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JOSELITO ADAME

 

 

Mexico le 26 Janvier 2014

Toros de Villa Carmela, plus un sobrero de Montecristo (3ème)

El Pana, silence et sifflotements tristes pour sa despedida

Morante silences de sépulcre

Joselito Adame deux oreilles et ovation

 

Séville, Avril 2012

Le grand hall bruisse de mille mots.

Quelques femmes, bronzées papotent en buvant une boisson fraîche dans la fumée des puros.

Les hommes parlent affaires.

Le costume couleur tabac, la chemise blanche, la cravate assortie, ici, le luxe, et la retenue.

Dans la touffeur du soir, la climatisation donne un regain d'énergie à ceux que la chaleur du mois d'Avril incommode.

Soudain un murmure plus ample.

Dans la grande porte de l'ascenseur, un tout petit bonhomme apparaît, visage d'aztèque, fragilité apparente, un sourire un peu figé...il est de la taille des Espla, des Rincon, des Robleño...Joselito Adame vient vers nous.

Venez, dit-il comme gêné.

Mais déjà il doit signer des autographes, des billets, des affiches, se laisser prendre en photo...

Visiblement, José n'a pas l'habitude..mais il s'exécute, avec gentillesse.

Au final nous nous retrouvons à boire un verre avec lui, à l'écart, avec sa cuadrilla.

Il vient de triompher à la Maestranza devant des toros noblons du Conde de la Maza..

Mon ami Jean François Nevière, le président de Mexico Aztecas Y toros, est fier d'avoir pour son association un tel parrain..Il le lui dit...José est gêné..on discute, il cherche un apoderado, après cette tarde peut-être que...le téléphone a déjà sonné.

Cela m'inspirera quelques lignes sur le web, et dans la revue, DE “M.A.Y.T“ dont le quatrième opus sort ces jours -ci...

http://mexicoaztecasytoros.com/news/news.php

 

Hier à la monumental de Mexico, autre paire de manche.

Quarante mille paires d'yeux ne le quittent pas d'un pas, l'enrobent d'amour..Malgré Morante, malgré le départ du Pana..

Mexico a retrouvé une idole..

Plus prosaïquement il est devenu “bancable“ (prononcer ban quai beul) ...comme on dit de nos jours...pour la “taquilla“.

Et les aficionados ont découvert un artiste au courage froid, capable d'aller sur le terrain du toro, de chercher la corne opposée.

Lui, ne tourne pas le dos au toro, il avance la jambe, il avance la main, se croise, et sait aussi enchaîner les passes...

C'est que les Mexicains l'adulent, il est celui qu'il faut voir.

José sent cette pression et l'assume, au fur et à mesure que les gradins se remplissent..

Il en paye le prix, de chaque côté de l'océan, il fréquente les lits d'hôpitaux, et connait la morsure brulante de la corne, mais cela fait partie du jeu.

Pas de grandes déclarations, et pas de concessions, sa tauromachie, c'est celle des grands toreros.

C'est un taiseux, mais il agit...

Certes les toros d'hier étaient faibles, mais il tira tout ce qu'il en pouvait, et surtout comme à Madrid, Séville cette année et partout ou il est passé, il torée en chargeant la suerte..il convainc, et il triomphe.

Morante aura deux grabataires, aux cornes courtes, trois petites passes et puis s'en va, de vilaines épées à la clef et le Pana aura fumé son cigare dépité, et fait une despedida Mexicaine tristounette..loin de ses rêves de gloire et des pépites offertes le 7 Janvier..

 

Que l'on n'aie pas vu Joselito Adame en France l'an passé, m'a paru être une hérésie.

Dans la ronde bien huilée des mêmes toreros, pour mêmes toros, dans la torpeur des longues, trop longues faenas données à des toros faiblards...

Dans les quelques guerres de tranchée que l'on a pu voir, avec les vaillants toreros en O...il a manqué, car c'était une saison pleine..sa saison.

Il est au moins au niveau de Fandiño et il me tarde de les voir face à face avec du bétail sérieux..

je sais que cette saison il a quelques contrats, en France et qu'il faudra aller le voir...

Parce que il a pris une véritable dimension, que les oreilles prises à Mexico n'ont pas été volées, loin de là..que le garçon est charmant, et qu'il draine derrière lui cinq ou six toreros mexicains qui pourraient bien montrer à certaines figuras qu'ils ne sont pas aussi indispensables qu'ils le croient ...que les empresas Mexicaines qui mettent la main sur le marché Espagnol, vont sans doute essayer de le récupérer.

Alain Lartigue s'occupe de ses intérêts ici, ce qui laisse augurer quelques dates prises dans le Sud Est et d'autres à venir dans le Sud Ouest...

 

Joselito Adame, est à suivre sérieusement, car il n'en est qu'au début de son parcours (même si il torèe depuis l'âge de dix ans), mais qu'il a acquis maintenant cette maturité nécessaire aux tous grands.

 

CHF