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Joyeux Gomez...

Joyeux Gomez....

La soirée suivait son cours entre canapés et Vins de Gascogne, mon ami récent, aficionado practico à ses heures et capitaine d'entreprise aux autres, décida de me montrer son actuacion enfouie dans les méandres de son téléphone mobile, avec retenue......et une vache de presque deux ans...

Il me décrivit sa trouille, (alors qu'une perle de sueur fit briller son front), devant la bête qui faillit le manger tout cru lors de sa seconde passe...en suivant, on essayait de se remémorer les meilleurs moments taurins de la temporada passée..il me posa la question fatidique et classique ...c'est quoi ton meilleur souvenir de 2019....question délicate...mais à laquelle je ne tardais pas à répondre....fi des Domecq même si la Juan Pedro de Dax, fi des La Quinta, et autres Pedraza ...Fi de plein de choses ce qui me sauta à l'esprit c'est Morisqueno...un toro de Saltillo de presque six ans...lui, avait un coeur blanc sur le frontal et Gomez del Pilar un coeur en airain, tant cette course à l'ancienne relevait des batailles antiques...c'etait à Ceret..

Ma première image est la sortie tumultueuse de Morisqueno, centre piste, humant l'air chassant tout ce qui bougeait, du coeur de piste au callejon, frappant les planches, la tête basse dans la charge, la queue levée au ciel...une ôdeur de soufre, Satan sortant des enfers...et ce coeur blanc entre les pitons sombres porteurs de mort...terrorisant...

La seconde image c'est Gomez Del Pilar, le coude appuyé sur les planches, tranquille, calmant toute son équipe...je revoyais Espla, avec le même sourire calme et serein..tu me veux, je te viens...et on va voir qui de toi ou de moi aura raison de l'autre.

La troisième image c'est la charge et la poussée du cheval monté par Tito Sandoval, il avait vu le poison, replaça sa pique mais laissa le terrain à son toro qui le repoussa jusqu'aux planches...par trois fois le toro chargea...poussant tout en s'avisant peu à peu...

Enfin, la bataille, aux limites du raisonnable, mais la véritable tauromachie l'est elle? Le souffle coupé, le combat des péons appelés à saluer, le genou fléchit de Gomez Del Pilar, les séries croisées, chacun des deux adversaires prenant tour à tour le dessus l'un sur l'autre...et enfin le professionalisme du Maestro sur son épée une demi, qu'il réitéra pour une entière sincère, et libératrice pour lui comme tout le public, en apnée totale....Ce type est un héros.

C'est en tout cas, pour cette saison, LA Corrida, celle qui justifie toutes les autres....dis-je à mon ami en redescendant de l'arbre aux souvenirs...sourire aux lèvres et coeur léger...Joyeux Gomez dis je avec un clin d'oeil....

CHF