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j'ai vu l'Arlésienne

Franchement, c'est une féria bizarre que celle d'Arles.

Les craintes émises à répétition par ceux qui voyagent un peu au pays du toro ont été fondées..il est grave qu'après l'avoir cherchée l'Arlésienne ne se soit montrée qu'au dernier jour au dernier toro de Margé...sinon, rien, un bout de chiffon par ci, une miurada de troisième zone (je pense que maintenant que le tiroir est raclé il ne doit plus y avoir beaucoup de bestioles au campo, et si j'en crois mes amis à Séville la légende noire est bien grisâtre..

Mais que retenir de cette féria..

Allez, d'abord les locaux, Juan Léal, j'ai peur pour lui et le choc violent reçu à la hanche aurait pu être terrible mais était prévisible, ce garçon n'est pas prêt...je l'ai écrit, il le confirme. Graeme allwright chantait:“ qui a tué Davy moore“ l'histoire d'un boxeur inapte à son sport et qui meurt sur le ring...ça n'est pas le garçon que j'attaque, mais le torero est inapte et il est en véritable danger....que ceux qui l'entourent en prennent conscience avant de le regretter.

Juan Bautista,, je l'ai bien aimé sur son premier toro, ou plus exactement, j'ai aimé qu'il le travaille comme il l'a fait, vers le bas et avec un replacement passe à passe que méritait celui-ci. Il se retournait trés rapidement et fouaillait sur les deux cornes, beaucoup se seraient échappés..même si celà ne fut pas grandiose, au moins celà avait le mérite d'être sincère..ensuite le désert (sin toros no hay corrida)

Mehdi Savalli, bien sûr au début il y a les Miura (on s'aperçoit vite de l'invalidité du lot) mais au lieu d'être simple et modeste comme le lui commanderait ses 0 corridas de l'an passé. Medhi, maigri, cheveux blanchis, répond à la claque des copains et de la famille par de l'insolence..certes ses entames à la cape restent bonnes (sans être à tomber par terre) mais ses banderilles sont approximatives, et sa façon de passer derrière les cornes en glissant sur le côté du toro n'apportent rien. On aurait pu croire qu'il se serait fait violence, mais sans discernement, il ira provoquer le président qui lui refuse trés justement la première oreille imméritée, et emportera la seconde à son second (faute de la présidence qui la lui donne pour le public et du coup en fait le triomphateur du meilleur lidiador..Franchement, il y aurait de quoi rire si cet après-midi n'avait été si triste pour une miurada.

Les mexicains, le petit Lagravère. Inclus dans une bidule étrange un apprenti rejoneador (le fils du grand Cartagena) un novillero gagnant de je ne sais quel concours, et la présentation de Michelito..pour être trés honnête, je connais son papa Vicois d'origine et ancien torero, donc mon coeur était tout de même empreint de bienveillance..Que penser du bidule? personnellement, je ne comprends pas le principe...que venaient foutre deux novilleros avec un torero? Encore auraient-ils étés tout l'un ou tout l'autre, mais là ça boitait bas..pour moi qui ne suis pas branché du tout Rejon (je ne comprends pas grand-chose au cheval et le toro accessoire ne me plait pas du tout) celà me suffit...donc Michelito, le gamin (seize ans tout de même) a déjà beaucoup de métier, et d'envie, on le sent protégé, mais vu sa taille, et son âge on craint un peu pour lui..le novillero par exemple a déja quatre ans de plus que lui. Donc Michelito a du métier, on le sait il a tué un fagot de toros avant d'arriver en Europe, il doit s'accoutumer au toro Espagnol. Il me semble aussi qu'il a une main gauche un peu faible et qu'il doit travailler ce sujet. Il tue plutôt bien, et En tout état de cause, il a sa place dans le circuit. On le fait venir progressivement et ça n'est pas plus mal.

Joselito Adame, on aurait aimé le voir avec des toros plus complet, il torèe avec sérieux et franchement, sa progression est nette, je n'ai pas été déçu. Il risque de déranger un paquet de ses confrères, le problème sera quel type de toros peut-il ou doit-il affronter? Et sera-t-il cantonné à un certain type de toros?? Obligé par les uns ou les autres. De mon avis, il peut tout prendre...et connaissant le garçon personnellement, je sais ce qu'il veut, et ce qu'il est capable de faire pour celà...il est indéniablement à suivre de près.

