banderilles noires ont tendance à tomber en désuétude.

C’est l’article 63 du RTM qui précise ce que sont ces banderilles noires en se référant au règlement espagnol du ministère de l’Intérieur de 1992.

ARTICLE 63
Toujours dans la matinée précédant la course, l'organisateur présentera au délégué de la C.T.E.M pour chaque animal à combattre, quatre paires de banderilles plus deux paires dites « noires » ou de « châtiment ».

Les banderilles devront répondre aux normes définies par le Règlement des Spectacles Taurins Espagnol

Une fois achevé l'examen des banderilles, celles-ci seront mises en sécurité par le délégué de la C.T.E.M qui ne les remettra à leurs utilisateurs que peu avant le début de la course.

Il ressort du Règlement espagnol que le harpon des banderilles noires est long de 8 cm au lieu de 6 cm pour les banderilles habituelles et que son crochet est large de 20 mm au lieu de 16 mm pour les banderilles habituelles.

Les banderilles doivent, pour rester en place, percer le cuir du taureau qui est particulièrement épais au niveau du garrot. Elles correspondent, si nous établissons une comparaison, à une piqure sous-cutanée chez un humain.

Je ne crois pas qu’une longueur de 8 cm au lieu de 6 entraîne un châtiment bien différent. La pose de banderilles noires ne peut produire un effet comparable aux piques qui sont d’autres dimensions, effet majoré par la poussée dans le peto qui, même brève, fatigue la nuque du taureau.

Les banderilles noires, las viudas (les veuves) comme elles sont appelées en Espagne, ont essentiellement pour but de marquer d’infamie le taureau et bien sûr, à travers lui, son éleveur.

Selon moi, Cantinillo n’était pas à marquer d’infamie car c’était un manso con casta comme nous en voyons trop peu. D’ailleurs, il n’a pas été manso à la muleta où il a permis le succès d’Alberto Lamelas en répondant à ses cites avec un engagement ravageur.

Par contre, il aurait mérité que Gabin lui administre une pique supplémentaire. Le président en a décidé autrement.

mes chers amis

Que voilà bien des explications, claires précises et concises.

Merci à tous deux.il fallait que ce soit dit.

CHF