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Le beau l'abrupt et le truand

 LE BEAU, L’ABRUPT, ET LE TRUAND

 

…..“ASSEZ, ASSEZ, ASSEZ“, Chantait Nougaro.

 

Assez des Domecq, même les “Torerista“ en ont marre, il reste quatre touristes en short rose, et quelques affidés invités pour dire que le public est dur ici.

Mais quand tu es dans le désert, il n’y a rien d’autre que du sable.

 

JPD peut bien nous expliquer que ses toros plairont aux aficionados, que les toristas ne comprennent rien à rien (si, si, c’est écrit sur la brochure) il est comme un politique que sa base lâche peu à peu.

Des promesses, il y en a eu, le monde sera meilleur, la beauté est un art taurin, mes toros sont encastés et nobles, bla bla bla bla.

Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent.

Car au moment ou le dernier torero quitta la piste, il n’y avait plus personne au callejon pour écouter bronca et sifflets.

Louis Seize forgeait des clefs quand la plèbe forgeait les piques.

Un monde je vous dis.

 

Rembobinons.

Entre “dureté“ et “naïveté “ il y a un monde.

Et ce monde c’est nous, vous savez ceux qui payent, n’y connaissent rien et qui faisons vivre les marchands du temple.

“Il était si petit, qu’on aurait dit qu’il était loin…“ ca résume la course, en gros.

 

Le très, très, très beau José Mari, tout de nuit vêtu, traine son ennui de vieille comtesse qui a tout vu et qui recevrait en son château le bâtard de sa nièce, arrivant du 9/3, chewing-gum en bouche, casquette à l’envers sur la tête, surmontée des écouteurs dont le RAP dégoulinerait à pleins décibels.

Il s’ennuie, et rien ne l’intéresse, vraiment.

Ses moues, son attitude nous indiquent bien que nous ne sommes pas du même monde.

Lui il pèle pommes et oranges au couteau.

Il regarde sa montre de IWC à 32000 euros en baillant.

Il laisse son premier, un gougnafier qui ose lui sauter au visage, en le snobant, royal.

On le vit faire un effort sur son second exemplaire tirant les passes fil à fil, comme l’on défait les nœuds d’une pelote de laine, mais l’ennui le gagna comme les autres.

Technique à souhait il fit le métier, sans passion, sans envie, sans rien transmettre.

Même la mise à mort (je le considère comme le meilleur tueur du circuit) est baclée.

Un petit sourire triste, un coucou de la main, celui que font les enfants quand ils repartent le Dimanche après une journée d’ennui à la campagne, à leurs vieux parents. (Chacune des femmes qui m’entourent dans les gradins m’a assurée que c’était pour elle)…et hop, il a disparu.

Jaloux ….vas !!!

 

A ceux qui s’étonnent de l’oreille de Padilla je rétorquerais qu’après trois ersatz de toros commodes de cornes, et sans fond, on ne peut avoir que de l’Ersatz de toreria.

Alors l’ennui aidant, et ayant bien compris que la féria montoise n’est pas Nîmes et que donc le champagne ne coule pas à flot dans les gradins surchauffés, ceux-ci s’amusent avec Padilla.

On le sait, le pirate adore quand le public le harangue, ou le conspue, il s’en fout il monte au mat et vous fait un clin d’œil et du coup ne voit pas ceux qui lui font des gestes obscènes.

Il passe à l’abordage et peu importe si le navire qu’il attaque n’est qu’un bateau gonflable, d’un coup de crochet il banderille la coque fragile, il torèe tout phare éteint.

Il surfe sur la vague et demande à sa bande de déployer les étendards à son effigie.

“Pirate“ disent les vieilles de la Pub.

Sans vergogne il prend le trophée et l’exhibe au peuple qui se marre ou le hue, imperturbable il trace, toute voile dehors, sur le sable surchauffé au nom de cette “vulgarité“ qui donne le hoquet aux gens de la haute.

 

L’abrupt Thomas, commença sa première faena avec la profondeur nécessaire, mais très vite et comme d’habitude il se perd sur les chemins pourtant dessinés, tracés et balisés.

Il me fait penser à Sébastien Viard l’ancien arrière de Brive champion d’Europe en 97. Il était capable du meilleur comme du pire, et comme il se perdait souvent dans le jeu, on l’appelait : “la boussole“ ben Thomas c’est pareil.

Même le pack de la Chalosse au soutien arrive à s’y perdre.

Du jeu ouvert à la bagarre générale.

Carton jaune sur son premier, toréable à souhait, mais sur la tête duquel il alla s’asseoir à coups d’éventails incompréhensibles.

Prendre un carton jaune en finale, c’est à coups sur, la perdre.

 

Porta Gayola

Passes à genoux. (Même là, il est plus grand que le toro) mais y mesure combien ce type ?

Je n’aime pas, mais bon, Thomas est courageux. (je rappelle que tous les toros tuent…)

Il va même poser les banderilles.

Puis la distance gardée il est bien meilleur sur son second avec notamment deux bonnes séries à droite, rien qui ne m’émeuve, mais le peuple est bon avec les siens (avant de les brûler ?).

Exit le champagne Nîmois, on sort le Tursan et le bœuf de Chalosse.

Un “barbeuck“ comme disent les djeuns. 

Shorts et T shirt, boisson à l’anis, l’âcreté derrière, alternance de bon et de moins bon, et une faena longuette à souhait ?

L’épée est longue à venir et franchement je ne sais plus si il “pinche.“

Je crois que oui.

Les “supporters“, mouchoirs à la main depuis le paseo, sont là : “une oreille“.

 

Ca proteste dans les étagères, on en voudrait plus, mais le président Lanati est sérieux bien heureusement, la seconde restera au chaud.

 

Deux oreilles, les optimistes disent que la féria est lancée, mais à bien y regarder, je croise le jeune avec son badge au revers : “Sin toros no hay corridas“

Ce qui est lancé d’ores et déjà, c’est le défi de l’an prochain.

Aujourd’hui la troisième “Domecq“ Ponce Fandiño, on en frémit déjà.

 

CHF