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jose Tomas

C'était un soir d'été.

Nous étions autour d'une bonne table et la discussion devenait virulente. Lui, me vantait Morante et moi je lui parlais de José Tomas.

Il faut bien avouer que ce genre de discussion ne mène jamais à rien, car au final comment comparer un torero à un autre?

Chacun a ses spécificités, ses gestes, sa façon de faire. Et les deux font partie d'une certaine élite (Pour ce qui me concerne JT est totalement à part).

Longtemps j'ai cherché à comprendre ce qui me séduisait dans son toreo, et au final je ne trouvais que deux trois petites choses à dire mais essentielles. De Morante, j'adore la ceinture, l'absorbtion de la charge, les talons posés au sol, le lancé de muleta et la tête rentrée en profondeur dans les épaules.

De José Tomas, son courage absolu, son abandon, mais surtout sa propension à faire tourner le toro autour de lui, en luis faisant effectuer le point d'interrogation. Mais surtout la façon de décomposer sa passe, bien sur la tenue de la muleta vers son milieu, la main tendue de trois quart face, et l'absorbtion de la charge en baissant la main le long de la hanche et non pas en rond et vers l'extérieur, au contraire, il entraine le toro dans la "Barriguita", le ventre de la muleta, le coeur du tissu, la corne frôlant le tibia, le tissu trainant au sol, le centre posé au sol quand la main est déjà derrière. Décomposer la passe, c'est analyser au même titre que l'on reconnait un trait de Picasso, ou une couleur de Brueghel....bref, sans voir le visage je reconnaitrais je crois la Patte de José Tomas.

Bien sur, certains argueront que l'homme ne prend plus que du toro commercial, voire plus que collaborateur, bref qu'il ne prend plus de risques....c'est évidemment vrai et totalement faux...un paradoxe total, car aucun autre ne prend autant de risques, dans le positionnement, dans les trois temps de la passe, dans l'esprit éthique de la tauromachie.

Bref.....Vous me direz quelle mouche le pique? Parler de José Tomas, alors qu'il se fait si rare?

C'est juste que les images du Mexique ou Pépé Tomas (comme l'appelle avec tendresse mon ami Gaston)  a fait une actuation que peu de gens on commentés en Europe...Sauf que celà a été un régal de faena...mais les "aciers défecueux" comme disent les pros n'ont pas permis le triomphe attendu. 

Au delà de ça, Simon Casas qui cherche un gros coup à faire à Madrid ou ailleurs...commentant le retour de Morante pourrait essayer d'organiser un mano à mano Morante, Tomas. Autant dire voyez caisse comme le dit l'expression. Je ne sais si celà se fera, mais si celà était, je vous parie que la discussion qui commençait ce post, prendrait tout son suc, car la nuit qui suivrait cette course pourrait durer une éternité.

CHF