Vic le 20 septembre 2015

Course de novillos

« Ce n’est pas la vérité en soi qui est désagréable, c’est la perte de l’illusion correspondante ».

La vérité c’est qu’il y a peu de monde même à Vic pour une course de novillos très sérieuse. Prévue au départ avec des « Hoyos » de la Gitana », cette course a été remplacée par un lot de « La Cruz » (Granier) au tout dernier moment. Une note mise sur les murs faisait état d’un incident dans les corrales. En réalité nous apprîmes que les « Hoyos » avaient contracté (à partir de jeudi) une maladie qui paralysait quasiment leurs membres inférieurs.

En quelques heures le club taurin Vicois a pu fournir 7 « Granier ». La suite montrera que parfois les remplaçants se montrent à la hauteur des titulaires, voire plus.

Les vrais aficionados à los toros auront été comblés : 21 piques (3 pour certains, 4 pour d’autres) prises avec bravoure en partant de loin.

La présentation était remarquable et la course alla « a mas » avec en point d’orgue un 5e qui bénéficia d’une « vuelta » al ruedo amplement méritée. Le 6 aurait dû connaître le même sort mais le président en a décidé autrement. Le 2e et le 4e ont été applaudis à l’arrastre.

Le bilan comptable est le suivant :

Manuel Vanegas : 

     -   salut au tiers après une épée très engagée et 2 descabellos

     -   1 oreille après une entière

Guillermo Valencia :

-          Avis et silence

-          Vuelta du novillero et du novillo. L’oreille aurait pu être accordée après une épée foudroyante.

Joaquin Galdos :

       -      Sifflets à son 1er qu’il n’a pas voulu voir

-            Silence au dernier qui méritait mieux.

Que retenir des trois novilleros ?

   Manuel Vanegas hérita d’un 1er novillo léger et très bien dans le type. Il mit trois fois le Granier au cheval et après un travail des deux côtés, son épée très engagée fut suivie d’un descabello.

Le 4e, très bien présenté, permit un travail de cape intéressant.

Le troisième tiers fut essentiellement à gauche. L’épée entière entraîna l’octroi d’une oreille (la seule de l’après-midi).

   Guillermo Valencia. Le joli negro fut accueilli par une « larga de rodilla ». Les 4 piques, dont la dernière fut cassée, restent un grand moment car l’on sait que ce tercio est essentiel. La faena se résuma à 5 séries à droite et une à gauche.

Après 3 épées et un avis suivi d’un descabello le toro meurt en brave.

Le 5e s’avéra difficile à la cape et les 4 piques prises avec bravoure permirent un bon travail à la muleta grâce notamment aux remarquables qualités du novillo.

Le président n’écouta pas la pétition du public mais préféra mettre en valeur le novillo. Avait-il tort ?

   Joaquin Galdos hérita d’un animal plus lourd (3ans 3/4 ). Il le brinda paradoxalement au public alors que manifestement il le craignait fortement. Après quelques semblants de passe, il exécuta le « Granier » par un bajonazo.

Le dernier avait un « berceau » magnifique. Les quatre piques ont été reçues (notons que lors de certaines courses de toros actuelles cela constitue quasiment le total de tout l’après-midi !)

Lors de la faena, sa muleta fut souvent accrochée. Il se croisa peu et mit beaucoup de distance avec l’adversaire.

Après un pinchazo et 3/4de lame basse (avis) le brave novillo qui méritait aussi une vuelta, s’éteint en luttant jusqu’au bout.

Bravo à cet élevage qui aurait pu sortir dans n’importe quelle arène de catégorie. Mais un regret : comment le public n’a-t-il pas invité le ganadero à saluer alors qu’ici ou là, on fait des vueltas pour beaucoup moins ? Il faudrait se poser des questions sur la versatilité des personnes en tout domaine.

La présidence fut sévère mais cohérente « le courage est de faire ce qui est juste ».

 

André Régagnon