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ISTRES EN TROIS TIERS

 

ISTRES EN TROIS TIERS

 

 

 

PREMIER TIERS

MORANTE CASTELLA

 

Morante est Morante, et se dire que sur trois toros “adaptés“ on verra bien quelque chose.

(Il nous faut admettre ce type de toros décastés, et ne servant que le troisième tiers) C’est la condition  “sine qua non“ pour apprécier une demi véronique  de la lenteur de celle qui souleva Séville, ou permettre des triomphes majuscules..

 

9H30

Morante est là, vêtu d’un survêtement noir, cheveux détachés, walkman sur la tête, il s’échauffe, il nous salue d’un signe de la main : bonjour matinal…on le sent décontracté…détaché…IL SEMBLE HEUREUX.

 

18H45

Au premier toro, Morante se relâche, il nous gratifie d’une série énorme à la cape, seules la ceinture, les épaules et la montera pivotent…sur l’axe des jambes plantées au sol.

Semblant de pique, banderilles rapides, et puis deux séries, templées, basses, lentes.

Morante a envie, il fait quatre statuaires, de face, pieds joints, le toro passe, la muleta frémit…un frisson.

Puis des passes par le haut, à deux mains….celles-ci tombent, lenteur, temple, relâchement, ça frémit dans les gradins mais las, le toro épuisé mufle ouvert, “jantes larges“ ne “collabore“ plus…

Morante, flacon à la main, le referme du pouce …basta….exécution…

Il faudra attendre……

Son second est inexistant, Morante prépare sa mixture, herbes, huiles, floraison…il lui faut du temps…

Le cinquième, noblon à souhait, subit un picotazo…

Le callejon a détecté un problème de vision…les banderillero sont prêts quand soudain des gradins un cri, repris de ci, de là… : “Un quite pour le sobresaliente, Morenito d’Arles“…Morante, grand seigneur, stoppe sa cuadrilla. Un geste auguste…ou une dernière vérification ?

Morenito s’engage, trois trinchera serrées, un fil d’or à la corne du toro à la sortie de la passe..le public explose…le toro voit, très bien, même..le callejon a eu tort..

Morante a pris le courant, il est présent, il torèe à gusto, lentement, en profondeur.

Il s’égare parfois dans quelques mouvements d’épaules, mais reprend sa course, toro sur rail, lui, sur le bord des traverses…il coule du Guadalquivir de la muleta, la torre de oro laisse ruisseler ses pépites, longues séries de naturelles, le piton gauche est meilleur…

Morante s’est relâché, dehors quelques gitans ont pris une guitare, le cantao commence, il grimpe comme lierre aux murs de l’arène, descend les gradins, rampe sur le sable, enveloppe le torero qui nous gratifie d’une superbe faena… Morante rentre le menton, il s’oublie, nous oublie, il est dans un voyage hors du temps, des gens, du monde autour…un Rocio que les vierges Sévillanes lui soufflent à l’oreille, il est ailleurs, et nous le suivons dans ce voyage

 

Mise à mort, deux épées pinchées, et une autre pour tuer…Morante exhulte, accolades…

 

Tard dans la nuit, lassé des photos prises sous son nez par des téléphones portables indiscrets, il se réfugie à la bodega des arènes…discrètement, on lui ouvre la chapelle, ou il s’assoit pour savourer un verre et finir son “puro“ avec sa cuadrilla..

Dieu est un fumeur de havanes chantait Gainsbourg.

 

3H00 Du matin (les soirées sont longues quand les corridas sont belles.) Morante et sa cuadrilla encore, la boucle est bouclée…petit geste de la main, négligemment appuyé sur un 4X4, la nuit est si belle quand le duende la berce.

 

Tout le monde à oublié Sébastien Castella….

 

 

Second tiers

Juan Bautista et six toros

 

Oublions d’entrée le premier toro de San lorenzo, (mis à part la première larga de rodilla, qui prouve que Jean Baptiste veut toréer… et une faena honnête…le toro est quelconque salut…ainsi que le “Jalabert“ (violente vuelta de campana) et changement demandé par l’éleveur (crainte sans doute que le toro ne soit amoché) ce qui ne paraît pas évident, puisque des gradins on ne détecte aucun problème…le callejon demande, la présidence obtempère…

le Palla remplaçant est terne…et moyen sera le Dernier (qui passe après l’indulto)

Juan Bautista tue au descabello instentanément…

 

Voilà passons au combat…on attend le dur, et ça vient…les Victorino père et fils sont présents, le toro sort, dans le type, ni trop, ni pas assez...

