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la chambre des députés

La chambre des députés

 

 

J’ai hésité longuement à retirer l’accent du second  “e“ du mot députés.

Qu’ils siègent à la chambre ne nous étonne plus tant ils ont tendance à se coucher comme la première prostituée venue devant tout ce qui peut faire le buzz.

 

Qu’il cèdent (notamment à gauche) à une députée verte, connue pour avoir soutenu “l’insurrection de Dax“ entendez par là qu’elle a soutenu ceux qui ont violé un arrêté municipal, et mis le feu sur un pont insultant à qui mieux mieux tout passant et soutenu les deux adjointes, (dont l’une est voyante….sic), et qui ont été limogées, pour avoir participé à la charge haineuse des anti taurins au plus fort de leur violence.

 

Qu’ils accueillent au sein de l’assemblée même une starlette dont on ne connaît que la couleur du maillot, et le tour de poitrine botoxé, alors que notre République n’en peut mais du chômage, des attentats, de la sécurité, des problèmes vrais, est une honte pour notre république.

 

Aujourd’hui Mercredi, 700 éleveurs et autres artisans de la filière palmipède, étaient devant la préfecture à Mont de Marsan pour ne défendre rien d’autre que leur quotidien, leur métier, leur vie en quelque sorte.

Cette dichotomie entre le people et le réel est affligeante.

Comment ne pas avoir la haine face à ce spectacle honteux.

Champagne et petits fours d’un côté, l’anxiété des mains calleuses de l’autre.

 

Madame Labeille une fois de plus s’est faite remarquer du haut de son balcon doré.

 

Mais le type là en bas, avec son béret qui attend qu’on lui explique comment il va bien pouvoir vivre sans son boulot, sans ses canards ?

Elle n’est pas responsable bien sur, de la fameuse grippe aviaire, mais comment dire, demander la fin du foie gras en ces temps difficiles est plus qu’une faute de goût c’est une erreur politique.

Que les agriculteurs meurent chez eux dans leur terre, ne l’empêchera pas de boire son champagne frais avec sa starlette Américaine, bouffant des salades de fruits et légumes couverts de produits chimiques, qui vient nous expliquer comment vivre.

Et notre presse nationale, une presse à plat ventre, pour deux seins siliconés, et une paire de lèvres qui ressemble de plus en plus au bec desdits canards.

 

Je rappelle  simplement que nous avons à peu près dix pour cent de la population au chômage (pour ceux encore inscrits) et que nous sommes en guerre pas seulement contre le terrorisme mais contre une économie et des lois iniques, que plusieurs centaines de milliers de personnes vivent sous le seuil de pauvreté…des retraités qui ont forgés et fait vivre ce pays, des jeunes sans emplois, des parents seuls ou pire à deux, même à Paris.

Les soucis des Français sont ailleurs quand eux se complaisent dans la fange.

 

Les avertissements reçus ces dernières années font marrer les mêmes députés qui si ils veulent bien tout interdire, (Tous les mois, une nouvelle loi sort, pour brimer nos libertés) sont soutenus par des groupuscules, et une bien pensance dont l’économie animale (regardez les proliférations des pubs pour animaux) est le garant pour ce qui concerne le sujet qui nous préoccupe.

 

Les culs terreux, les sans dents, les pécores vont un jour se fâcher, et il ne suffira pas d’une campagne de presse bien orchestrée, comme pour les régionales, pour arrêter une marche de ceux qui n’en peuvent plus de bosser, d’en crever, et de voir ce spectacle minable proposé à la chambre des députés.

 

Les bobos parisiens se sont jetés sur Pamela Roploplo, suivis comme des toutous par les porteurs de carte de presse, on l’a vue dans différentes émissions ânonner quatre phrases, donner ses leçons de vie, elle qui me fait immanquablement penser à de la chair à canon pour TV réalité, et qui représente exactement le contraire d’une vie naturelle et saine.

