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La ANPTE à Céret de Torps 2019

Conformément au protocole de collaboration signé en 2018 entre la ANPTE (Asociación Nacional de Presidentes de plazas de Toros de España) et la CPAC (Corps des Présidents et Alguazils de Corrida de France), en groupe d’amis et bons aficionados partenaires de l’ANPTE, nous nous sommes rendus dans le sud de la France les 13, 14 et 15 juillet pour assister à la Feria de CÉRET.

Céret est une ville française située dans le département des Pyrénées Orientales, dans la région d’Occitanie (très proche de Perpignan). C’est la capitale de la région du Vallespir et elle est connue pour être la capitale de la cerise. Elle a une population d’environ 8000 habitants. Cette localité française possède une arène construite en 1922. Sa tradition taurine remonte au XVIe siècle. Céret est l’une des 46 villes qui composent l’Union des Villes Taurines de France et, aujourd’hui, ses corridas représentent dans la petite ville “une marque d’identité de la culture catalane”. Dans cette localité, les taureaux et le rugby représentent des manifestations de catalanité les plus importantes.

 

 

 

La feria taurine “CÉRET DE TOROS” a lieu le week-end le plus proche du 14 juillet. Les spectacles sont organisés par l’association taurine A.D.A.C. (Association Des Aficionados Céretans). Céret est une place de deuxième catégorie en France où, année après année, nous venons en pèlerinage avec des centaines d’aficionados espagnols. Nous exprimons ici la gratitude de l’ANPTE à  cette association d’aficionados qui a su forger son “territoire taurin”, en particulier à son président, François GARRIGUE, à Andre ROQUE (coordinateur des présidents français), à Dominique VALMARY (Fédération des Sociétés taurines de France) et à notre ami JEAN-FRANCOIS (Coste) qui nous a ouvert toutes les portes du Céret durant ce voyage.

Chaque jour, il nous a été permis d’assister, comme si nous étions une composante supplémentaire de l’organisation, aux examens préalables et post mortem de chacune des corridas. Nous avons assisté aux prélèvements d’échantillons effectués par l’équipe vétérinaire et nous avons tous les jours accompagné le président pour assister à l’entretien qu’il a eu avec les picadors et les cuadrillas, en prélude à la corrida, pour leur rappeler l’importance du tercio de varas et la bonne façon de l’exécuter.

Merci beaucoup les amis, nous nous sommes sentis chez nous. Il est sûr que nous poursuivrons nos rencontres et y partagerons des expériences et des méthodes qui, d’une manière ou d’une autre, profiteront à la tauromachie.

 

 

Nous avons aussi partagé de bons moments taurins avec “la Peña Torista Joven de los Pyrénées”, une association de très jeunes aficionados espagnols et français.

L’idéologie des 30 partenaires qui composent l’ADAC est le TORO. Chaque année, cette association organise des corridas avec pour objectif de défendre l’intégrité du taureau de combat en se basant sur la recherche de la caste et de la bravoure. Ils font du taureau l’élément central et le plus important de la course. Leurs slogans sont que la fête a besoin d’émotion, de risque et de danger. Le taureau doit être bien présenté et surtout que ses cornes soient intègres. Ils défendent à outrance le premier tiers et l’association offre des récompenses économiques aux picadors. Primes qu’ils perdent quand ils se comportent mal. Cette année, en plus de la prime de l’ADAC, les picadors ont reçu un prix en espèces du Club taurin de Bruxelles et un autre de la peña taurine “La muleta d’Arles ».

Samedi 13 juillet, nous avons vu une corrida de Juan Luis Fraile, de présentation inégale, avec des taureaux en pointes et compliqués, tous “arrastrés” en silence. À signaler un sobrero de Peñajara, de sang jijona, élevé par notre ami ANTONIO RUBIO. Taureau très bien présenté, avec caste et bravoure, mais qui a finalement développé beaucoup de sentido et s’en est allé à la boucherie, oreilles intactes. Continue comme ça, éleveur ! Nous nous sommes régalés des piques de Gabin REHABI et de Tito SANDOVAL. Tito Sandoval qui a été ovationné par le public debout, après avoir donné le meilleur de l’après-midi lors de quatre piques au troisième taureau de Fraile.

Dimanche matin, nous avons assisté à une grande novillada de ”Monteviejo” (les pattes blanches de Victorino), tous parfaitement présentés, avec trapío, caste et bravoure. À signaler le courage du novillero français Maxime SOLERA. Il tua en exécutant la suerte suprême de façon surprenante, a cuerpo limpio, sans muleta, de la main gauche, enfonçant l’estoc jusqu’à la poignée, dans le haut, en sortant debout d’une vuelta de campana aérienne, dynamiquement impulsée par la charge du taureau, et sortant avec brio de la rencontre. Il coupa les deux oreilles de l’encorné et sortit par la grande porte, ce qui n’était pas arrivé depuis 20 ans (Nimeño II).

Dimanche après-midi, nous avons eu le privilège de voir une course difficile et compliquée de “Saltillo”. Les taureaux de Don José Joaquín MORENO DE SILVA, très bien présentés et “encastés”, ont transmis émotion et danger, tous applaudis à l’arrastre. Une course où il ne s’est pas coupé d’oreilles mais où personne ne s’est ennuyé, personne ne s’est distrait à manger des pipas, parce que ça bougeait et que tous les toreros étaient sur la brèche.

Don Gregorio CORROCHANO disait que le premier commandement du règlement des corridas est “le Toro”.

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Ces voyages pédagogiques, organisés par l’ANPTE, doivent servir aux Présidents espagnols pour apprendre à s’éloigner des triomphalismes et à plaider pour le sérieux du véritable aspect de la fête nationale. Distinguons ce que nous voyons dans la plupart des places d’Espagne, de Madrid, et de ce que nous pouvons voir à VIC-FEZENSAC ou CERET. Une chose est le vrai taureau de combat dans toute son intégrité, le taureau-taureau, avec lequel il faut travailler et faire ce qui est bien et une autre est le taureau “artiste” que nous voyons sortir jour après jour par des torils des fiestas espagnoles.

 

Reus (Tarragone), juillet 2019.
Victor Manuel FERRA SANMARTí