Et Juan Bautista impose une lidia totale….d’abord les piques, plutôt bien données par Tito Sandoval…courtes et sérieuse (cheval couché sur le toro) trois piques tenues (trois mètres, une dizaine, puis de l’autre bord du ruedo….ensuite les banderilles, avec peones poursuivis jusqu’aux planches et une faena très sérieuse sur les deux bords…estoc, descabello…explosion de joie, ce toro était définitivement pour moi le meilleur de la tarde…et en Victorino, s’avisant, se retournant vite…il met en valeur le superbe travail de Jean Baptiste.

 

Miura, celui-ci était long, bien présenté, pas trop haut…il fait illusion à la pique se défendant plus qu’il n’attaquera…bien lidié avec une superbe paire de banderilles de curro Robles (banderilles bleues blanches et rouges) Jean Baptiste torèe comme l’exige ce type de toro, un peu durement, et avec une économie de passes…

 

Le syndrome de la tâche sur la chemise blanche…

 

Élève Jean Baptiste au tableau : Sujet du Bac décrivez moi un indulto…

  • “D’abord un beau toro, pas trop gras, pas trop petit….noble à souhait…l’éleveur et le veedor vous le choisissent un peu comme un bon melon…

Brindez le à qui il faut…le maire, l’organisateur.

Fournissez des mouchoirs jusque dans le callejon..

Posez les zapatillos…

Prévenez le péon de confiance qu’il lui faut se munir d’une banderille, pour simuler l’épée (et tant pis si celui-ci va la chercher bien avant la décision présidentielle) signe que, hein ?

Prenez une présidence “sociable et non conflictuelle“

Un callejon revendicateur (l’indulto part régulièrement de là)

Piquez peu (une première un peu appuyée mais pas trop, et un simulacre de seconde)…

Banderillez vous même…ça porte sur le public…

Lancez vous dans une faena complète…

Et tuez bien…

Bravo, élève Jean Baptiste….dix sur dix.

 

Nota Bene : tout comme la minuscule tâche de crayon sur la chemise blanche (on ne voit plus qu’elle, alors que la chemise est superbe)

 

L’indulto n’est pas nécessaire…

Malgré ce qu’en dit l’organisateur (cela justifie notre féria et la fait connaitre)

L’éleveur (j’étais dans un mauvais pas, mais là je remonte)

Le torero (j’indulte donc je suis grand)

Les journalistes qui peuvent se laisser aller à la prose dithyrambique.

Le public…j’y étais…

 

L’indulto est une erreur…

Le toro est très noble mais pas exceptionnel

(Le Victorino a pris trois vraies piques, a été au bout des ses charges, sur les deux bords, poursuivi les péons aux planches, et s’est éteint mufle fermé.) Mais il a beaucoup plus de caste…

Le La Quinta après trois piques égales aurait il été aussi noble, fort et encasté ????

Encore un Indulto, ça ne valorise pas la réelle performance de Juan Bautista, (tout comme à Nîmes, tiens, même nombre de trophées) qui a été exceptionnelle…une belle mise à mort, deux oreilles et une queue me paraissaient plus juste…

N’est ce pas cracher à la face de Victorino que de gracier un toro de la Quinta quand le Victorino a été bien plus complet ?

 

L’indulto est un danger…

Que demandent les anti taurins ?

Pas de piques, et pas de mise à mort…c’est exactement ce que sont ces indulto…

Quid du public qui confond Indulto d’un toro exceptionnel aux trois tiers (je dis bien trois) a un toro noblon, voire certaines fois naïf ?

 

Torero complet

Juan Bautista a prouvé durant cette tarde, qu’il était un torero complet, contrairement à certains de ses collègues perdus, face aux toros encastés, il maitrise son toreo, a le sens de la lidia, et transmet contrairement à ce que l’on sait de lui…il s’est donné à fond, il suffit de le voir après la série, Victorino, Palla, Miura épuisé.

Belle tarde, entachée de ce nouvel indulto…

 

TROISIÈME TIERS

Victorino

Comme depuis quelques temps, les Victorino alternent le bon et le moins bon…

Là, on a eu le fond.

Je racontais en riant que Je serais à la place de Victorino père, et vu l’affront donné la veille avec l’indulto…j’aurais repris le camion et mis des fonds de tiroir dans l’arène…et bien voilà, ça c’est fait…

Nada de nada…

Quand aux toreros..Uceda Leal torée fuera de cacho, et sans intérêt….Castella ectoplasmique… et Aguilar sincère sur son second…Une oreille.

IL N’Y A RIEN A VOIR ON RENTRE.

 

CHF