 

Drapée dans les ors de la république, madame Labeille se frotte les mains, alors que dans une petite ferme du Sud Ouest une famille se tord les mains à ne pas savoir par quel bout prendre le problème, et que tout un pan d’économie vacille, mais ça, les députés s’en foutent.

Ils feront venir du foie Gras d’un autre pays moins contrôlé, moins suspect.

Savent-ils seulement à Paris que les canards volent et que les oies aussi, qu’ils ne connaissent pas les frontières, comme tous les oiseaux, et parfois même pour certaines oies, par la Pan Américan ?

 

Les ors de la République ne trembleront pas, et la mémoire de la plupart de ces députés ne restera que dans les histoires de famille, tant ils sont transparents à nos yeux.

Ceux que je vois, moi, ce sont ceux dont la colère monte encore d’un cran, comme la vieille dame de Rion des Landes, le vieux monsieur qui chasse des oiseaux depuis toujours et que Bougrain du…. Est venu piéger un matin caméra au poing dans son propre jardin, en bousculant sa femme âgée elle aussi.

 

Labeille et les autres n’auront rien changé de leur siècle et retomberont dans l’anonymat qu’ils méritent celui de notre dédain.

 

CHF

La chambre des députés

Ne pas oublier le rôle de sa consoeur Geneviève Gaillard rompue au parlementatrisme puique son père a été lui aussi très longtemps député des Deux Sèvres puis Questeur de l'Assemblée Nationale. Elle a été cheville ouvrière de ce pince-fesse où les journalistes se sont empoignés pour saisir des images.

C'est de la com et du lobbying, cet épisode puisse-t-il rappeler à l'UVTF que dans le plan qu'elle a voté à l'unanimité figurent des actions de ce type. Et que nous aficionados attendons que ce plan aille au bout de ses objectifs...

D V

 

 

Je crois que Mme Abeille n'aura réussi qu'à se ridiculiser encore un peu plus. Je suis de l'avis de CHF, ce show médiatique restera dans la conscience collective comme remarquablement lamentable ...Que Mme Anderson n'apprécie pas l'un des fleurons de nos spécialités culinaires ne peinera pas grand monde. Cet évènement ne fera aucun tort au foie gras mais aux politiques et aux journalistes sûrement, à Mme Abeille, tant mieux !, 

Il faut certes faire du lobbying pro-taurin. L'UVTF dispose, avec ce que lui a livré André Viard, de supports beaucoup plus intéressants que Pamela, encore faut-il qu'elle veuille et sache les utiliser ... 

JJ D

 

 

Il faudrait mourir

IL FAUDRAIT MOURIR

 

Szabo a haussé les épaules.

Sa bouche aux grandes dents s’est entrouverte, il a esquissé un rictus.

Szabo a posé le gros pinceau qu’il avait à la main et m’a gratifié d’un haussement d’épaule.

Comme s’il s’en foutait un peu.

Dans mes mains la photos de Thomas Dufau au Mexique appuyé sur une barrière qui semble faite de roseau.

La grande tournée s’est résumée à une corrida dans ce bled improbable de quarante mille habitants

Tizimin, dans l’état du Yutacan, Mexique ?

Pas loin du golfe du même nom, ou les Espadons et les marlins font le bonheur des pêcheurs au gros.

Une ville d’aficion  ou l’on peut voir à l’ancienne des types juchés sur des barrières paraissant instables, ou des “gauchos“ attrapent les toros au lasso, ou la fête rituelle semble plongée dans les limbes du temps arrêté, ou les barrières de roseaux tressés servent de talenquères comme on dit chez moi.

La photo est impressionnante et rappelle immanquablement la vallée de la mort à l’époque ou les toreros se fadaient des vaches de sept ans ou des toros déjà deux ou trois fois toréés.

Thomas visse sur sa tête sa montera, il va partir au combat, quelques lignes lues, le toro est faiblard, Thomas applique ses connaissances, cela suffit, il emporte une oreille.

Exit.

Szabo crache par terre.

