2 toros de Fermín Bohórquez pour Léa Vicens

4 toros de Nuñez del Cuvillo pour Sébastien Castella

 

Il a manqué à la partie pédestre, un élément essentiel, le taureau

 

José María Manzanares initialement prévu au cartel ayant dû déclarer forfait suite à une récente opération chirurgicale, Sébastien Castella avait accepté de tuer les quatre taureaux, Jérémy Banti intervenant en qualité de sobresaliente.

Arènes aux trois quarts pleines, soleil agréablement tempéré mais rafales de vents gênantes pour les officiants.

Durant le paseillo une minute d’applaudissements est observée en mémoire d’Iván Fandiño et des personnalités du mundillo disparues depuis un an.

Léa Vicens ouvre le spectacle et intercale son second Bohoquez en 4ème position. Elle n’a peut-être pas soulevé l’adhésion populaire, public relativement froid tout au long de l’après-midi, que sa prestation méritait. Pour ma part, je l’ai trouvée excellente cavalière, élégante, allurée, souriante, habitée du plaisir de toréer qu’elle semble transmettre à ses magnifiques chevaux. Mais étant ignare en matière de rejoneo, j’invite les connaisseurs à se reporter au compte rendu de Freddy Porte sur Toro Bravo, cliquer ici.

Les Nunez del Cuvillo, petits, aux cornes discrètes, tous faibles, sans forces, ne furent pratiquement pas piqués, arrivèrent tous au troisième tiers bouche ouverte. Trois sur quatre manifestèrent une noblesse imbécile et ennuyeuse, seul le quatrième montra un peu de violence dans la cape et joua des cornes.

Des taureaux indignes d’une plaza qui se veut de première catégorie.

Le premier sorti pour Castella, un mulato né en septembre 2012, annoncé à 515 kg, aux courtes cornes dont les pointes “s’escobillèrent” dès qu’elles trainèrent dans le sable, se prête à d’amples véroniques parfaitement “templées”.
Une brève pique tout de suite relevée, puis un picotazo. Ce sera le tarif unique pratiqué dans cet après-midi.
Très joli quite par tafalleras, certaines prolongées en cordobinas.

Castella offre la mort de ce taureau au Père Yannick Casajus, archiprêtre de la Cathédrale Saint-Etienne d'Agde et Aumônier des arènes de Béziers.
Début au centre de l’arène par série de derechazos donnés à genoux. Ensuite, il poursuit à mi-hauteur pour maintenir debout le faible et noble animal alternant de belles séries des deux mains.
Epée entière et d’effet rapide, une oreille.

Son deuxième taureau est un castaño né en décembre 2012, annoncé 495 kg mais qui semblait moins lourd. Belle entame par véroniques donnée en se fendant, un genou en terre. Deux rapides semblants de piques. Puis Jérémy Banti est autorisé à intervenir et donne un quite par trois chicuelinas et revolera.
Bonne paire de banderilles à l’actif de Marco Leal.

À la muleta, Sébastien profita des deux à trois charges longues que possédait l’animal puis se rapprocha quand il perdait ses forces et s’agenouillait. Cette faiblesse enlevait tout intérêt au travail.
Épée d’effet rapide. Silence.

Son troisième taureau est un colorado né en janvier 2013, annoncé à 490 kg.
Rien à la cape. Un soupçon de picotazo et Castella demande le changement. Le président tient bon et il y aura une seconde rencontre, sans pique, interrompue dès que les cornes auront touché le peto.
Quite par chicuelinas serrées et revolera.
Banderilles réduites à deux paires étant donnée la faiblesse du bicho.

À la muleta, début par passes hautes enchainées sans modifier la position. Ensuite, malgré le vent devenu de plus en plus violent, Sébastien réussit quelques superbes naturelles dessinées au ralenti. Puis, comme le taureau manque de présence et de moteur, il s’applique à donner une fin “incimiste” au ras des cornes mais sans communiquer l’émotion tant l’adversaire est inconsistant.
Un pinchazo, une entière efficace.
Une oreille accordée sur demande de mouchoirs minoritaires mais pas protestée.

Le dernier taureau est un negro burraco né en octobre 2011, annoncé à 498 kg.
Violent dans la cape, il sera un peu plus difficile que ses congénères. Comme eux, cependant, il ne supportera que deux piques insignifiantes.

À la muleta, il fallait le soumettre. Après avoir “brindé” au public, le maestro s’y employa avec succès, parfaitement à droite, un peu moins bien à gauche. Fin incimiste prolongée.
Un avis. Une bonne épée entière. Agonie spectaculaire.
Une oreille encore sur demande d’apparence minoritaire mais applaudie.

Sébastien Castella est sorti en triomphe d’une corrida qui n’a pas été triomphale à cause de l’insuffisance des taureaux de Nuñez del Cuvillo.

Présidence de Michel Daudé assisté de Pascal Lopez et Bertrand Couronne.

 

Jean-Jacques Dhomps