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HOLA...CABALLERO

Elle ne voit pas beaucoup de courses par an, et pour elle c’est une véritable fête que d’aller “aux corridas“ c’est pour cela que je lui pardonne le culte absolu qu’elle voue aux figuras.

Le Juli d’abord, parce que elle l’a vu assez souvent toréer et qu’elle a pu participer à la fête en agitant son beau mouchoir blanc de dentelles, mais surtout pour José Mari Manzanares parce qu’il est beau comme un astre.

J’ai beau lui dire que la beauté du bonhomme ne peut être un critère de remise de trophée, elle en a rien à secouer, il est beau, il torèe bien, et après tout, elle n’est pas la seule idiote tout de même à agiter son mouchoir.

Son rêve secret serait que José Mari, s’arrête un jour là, devant elle, et lui brinde un toro. Rien que pour elle, rien que pour faire bicher les copines, et l’autre saleté de Monique qui lui mène la vie dure, tout le reste de l’année.

Un moment de gloire éphémère et grandiose.

Mais elle a 74 ans, et de mémoire, mis à part leur mère, les toreros ne brindent pas de toros aux vieilles dames, même le plus apprêtées qu’elles soient.

Lui, s’en fout, dit que tout ça c’est “des conneries“ ce qu’il aime, c’est le toro toro et des mecs avec de vrais “roubignoles“ pour se mettre devant.

Il garde des noms en tête comme Cobaleda, Miura, Guardiola, Pablo Romero “et cetera“ du temps ou les toros tenaient sur leurs pattes, foutaient les chevaux en l’air, et ne prenaient que vingt passes “pas plus“ jamais de cul et jamais en rond…

 

Elle, elle n’aime pas José Tomas, il lui fait peur. Elle ne veut pas que le torero se fasse prendre, elle a vu une fois Espla à Céret, elle l’a cru mort, elle n’y est pas revenue.

Lui, au contraire, a su apprécier, l’orgueil, le courage que n’ont pas les figuras, c’est pour ça que lui, n’aime pas José Tomas, mais il se souvient de Pepin, de César, du Fundi, de Francisco donc…

 

Je n’insiste pas, dans ces cas là. Chacun voit midi à sa porte.

 

D’ailleurs ils me font marrer, tous avec José Tomas, que certains ont découvert à Nîmes lors de l’encerona qui a fait couler tant d’encre. (Les bobos) comme les appellent certain.

Il y a les tomasistes, ceux qui, quoi qu’il fasse, sont subjugués, ne connaissent personne  qui torèe de face avec cette main basse, et ce replacement sur le passage du toro.

Ceux qui le suivent depuis le début, quand Casas et Bala commentaient sur les écrans le courage absolu de ce garçon, qui “se mettait là ou c’est interdit“

Ceux qui étaient à Madrid, pour les deux corridas de juin, qui scellèrent dans le sang sa légende, et mirent mal à l’aise, même les plus convaincus, qui n’avaient plus comme argument que le fameux : “il se donne le droit de mourir en piste“

Ceux qui étaient à Nîmes dans ce triomphe préparé au champagne, et qui fut d’exception.

Et enfin tous ceux qui prétendent avoir été à Aguascalientes le jour ou il tutoya les anges, la faucheuse, et dialogua avec Navegante.

Comme me le disait un très vieil ami espagnol, si tu mettais à Linares tous ceux qui prétendent avoir vu Manolete se faire prendre, il faudrait tripler les gradins.

Enfin, il y a tous ceux estiment que le Maestro, à la mèche blanche, maintenant, est en fin de carrière, et dont ils n’apprécient pas le plan marketing, ni la méthode de starisation qui consiste à se faire rarissime.

Et pour conclure, tous ceux qui ont aimé, vibré, lors de ses journées de courses ou ils savaient que jaillirait le plus souvent un éclat exceptionnel, comme une pépite rutilante sortie de la boue noire d’une mine.

Ca permet toujours de faire jaser, de gloser, d’analyser, de parler jusqu’à plus d’heure, quand la soirée se fait fraiche, et la nuit plus présente.

Ca permet aussi aux beaux parleurs,  d’étaler leur pseudo culture taurine dans les beaux salons, se mettant dans la tête du maestro, expliquant ci, expliquant ça, justifiant le reste.

 

Je le sais je m’y suis essayé, j’ai compris la liaison des passes le bras  très en arrière des hanches, le ventre de la muleta sous la tête du toro en arc de cercle, le bas de la muleta à la hauteur des pieds. La passe est tirée, il se replace et se trouve naturellement sur la corne opposée, la corne exposée même.

Oui bien sur sa tauromachie est à risque, et l’abandon du corps donne d’autant plus cette impression. C’est aussi pourquoi la carrière de José Tomas est parsemée de blessures plus ou moins graves et que lorsqu’il torèe, les autres paraissent fades avec leurs tauromachie en cercle, sur le recul, jambe lancée en arrière.

 

Je ne me mêle pas de ces discussions, j’ai mon avis sur le mythe, et j’ai mes sentiments. Je me souviens de ceux qui avaient essayés de comparer “Pépé“ Tomas comme l’appelle mon ami Mexicain Gaston Ramirez Cuevas, et Morante.

Le tour de table avait été chaud, les Morantistes de l’époque rejetant en bloc la tauromachie de José Tomas, (on le voyait moins il s’était absenté un brin, (quatre années)..ceux-là d’ailleurs, (les mêmes,) donnant aujourd’hui la leçon sur ce qu’est José Tomas…sur ce qu’il pense, dit ou ne dit pas d’ailleurs…les mêmes qui, à Madrid s’asseoient uniquement au tendido sept, comme si celui-ci donnait d’un coup la science absolu de la connaissance du toro, les mêmes qui se complaisent de salon en salon la bouche pleine de certitudes, les mêmes qui donnent des leçons à tour de bras et surtout si vous n’êtes pas de leur avis, n’ayant pas le temps de vous entendre puisqu’ils ne s’écoutent, qu’eux mêmes.

 

Je me refuse à me mettre dans la tête de ce type (et d’ailleurs de tout torero) ayant afit sauter des cocardes à des vaches de 150 kilos et n’aurais jamais eu le courage de me mettre face à un toro de combat.

Je ne souhaite pas participer à cette discussion.

En revanche, et toutes proportions gardées,  j’ai vu des images de la prestation d’un jeune novillero que je vous invite à regarder (en entier).

C’était l’ouverture de la San Isidro, première novillada du cycle.

Le gamin, Gonzalo Caballero vêtu de virginité absolue, me rappelle les débuts de José Tomas (ne hurlez pas encore les fans de sacralisation) ça n’est qu’un novillero avec tous ses défauts.

Mais regardez son relâchement, son placement, et son absolu “jusqu’au boutisme “ pour triompher, comme Fandiño le fit l’an passé a cuerpo limpio.

L’oreille (sur le second novillo) est contestée, par et à cause du geste.

Mais que ses “collègues“ paraissent fades et robotisés quand lui est torero.

Et ce courage (inconscience diront certains) pour triompher et prendre une oreille.

J’attendrai de le revoir, ça nous changera des éternels formatés.

Comme me le disait un autre ami, c’est de toute façon le toro qui décidera, et c’est en cela que José Tomas est respectable.

Nous verrons si le gamin aura la chance et le cran d’aller plus loin, en tous les cas son nom reste sur mes tablettes.

http://www.dailymotion.com/video/x2puw6i_video-madrid-11-5-2015_creation?start=18

 

CHF