Pour vivre leur passion taurine, les parisiens sont obligés de voyager. Dès le mois de juillet, ils s’éparpillent aux quatre coins de France et d’Espagne, de la féria de Céret à celle de Béziers et des « ferias del norte » (Santander, Azpeitia, San Sebastian) à celles d’Andalousie (Huelva, El Puerto de Santa Maria, Malaga, Almeria…).

Mais, pour de nombreux membres du Club Taurin de Paris, il y a un rendez-vous incontournable qui, chaque année, les fait se retrouver à Bilbao à l’occasion des « corridas generales » de l’Aste Nagusia.

Cette année, comme toujours, ce fut une semaine très taurine, entre apartados, clases de tauromaquia animées par José Luis Ramón, directeur de la revue 6Toros6 et colloques organisés par les différents clubs taurins de la ville et auxquels ont participé chaque jour, matadors, ganaderos, journalistes et aficionado espagnols et français (dont, comme chaque année, Araceli Guillaume Alonso, Jean-Pierre Hédoin et Francis Wolff).

Les tardes de toros se sont prolongées, à la sortie des arènes, par des tertulias improvisées où aficionados de Paris, du Sud-Est et du Sud-Ouest mais aussi espagnols habitués de Bilbao, ont pu échanger leurs points de vue sur toros y toreros du jour.

Par ailleurs, le traditionnel repas des membres du Club Taurin de Paris a réuni le mercredi 22 août près de 30 personnes au restaurant Marinella.

Le déroulement de ces « corridas generales », organisées selon un modèle traditionnel avec les absences unanimement regrettées de Alejandro Talavante et Paco Ureña mais aussi de Diego Ventura, a connu trois temps bien différents lors des 8 corridas, après l’apéritif à cheval du samedi 18 août.  Tout d’abord deux jours intéressants en raison de la variété et de la caste (buena et mala) des toros de Victorino Martin (le 19) et des Torrestrella (le 20). Puis, trois journées sombres avec l’échec des deux principales ganaderias demandées par les figures (Cuvillo le mardi 21 et Domingo Hernandez/Garcigrande le 22) et le très mauvais début des toros de El Parrajelo (qui devaient leurs débuts dans le Botxo pour le 3ème lot du fer, aux novillos offerts par le ganadero pour le festival du Club Taurino). Enfin, les trois derniers jours, des courses de grandes émotions avec les Victoriano del Rio fuyards mais francs (le 24), des Alcurrucen fort contrastés mais comportant deux à trois bons exemplaires pour le toreo puis les Miura du dimanche de clôture qui demandaient un courage et une vista solides de la part des lidiadores.

A Bilbao comme ailleurs les meilleures entrées furent "celles de Roca", mais ici on restait loin du lleno voire du "no hay billetes" observés ailleurs et la moitié des corridas se déroulèrent avec à peine une demi plaza.  Comble de malchance, le mardi 21 pour une des meilleures entrées, avec Ponce et Roca Rey à l’affiche, ce fut la corrida la plus indigente au plan du bétail.

Le dernier dimanche, après les Miura (et pour ne pas manquer à une autre tradition), dans une ville déserte (mais pour une fois sans pluie) où tous les restaurants ont baissé le rideau, les membres du club se sont réunis pour décerner les prix de la feria, pendant que le Club Cocherito et la Junta Administrativa attribuaient les leurs.

Le palmares des « parisiens » est le suivant

 

Lot le plus complet  

              

Torrestrella

 

Toro le plus bravo 

 

"Gaiterito" de Alcurrucen lidié en 6ème par Urdiales

 

Triomphateur      

 

Diego Urdiales pour son triomphe devant les Alcurrucen

 

Meilleure faena  

 

Roca Rey devant le 6ème Victoriano del Rio          

Meilleur toreo de cape  

 

Véroniques d’Urdiales pour son quite au 2ème toro d’Alcurrucen,

 

 

Meilleure estocade    

 

Luis David au  3ème Torrestrella

 

Meilleure pique  

 

Oscar Bernal au 6ème Torrestrella 

 

Meilleures banderilles  

 

Raphael Viotti au 4ème Cortes 

 

Rendez-vous est pris pour l’année prochaine, dans un contexte nouveau lié à transformation annoncée du mode de gestion de la plaza de Vista Alegre qui, dans l’attente d’un prochain cahier des charges pour l’adjudication suscite dans l’afición bilbaína rumeurs, fantasmes et craintes.