L'histoire est un éternel recommencement parce que l'Homme a visiblement la mémoire courte. A Bogota, après cinq ans de fermeture de la Santamaría, les corridas sont revenues avec un franc succès mais le Tribunal Constitutionnel a accepté qu'un projet de loi prohibitionniste soit débattu par les députés sans laisser de répit à ceux qui veulent vivre leur culture multi-séculaire. En France, après les colloques organisés au Sénat sur la question animaliste et la déclaration qui s'en est suivie, Libération a publié une tribune liberticide contre cet "esprit du sud". En Catalogne, malgré la victoire constititionnaliste, c'est l'illégalité, donc l'arbitraire nationaliste, qui l'emporte.

C'est à ce propos que Salvador Boix, qui "apodère" à nouveau José Tomás en plus de ses activités de chanteur et d'écrivain, écrit au propriétaire des arènes de Barcelone pour lui faire part de son indignation :

 

Quelle honte Pedrito,

De quoi as-tu peur ? Peut-être t’a-t-on menacé ? Qui ? Où ? On t’a dit que si tu essayais, on regarderait dans des comptes courants et sous les sièges de tes cinémas et tu as pris peur ? Peut-être devrais-tu l’expliquer si ça s’est passé comme ça. Mais tu ne le feras pas et bien-sûr tu n’affronteras pas le danger parce que tu as peur et que tu manques de courage. Tu t’es toujours caché au lieu de réagir comme un homme, comme un être qui a de la mémoire et de la dignité. Tu te chies dessus et tu regardes ton portefeuille au point de trahir ta propre histoire et celle des gens qui t’ont respecté et qui t’ont permis de devenir riche.

Je suis sûr que ça fait longtemps que tu avais tout planifié et pactisé avec les puissants comme toi, moyennant une forte somme, en ourdissant en secret de manière abjecte et lâche la dernière razzia envers la tauromachie. L’histoire le révélera et si je suis encore là je te le rappellerai.

Les pauvres aficionados qui avaient eu confiance en ta dignité et ton courage pour être à la tête de la lutte – au moins lutter – pour la résurrection, ressentent en ce moment une grande désolation et sont surtout indignés. Tu nous as trompé; tu as commis une escroquerie morale et historique; tu  as trahi la bonne foi de beaucoup de gens qui avaient la certitude que tu rendrait à la Corrida quelque chose de ce qu’elle vous a donné tout au long du siècle dernier. Tu n’avais qu’à mettre le fil dans l’aiguille de la lutte. Rien que cette lutte t’aurais racheté, Pedrito. Mais tu n’as même pas voulu faire cela. L’histoire écrira que Balaña fut un pusillanime sans le courage nécessaire pour restaurer la tauromachie à Barcelone, même avec la loi de son côté. Tu ne devrais pas pouvoir dormir tranquille, Pedrito. Mois je ne pourrais pas.

L’afición est très déçue et outrée. Ingénus, les aficionados pensaient que tu serais à leurs côtés : le pauvre Gibert, qui y a laissé sa santé; et Josa; et beaucoup d’autres qui luttèrent pour rétablir notre dignité bafouée en 2010 ne méritent pas cette traîtrise de ta part.

Toi, ton père et ton grand-père vous avez vu couler le sang des vaillants sur le sable de la Monumental tout au long de ces cent ans et à leurs dépens vous êtes aujourd’hui écœuramment riches.

Mais vous n’avez pas récupéré une once de leur courage. