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Les Diables du Curé.

Je peste depuis hier, je ne pourrai pas aller à Alès.

Trop de trucs à faire des rendez-vous professionnels notamment, pourtant je l'avais notée cette date. 

Il y a pile poil vingt cinq ans débarquaient à Alès, six diables fumant de rage, les conde de la corte ne laissaient aucun répit aux toreros et les quelques figuras qui au siècle dernier acceptaient de les combattre savaient qu'ils allaient en baver sang et eau....on a dit tout et rien sur les Cura, sinon une chose qui revient souvent la brusquerie. Caste et noblesse mélangées, mais de la force et du caractère, quand les Cura sont là, personne ne s'ennuie.

Si l'on plonge dans les racines taurines, on trouve du gamero Civico à l'origine, puis un passage par des vaches et toros vendues par le comte de Garcigrande les ayant achetées (celà bien avant que Domecq ne récupère ce fer) à un certain Juan Cobaleda...ce sont les années 40.

Puis à la mort de son père, Césario hérite de l'élevage. C'est un homme de Dieu, droit, rigide aussi, et ses toros vont lui ressembler. Il se lance dans ce qui fait le fond réèl d'un élevage: la sélection...drastique, sans concession. L'élevage devient aussi connu que celui que l'on appelle maintenant le Cura de Valverde.

Césario est parti rejoindre le Campo Céleste laissant les aficonados sur leur faim en 1994.

Les cérétans qui furent les premiers à présenter les fameux “cura“ en mil neuf cent soixante quinze me semble-t-il et ce par deux fois, et bien sur Alès qui les présenta bien plus tard en 1990.

Ce dont se souviennent les aficionados de l'époque ce sont des toros difficiles, manso con casta (A Céret le toro de José Antonio campuzano aura même droit aux banderilles noires)...Les neveux qui héritent du fer n'ont ni les connaissances ni l'envie du Cura, aussi l'élevage tombe peu à peu, et les corridas du millénaire se montrent décastées, la chute est amorcée.

Paradoxalement (à la vue de ce qui se passe dans la région de la Crau actuellement) c'est l'épisode de la langue bleue qui fait revenir les cura à Vic, Céret et Alès..décastés, et trés difficiles ils donnent du fil à retordre aux toreros, mais sans cette flamme qui faisait leur force.

Les aficionados qui regardent tomber les élevages mythiques sentent que la fin est proche, l'élevage n'a plus le lustre d'antan.

Mais en tauromachie, rien n'est jamais vraiment définitif hors la mort...et encore...il faut l'arrivée d'un passionné pris pour les uns pour un fou, pris pour d'autres pour un illuminé, et compris par d'autres comme un véritable aficionado. C'est un coup de tonnerre absolu, Jean Luc Couturier rachète l'élevage et mieux, le transporte du Campo Charro à St Martin de Crau.

Ca jase fort dans le milieu, Jean Luc amateur de chevaux, écoute beaucoup et en homme de décision, fait ce qu'il pense être bien. 

Les toros n'existent que si ils sortent en piste, Jean Luc sait que c'est tôt, il sait que le comportement des Cura peut être catastrophique, il en accepte l'augure. Ce sont les toreros du Sud Est qui torèent, avec tous ce que celà comporte de critiques acerbes.

Pour ma part, le dernier Cura que j'ai vu il y a un mois à St Martin de Crau m'a plu. Honnêtement il manquait de fond, mais il s'est montré encasté, et trés intéressant. Allant à la pique avec allant, même si il ne s'employa pas assez sous le cheval, il se emontra brave et noble, bien mis en valeur par un Morenito de Aranda au mieux de sa forme. 

Les six toros du jour donneront à Jean Luc Couturier une meilleur idée de ce qu'il y a à faire, même si il a déjà effectué le constat. C'est la raison pour laquelle je peste de ne pas y être. J'espère que cette journée sera belle pour tous, et je resterai attentif à l'évolution de la ganaderia, car comme me le disent mes amis Madrilènes: “Vous ne savez pas la chance que vous avez d'avoir un tel élevage chez vous...

Suerte.

CHF