José Luis Benlloch publie ce dimanche 15 janvier 2017 à la fois dans la revue Aplausos et le journal Las Provincias un article très intéressant sur le négoce taurin dont voici la traduction :

 

Le bizness taurin partagé en deux

Las grands entrepreneurs du secteur s’associent autour de deux grands groupes

 

Pendant que les pourparlers et les discussions qui avaient commencé avec pas mal d’avance pour confectionner les affiches des Fallas semblent maintenant très endormis au-delà des spéculations ou de la logique, le toreo s’est divisé clairement en deux blocs d’entrepreneurs. D’une part le mexicain Bailleres,  avec une place de choix dans la liste Forbes des millionnaires les plus riches, allié à la famille Chopera, Pablo et Óscar, fils du légendaire Manolo Chopera, quo ont apporté leurs arènes au groupe, entre autres celles de Logroño et Salamanque, le tout sous la direction de l’ex-matador Antonio Barrera, homme fort du secteur mexicain.

De l’autre côté, un groupe créé dans un but bien précis, et de plus par surprise pourrait-on dire, pour les affronter et se battre contre l’hégémonie des précédents avec une première bataille en guise d’ouverture des hostilités, la conquête des arènes de Malaga dont l’appel d’offres vient d’être lancé. Dans ce groupe, considéré comme espagnol malgré la présence du Français Simon Casas, se trouvent, en plus du précédent, l’entreprise touristique Nautalia – déjà associés à Madrid -, Toño Matilla et Manuel Martínez Erice, ce dernier étant le directeur de Las Ventas jusqu’à la saison dernière, et Ramón Valencia, directeur des arènes de Séville qui, jusqu’à présent, était resté strictement cantonné aux limites de sa Maestranza.

Si on additionne les arènes et les toreros dont ils gèrent la carrière entre tous, en plus de quelques élevages, il pourrait s’assurer le contrôle de 90% du buziness taurin. Séville, Madrid, Saragosse, Nîmes, Valence, Alicante, Castellón, Mont-de-Marsan, Xérès, Valladolid, Palma… José María Manzanares, Talavante, El Fandi, Roca Rey, Rafaelillo et d’autres encore font partie de ce dernier groupe; pour le groupe des mexicains, comme on appelle les premiers, on trouve les arènes de Logroño, Salamanque, Olivenza, Cordoue, Almería et celles de Malaga s’ils parviennent à les conserver… Morante, Pablo Hermoso, Ginés Marín et quelques-uns de plus. A la différence de l’autre groupe, qui semble plus conjoncturel, celui-ci a une volonté affichée de durer et de s’étendre. Le doute réside en ce moment sur le fait de savoir si l’alliance récente pro-Malaga est née pour se maintenir ou simplement pour essayer de freiner la politique expansionniste desdits mexicains.

Quelles que soient leurs intentions finales, pour faire une extrapolation politique de la situation, on peut dire qu’on est arrivé à un franc bipartidisme qui leur donne un contrôle presque absolu sur le secteur. La situation est nouvelle en Espagne, ce qui n’est pas vraiment le cas auMexique et sur de nombreux points cela peut sembler inquiétant. La seule lecture positive, sans doute ingénue, consisterait à croire qu’ils peuvent profiter de leur potentiel pour atteindre des objectifs d’intérêt général qu’ils ont eux-mêmes revendiqué plus d’une fois d’un bord ou de l’autre, pour une plus grande activité promotionnelle de la Corrida, une plus grande représentation et aussi une pression plus importante envers l’Administration et finalement une modernisation des structures. Il ne semble pas que ce soit précisément leurs objectifs et tous ceux qui sont en marge des deux groupes, spécialement les aficionados, assistent impatients aux événements.

Les Lozano avec El Juli, Ventura, Albacete et Pontevedra, et Ponce avec son équipe de toujours, sont les principaux agents qui sont restés au bord de l’opération comme des spectateurs privilégiés. Etant donné l’importance de ces trois toreros et la nécessité de leur présence dans les ferias, on peut déduire que ce seront les trois seuls qui profiteront avec certitude de ce nouveau jeu d’échecs taurin qui a été mis en scène la semaine dernière.

Normalement, rien de cela ne doit affecter la confection des affiches des Fallas, qui sont en retard par rapport à l’habitude, même s’il reste du temps. Les changements seront minimes  par rapport à la ligne des saisons précédentes, la continuité avec la présence des figuras est en principe assurée, tous y seront, en commençant par Ponce, ainsi que des toreros jeunes qui ont pour but de se consolider, mais il faudra attendre.

José Luis Benlloch

  • CHF lun, 01/23/2017 - 07:21

    L'ennui naquit un jour de l'uniformité

    Houdar de la Motte