ALES-EN-CEVENNES

Une véritable corrida de toros avec des Curé de Valverde intraitables

Quatre toros sur six applaudis à l’arrastre et une vuelta posthume pour « Servicioso 179 », l’ultime de la course, c’est un bilan plutôt rare dans une corrida. Jean-Luc Couturier, le propriétaire de l’élevage, n’a pas triché sur la marchandise pour cette première corrida d’Alès-en-Cévennes  et a fêté dignement les 25 ans de la venue, pour la première fois, de cette ganaderia espagnole dont il a gardé en mémoire tous les détails. C’était en 1990 pour la Feria des « Mange-tripes » avec au cartel José Luis Galloso, José Antonio Campuzano et Paco Alcade.  L’ancien boulanger avait alors rêvé de posséder cet élevage et à l’âge de la retraite a acheté vaches, taureaux, veaux et fers pour ses terres des Alpilles.

Il a offert hier aux aficionados une corrida qui marquera l’histoire des arènes du Temperas, en état de siège, où il était impossible que les 300 à 500 anti-taurins présents croisent  les aficionados. Gendarmes et  policiers ceinturaient le périmètre des arènes  pour empêcher tout débordement. Il n’y en a pas eu heureusement à part quelques ondes sonores et la peinture en rouge sang de routes « pour plus marquer les gens et se démarquer d’actes violents ».

De l’autre côté des barrières, une fouille au corps était obligatoire avant de parvenir à l’entrée des arènes. Mais à part de poser la question : combien coûte toutes ses mobilisations policières pour assister à un spectacle légal, il est temps de revenir aux arènes et se satisfaire de cette course de véritables toros.  On compte  pour l’exercice 17 piques supportées par la cavalerie Bonijol dont une, face au sixième,  qui mettra cheval et picador à terre. Insatiables les toros du Curé repartaient à l’assaut et fonçaient sur tout ce qui bouge A part le cinquième qui manquait de moteur ou qui, peut-être, avait subi une lésion pendant la pique, tous ont mené le combat jusqu’à leur dernier souffle et ont donné des sueurs aux trois toreros du jour.

 

Superbe charge du Valverde saisie par Yves PORRAS

 

Marc Serrano, d’abord. Le Nîmois  vêtu d’un costume rose-géranium, accueillit le premier par une larga et véroniques et, après les trois piques de Gabin, toutes applaudies par le public, sa faena fut beaucoup droitière,  le toro n’appréciant pas beaucoup que le torero l’attaque du côté gauche. Il entend un avis avant de porter une demi-lame et descabellos.  « Servicioso, no 172 » sera applaudi, Marc Serrano aussi. Au quatrième il effectuera un tour de piste pour une estocade entière après une faena quelque peu décousue (1 avis).

Alberto Alvarez (rouge carmin et ors) aura été le torero en vue. « Delgatote » cassera la barrière avant d’aller faire un tour dans la contre-piste. Le torero aura l’intelligence de couper sa fougue par une série de doblones qui calment les impétuosités de la bête. Ses séries de naturelles déclenchent la musique mais estocade et descabellos lui enlèvent l’obtention de trophée. An cinquième, « Jironte », il coupera une oreille après une jolie faena malgré le manque de force du toro.

Quant à Alberto Lamelas (fleur de lys et or blanc), c’est à l’infirmerie que « Servicioso, no 179 », un castaño beau comme une estampe, l’enverra au moment de l’estocade après une faena brillante face à ce toro qui a renversé la cavalerie. C’est Marc Serrano qui tuera le toro. Petite confusion à la présidence qui accorde une oreille au torero puis qui accorde une vuelta posthume au toro qui sortira avec ses oreilles.   Au troisième, le torero mettra du temps pour arriver à trouver la mesure avant de dessiner de belles séries très serrées. 2 avis sonneront avant que « Servicioso no 167» roule à terre.

Le public est sorti conquis et a réclamé le salut du mayoral.

Paul BOSC