ISTRES 2019.

La corrida toriste de la féria et les pupilles du curé de Valverde ont permis un quasi lleno par temps chaud et sans vent pour assister à un mano a mano de maestros Octavio Chacon vs Javier Cortès. Deux innovations sont annoncées avant le paseilillo : la présence d'un seul cheval en piste en configuration corrida concours et l'attribution d'un prix au meilleur picador d'un montant de 500 € qui, finalement, ne sera pas attribué.

« Les Valverde », tous forts en tête, sont très bien présentés avec des robes luisantes et un écart de poids affichés de 85 kgs. Ce sont des 5 ans, sauf un qui n'a que 4 ans pour un écart d'une année pleine.

Les taureaux sont dotés d'armures plus ou moins larges et ouvertes mais tous sont en pointe et astifinos.

Au point de vue comportement sont à distinguer le 1 qui est manso, les 2 et 3 faibles mais les 4 et 6 s'avèrent complets, le 5 ayant certainement pâti d'un traitement sévère au cheval.

 

L'après-midi ne comble pas les attentes des aficionados puisque le premier tiers ne comptera que 11 piques :

le 1 accepte 2 assauts sans pousser et d'une seule corne,

le 2 n'ira qu'une fois au cheval sans pousser ce qui annonce sa faiblesse au troisième tiers,

le 3 pousse lors des 2 piques, la première bien posée, la seconde dans l'épaule,

le 4 pousse par séquences jusqu'aux planches pour 2 rencontres,

le 5 connaîtra 2 fois le contact avec la cavalerie avec une première pique très longue, trop longue et pompée,

le 6 soulève le cheval et pousse par séquences au deuxième envoi.

 

Aux banderilles ont suivi les péons le 2 à la troisième paire, le 5 sans plus, surtout les 4 et 6.

Au final ont été applaudis à l'arrastre les 2, 4, 5 et 6. A salué Morenito d'Arles.

 

Le 1 est tué d'une épée quasi entière mais basse avec applaudissements, le 2 d'un meti y saca, d'un pinchazo suivis d'une entière avec salut au tiers, le 3 de 4 pinchazos et d'une entière tombée d'où le silence, le 4 de 2 pinchazos et d'un 2/3 d'épée pour une ovation suivie d'une vuelta généreuse, le 5 d'une ½ épée après avis avec salut depuis la barrière, le 6 d'une entière caïda ouvrant l'octroi de 2 oreilles (la deuxième?) et l'accompagnement de Javier Cortès lors de la vuelta très fêtée par Jean Pierre Odet le mayoral de la Coste Haute. Un salut de ce dernier depuis la barrière aurait suffi. Á noter que nombre de puntillas n'ont pas été efficaces.

 

La lecture de la traduction chiffrée de la corrida fait comprendre que Octavio Chacon n'a pas tiré le meilleur lot du jour. Par ailleurs il semble donner des signes de lassitude, le nombre de contrats devant des élevages de respect pouvant aussi expliquer ce fait. A contrario, Javier Cortès qui a eu 3 bons taureaux a fait montre de beaucoup d'envie et d'engagement, avantages ternis malheureusement à la mort. Il fait un quite au premier taureau de Chacon et à son propre premier (le 2) en fin de tiers de pique, s'engage fortement après hésitation devant son deuxième (le 4) face auquel il trouve les terrains adéquats et sert une faena complète et de bonne facture à son troisième (le 6).

En conclusion, pour tous ceux qui suivent « les Valverde » et surtout l'aventure opportune pour eux engagée courageusement par Jean Luc Couturier la corrida istréenne a été une bonne corrida qui toutefois n'a pas été aussi forte que celle qui fut présentée en 2017. La présentation est là, la noblesse aussi, il reste à préserver le fond de caste qui entretient l'émotion. Mais il faut être réaliste, retrouver les Valverde d'antan restera une chimère. Le ganadero annonce deux corridas de quatre ans et une de cinq ans à la vente pour 2020 ; affaire à suivre avec beaucoup d'attentes et d'intérêt, la balle est cependant dans le camp des organisateurs...