La piste aux étoiles, le Juli, qui avait sans doute la tête à Malaga (quand on snobe Séville) et qu'on annonce partout que là bas ce sera nul, qu'il faut aller à Malaga le voir triompher, il y a peu de chance qu'il ne se mette en danger..pas concerné, pas présent (on est content du coup de savoir qu'il pétarde le lendemain au lieu du grand triomphe..tricherie du début à la mort..l'ombre de lui-même, et même l'ombre de son ombre...

bof, les toros ne convenaient pas...ils ne collaborent pas n'est-ce pas? Alors, on élimine..et merde à ceux qui se sont déplacés...Manzanares (Dieu qu'il est bô) remporte le pactole sans franchement me convaincre. Ila  deux toros qui collaborent (je sais, je sais) le gamin se cambre, il a de la souplesse et de la posture et tant pis pour les piques, les banderilles et le reste, il tue al recibir (ça c'est vraiment à son actif) pour le reste pico par ci, pico par là, postures, et passages, les toros passent, lui, les fait passer ..le public ayant rempli les gradins jusqu'aux poutres agitent les mouchoirs...voilà, il est reparti, et le souvenir n'est pas impérissable.

La Miurada. Chaque année on le dit les Miuras sont moins bons que l'année précédente, et la legende noire, est bien grise et n'est plus qu'une légende pour faire vendre..du papier et de l'émotion. Pour qui vient de loin, comme moi, on se frotte les mains, les Miuras, c'est du trapio, de la caste, souvent du danger...là ça aura été un sous lot, cinq Miura sur six, déjà on se sent en colère, et deux qui ressemblent vaguement à ce qu'on en attend...Rafellillo comme d'hab se sauve, agite son éventail, secoue la tête et accuse les toros, Escribano laisse poser les banderilles (une seule bonne pique de Tito Sandoval, et une excellente de Marc Reynaud) et Medhi cède aux sirènes arlésiennes sans convaincre quiconque. Bref un sentiment d'escroquerie et une miurada de pueblo.

Enfin, les Margé, roulés, vicieux, à l'arrêt jusqu'au sixième, de génuflexions en Genio...des toros à lidier pour Pepin Liria le Fundi, Espla, Nimeño II.... mais là...?? Escrbano, malgré une paire de banderiles al quiebro, à son premier, de grand respect, sera en dessous tout le temps....on le sent mal remis de sa blessure? Volontaire mais hésitant; Abellan, qui participe le soir même à un show télévisé à Barcelone, et pour s'y rendre prend un avion privé...qui sommes nous, nous pauvres minables aficionados, qui nous tapons des centaines de kilomètres en voiture pour voir ça....quel respect...Enfin Ureña, qui n'en finit pas d'être triste, il touchera les deux meilleurs (ou est-ce parce qu'il s'engage vraiment?) je reconnais qu'il applique un toreo d'ascèse, les trois temps de la passe, mais quelle idée de péguer (je parle l'Arlésien couramment) des redondos à des Margé dont le second, un vrai toro de bandera à l'aise à la pique, suivant aux planches, aux banderilles, figé en milieu de piste, et embistant corne droite, corne gauche..a dévoré le jeune homme, malgré ses bonnes intentions...et l'a entrainé à ses limites techniques...un moment très agréable qui ne sauve pourtant rien du tout...un toro et demi sur une féria c'est peu...

Un dernier mot sur les antis, 160 venant de cinq pays différents (ils s'essouflent ) se sont fait prendre pour une trentaine d'entre eux aux arènes et fichés sont passibles d'une plainte qui va s'accumuler au reste puisque ce sont les mêmes filmés et photographiés à Rion, Rodilhan Alès...

Bref, j'ai cherché l'Arlésienne, je l'ai entrevue au tout dernier toro...comme le dit le slogan: “ Le changement, c'est pour quand?“

CHF