Roquefort des Landes, 14 août, novillada de Saltillo
pour
Javier Marin, Manolo Vanegas et Guillermo Valencia

 

Les Saltillos, étaient magnifiquement présentés, il faut cependant déplorer les cornes du quatrième astillées et surtout celles du cinquième, qui souleva dès son entrée en piste les protestations du public, arreglado ou afeitado ?….

Les Saltillos ont vendu chèrement leur peau, encastés et braves, mais possédant une noblesse piquante qui ne pardonnait aucune erreur. Les novilleros passèrent à coté de quelques oreilles.

Les tercios de pique furent mouvementés, deux chutes de la cavalerie et des picadors qui s’en donnèrent à cœur joie (carrioca inutiles, pompage, piques traseras et dans les épaules) pour réduire le moral des braves Saltillos, en vain.

Des 6 novillos on retiendra le dernier du nom de Jardinero. Bien dans le type Saltillo, il prendra quatre piques en brave, les deux dernières depuis le centre de la piste et au galop. Malgré un fort châtiment à la pique, il resta maître de la piste, mettant au passage la cuadrilla en déroute.

Au dernier tiers à défaut de trouver un opposant à la hauteur de sa caste, il s’avisa, rendant toute approche difficile. Un grand novillo qui aurait mérité une vuelta.

Face à ces novillos, plein de caste, les novilleros restèrent en dessous des possibilités offertes.

Javier Marin, à parut avoir bien peu de métier face à de tels novillos. Jamais dominateur, toréant sur le passage et avec le pico il ne laissa pas un grand souvenir. Il écouta par deux fois le silence respectueux du public.

Manolo Vanegas est un novillero habitué aux novilladas dures (Escolar, Curé de Valverde, Valdellan, Saltillo, El Añadio), il fit une jolie faena devant le cinquième, conclue d’une belle épée, mais laissa son picador invalider son premier novillo. Salut généreux et oreille.

Guillermo Valencia, fit face de belle manière à son premier opposant, livrant de bonnes séries des deux bords, il sut s’arrêter juste à temps avant que le novillo ne se décompose. Une belle épée sin puntilla vint parachever la faena.

Il rendit les papiers devant l’excellent dernier, ne trouva jamais le sitio et n'imposa pas sa domination. Oreille et silence.

En conclusion : une novillada passionnante, par le jeu des Saltillos, un grand novillo non exploité, et des novilleros dépassés par la caste. Une novillada dont il faudra se rappeler lorsque l’heure des remises de prix aura sonnée. Dans les mauvais points : la coiffure du cinquième novillo, et l’affluence, seulement une petite demie arène.
                                                                                                   

                                                                                                                           Alexandre Delcasso