Il murmure comme pour lui-même : “ Pas D’issue“

Je ne sais pas si il parle d’une quelconque échappatoire pour le cas ou le toro poursuivrait quelqu’un ou si il s’agit de la carrière de Dufau ?

Thomas ce weekend était chez les amis et voisins Gersois.

Là, ça va mieux, un toro du voisin Malabat, faible, qui passe à droite et retord à gauche, il fonce sur l’homme…Szabo crache encore au sol.

  • La fixité, mon Dieu, la fixité. (il ne parle pas, il se parle..)
  • Qu’est ce que tu veux dire ?

Szabo me regarde par dessus ses lunettes, il a arrêté son geste, la peinture fait comme une virgule.

  • il faut savoir fixer un toro. A la pique, à la cape, à la muleta. La plupart des toreros rompent et reviennent sur la bonne corne, mais faire rompre un toro sur son mauvais “piton“ hombre, par le bas. Ils n’y arrivent pas tous ces types qui veulent faire des passes avant de faire rompre le toro.

Pourtant quand il rompt, je te jure il passe et tu en fais ce que tu veux.

On voit même des toreros ne travailler qu’un côté…sin Verguenza, et ces présidents qui font jouer la musique….pas grave qu’on nous dit, il faut que le public soit content.

Peut-on être content ?

  • Il a encore pris une oreille.
  • Tu as bien lu ? Deux pinchazos, une demi, et une entière et on lui donne une oreille ? Sin Verguenza.
  • C’était un festival tu sais

Szabo se retourne, se rassoit sur la caisse de plastique qu’il avait quitté un instant. Sin Verguenza répète-t-il en haussant les épaules.

Et ça va être ça partout dans le sud ouest toute la saison.

  • Szabo ?
  • Hum (répond-t-il d’un air ennuyé)
  • Tu as vu Camille Juan ?
  • Ah voilà un torero qui mérite.
  • Oui, le pauvre, il ne peut pas toréer, sans contrats, il ne torèe pas.
  • Et alors ? Szabo pivote sur sa caisse, repose le pinceau, s’allume une gitane que je ne croyais même plus exister.
  • Alors, il a cassé sa maigre tirelire, il s’est acheté un toro chez Darré et a invité les membres de différents clubs taurins, et autres organisateurs.
  • Et alors ? la moustache à l’ancienne, un peu blanchie par le temps et jaunie par la nicotine, est proche de l’incendie, le mégot se consume à grandes lampées. Il tousse.

Il est plus très jeune celui-là ? Le wagon est passé non ?

  • Justement il voulait montrer ses intentions, le toro était un vieil animal retord.
  • Camille, il s’est fadé ce que la planète toro a de plus sérieux, sans démériter, sans grands triomphes non plus. Tu sais, des comme lui, malheureusement, il y en a un paquet. Dans les corridas dures aussi, la mafia taurine agit, ils sont quelques uns à squatter le marché.
  • Oui, je ne sais pas qui, exactement, l’aura vu, il semble qu’il n’ait pas été mauvais.
  • Szabo crache la Gitane, reprend son pinceau, pas été mauvais, ce n’est pas être bon non plus. Et puis, ils s’en foutent tu sais, des méritants.
  • Pas toujours, regarde Lamelas, Valencia etc…
  • Oui, oui, ça ne dure jamais tu sais, si tu es dans la bonne écurie ça va, sinon, tu fais comme moi tu apprends un métier

Allez, éloigne toi que tu vas te tâcher.

Il se met à siffler.

Je le regarde peindre son bateau, Szabo, il s’y est essayé mais il a vite compris, la cicatrice qui lui barre le ventre de part en part en atteste. Le jour où il a compris, il a monté sa petite entreprise, et il n’a plus jamais regardé en arrière.

Je le vois reculer sa tête frisottée pour admirer sa peinture, il est méticuleux.

Les câbles claquettent doucement sur le mât, dans le vent qui monte de l’océan il me semble entendre :

“Quelques fois il faudrait mourir pour prouver qui l’on est.“

 

CHF