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le crépuscule des “vieux“

 

Le crépuscule des vieux

 

 

José Tomas, absent, le champs d'activité et de popularité des figuras aurait dû leur permettre, cette temporada Européenne, d'exploser tous les compteurs.

Las une nouvelle stratégie que l'on a d'abord pris pour de véritables gestes s'est transformée en bourbier infâme ou le manque de toros, le manque d'envie, ou le manque de véritable compétition, ont amenés leur lot de déception totale..

Les enceronas, ou les mano à mano proposés à peu près partout ou il est stratégique de triompher, par les figuras, n'ont fait que mettre en valeur, la pauvreté des élevages proposés dans leur ensemble (pour faire simple l'ensemble des élevages, les mêmes à peu près partout) à l'exception de quelques spécimen triés sur le volet par certains de maisons dite torista (Victorino Martin ayant été très sollicité)...

Le G “machin“ (car on ne sait plus qui est qui?) ayant explosé en plein vol, on a vu, chacun tirant la couverture à soi, et monde moderne aidant, des campagnes de communication, frisant le ridicule, appuyé par des indultos indignes..

En pleine discussion de défense de la tauromachie, au vu de la radicalisation des groupes animalistes extrêmes, il y a quelques fois des questions à se poser...

La mise à mort est-elle oui ou non le fondement de la corrida ?

Et tout ce qui se fait avant dans les deux tiers précédents, n'est-il pas la préparation de ce moment extrême, ou, comme me le disait mon grand-père, le torero perd la corne de vue, et se met en danger véritable. La sensibilité moderne voudrait que non. El Juli nous prouve à chacune de ses sorties (en cela approuvé par nombre d'organisateurs) que le tercio de mort peut être galvaudé.

On parle de l'indulto comme d'un trophée, ainsi avoir indulté un toro, est pour un éleveur un gage de bonne santé. (Même si, le reste de la camade présentée est faible et décastée (comme on le lit régulièrement) et le reste des lots ennuyeux au possible).

Mais du premier indulto que j'ai vu cette saison (gallardo avec Juan Leal) une hérésie totale soutenue par la presse..aux cadeaux faits aux éleveurs par les organisateurs en négociation d'une année sur l'autre, (que dire de l'indulto de José Tomas, de celui de Juan Bautista etc etc...il y a eu des flops chez les éleveurs, mais aussi les toreros.

Un toro pour être indulté doit être exceptionnel et “faire“ les trois tiers....subir avec bravoure et allégresse le premier tiers, poursuivre aux planches les banderilleros et aller jusqu'à la mise à mort avec une noblesse sans faille....est-ce le cas à chaque fois ?

Je ne le crois pas, et les photos, les images de toros “gordini‘ à jantes larges (entendez pattes en X), et langue pendante, naïfs à défaut d'être nobles, souvent anovillados, n'ayant subi qu'un puyazo me rappelant mes enfants attrapant ces canards plastique qui tournent dans un bassin à la foire (hop je trempe, hop j'attrape) ou encore des faenas sur le côté (Ah l'Egypte...) au bout du bout d'un tissu ressemblant à une voile tant il est large...bref...

Nos figuras ont toutes été en déroute (et notamment face à des toros plus complets que ceux qu'ils toréent d'habitude) et ont du se rattraper avec le bétail cité plus haut...dans des endroits acquis à leur cause..

Tellement que tout l'intérêt est venu du second groupe (Fandiño bien sur, Joselito Adame, qui paie le prix fort de son courage, Flores, Robleño et Aguilar (bien qu'un peu plus en dedans) Castaño (et sa magic cuadrilla), et d'autres..)..Devant des toros qui donnent de l'émotion..

Le seul un contre six qui pour moi aura eu de l'intérêt aura été celui de Juan Bautista (entaché d'un indulto préparé) et le mano à mano morante Castella de Dax en Septembre (car Sébastien a enfin daigné toréer et Morante du se fader un Victorino de chez tonton...) tout le reste (et j'en ai vus) sont sans grand intérêt, selon mes critères bien sur.

Deux autres toreros sont ressortis des limbes, et c'est à noter.

Notre monde moderne, a tendance quand il se perd un peu, à faire ressurgir le passé. Je parlais musique avec mon fils et je lui disais que le seul intérêt que je trouvais au RAP était de “sampler“ (mélanger si vous voulez) des parties reconnaissables de morceaux du passé, dans leur morceaux actuels.

Ce qui fait que des groupes tels que Scorpions, Deep Purple et d'autres réapparaissaient...

Mieux encore, que des morceaux de musique oubliés ressurgissent et reviennent à la mode.

Indigence de la production musicale actuelle ?, manque de créativité ou marketing soigné ?

C'est ce qui s'est passé avec le CID et PONCE qui tous les deux (alors que l'on annonce régulièrement leur arrêt, voire leur disparition, ont soulevé des foules (le CID ayant renversé Madrid d'une série à gauche la semaine passée) dont les revisteros et amis madrilènes ne cessent de me dire que c'est la faena la plus belle de l'année...et PONCE qui ressuscite laissant ci et là, les odeurs embaumées de ses faenas douces du passé lorsqu'il ouvrait le flacon quasi systématiquement..

C'est que Luque, Fortes, n'éclosent pas...vraiment malgré tous les efforts des apoderados organisateurs....

Et que dire d'un escalafon ou Padilla le pirate, et le Fandi sont premiers.... , peut être que tout cela est subjectif n'est ce pas?

Comme le crépuscule des “vieux“ en quelque sorte...

 

CHF

 

Indulto

La fin de la saison est le temps idéal pour analyser ce que l'on a vécu des gradins. Je rebondis sur un aspect de ton commentaire avec un texte que j'ai rédigé il y a un mois pour l'organe interne de notre club taurin. Je ne prétend pas détenir la vérité mais j'ai mon propre avis. Concernant la prolifération des mano a mano il serait intéressant d'étudier chacune des situations et distinguer de ces dits affrontements qui n'en sont pas ceux qui ont réellement donné lieu à une véritable compétition. Personnellement je n'en ai qu'un en tête...

"Le site espagnol MUNDOTORO a répertorié 19 taureaux et 4 novillos graciés sur la période européenne allant de mars à mi-septembre 2013 sans assortir l’information de la moindre analyse comme si épargner la vie du taureau était une fin en soi. Seul le mois d’avril est fanny après un départ sur les chapeaux de roue en mars, trois indultos prononcés, puis une accélération en août, le mois où il y a le plus de spectacles, avec 6 taureaux concernés et 7 en septembre.

Ce devrait être un évènement rare puisque le taureau remarquable au point de vue morphologique se doit d’être complet tout au long du combat : brave à la pique, présent aux banderilles et offrir noblesse et pugnacité dans la percale. Or comme le tiers de piques est trop souvent limité à une mono pique et la pose des banderilles plutôt bâclée, sauf exceptions, c’est la noblesse de ces taureaux qui ne cessent d’humilier dans la muleta qui est seule reconnue. Mais il tend à se multiplier dans un objectif promotionnel où l’organisateur, le torero et l’éleveur vont se découvrir des intérêts convergents pour décrocher cette décision ultime ; l’organisateur y voit un signe d’excellence dans ses choix, le torero et son apoderado valoriseront le fait d’avoir révélé les qualités du bovin et l’éleveur en fera un emblème, reconnaissance de la qualité de ses produits.

Tout taureau est un reproducteur potentiel qui connaitra plusieurs niveaux de sélection : s’il sort en becerrada, novillada ou en corrida c’est que son naisseur n’a pas reconnu en lui les qualités qui en feraient le très bon transmetteur bien dans le type et les performances voulues pour l’encaste. Du point de vue de l’éleveur la corrida est à la fois l’épreuve de vérité, celle du combat à mort et éventuellement l’épreuve de rattrapage lorsqu’il sauve sa tête. Cependant l’histoire démontre qu’un taureau indulté, même dans les conditions optimales, ne transmettra pas souvent à sa descendance. Ainsi Hubert Yonnet ne considère pas que Pescaluno, gracié à Lunel en 2002, ait été le meilleur taureau né et élevé à la Bélugue.

La décision a perdu son authenticité pervertie par la mise en scène qui cherche à susciter l’émotion parmi le public : le torero allonge la faena jusqu’à plus soif enchaînant à l’infini les séries de passes avec les encouragements bruyants du ganadero ; les éructations des péons émanent du callejon. Comment le président pourra-t-il résister à l’injonction parfois formulée  par l’empressa qui l’a nommé et par le public emporté par l’euphorie orchestrée ? Ce sont des situations vécues cette saison et les autres d’ailleurs.

L’état de l’élevage est-il aussi performant que ce critère pourrait le laisser paraitre ? L’exemple de Fuente Ymbro, surnommé « Fuente Indulto », avec quatre grâces obtenues sur la dite période, et qui vient de connaitre un trou d’air conséquent certainement dû à une sélection insuffisante, est là pour rappeler que c’est dans la durée que cela doit être apprécié.

D’une décision qui devrait incomber à l’éleveur, la grâce s’est pervertie en une stratégie d’image et donc de vente ; dommage".

et pis encore...

Je rajouterais d'ailleurs que celà peut aller plus loin encore, dans une stratégie purement commerciale, on peut penser que l'on cherche à racoler un public plus “sensiblement moderne“ pour englober les deux termes.

Dans ce cas, cette stratégie va à l'encontre des vues des aficionados qui considèrent les trois tiers comme nécessaires..l'édulcoration de ceux-ci mènent à ce que l'on a vu Perrera demander qu'un toro ne subisse aucune pique (l'ayant obtenu) ...

A partir de là, l'histoire du toro, animal sauvage etc ne tient plus...n'importe quel animal ferait l'affaire pourvu qu'il passe d'un côté à l'autre du drap, satisfaisant ainsi tous les antis, les animalistes et autrres bien pensants...

La corrida ne peut exister que si il réside dans son acte, cette sauvagerie animale, cette inconnue qui donne un combat, et la préparation à la mise à mort, acte suprême d'échange absolu, qui fait des matadors de toros ce qu'ils sont, des êtres à part...

La technique seule ne peut suffire à justifier la corrida, et encore moins un enchainement de passe “pivots“ jambe en arrière, sur le voyage et de profil...

C'est ce que je crois.

CHF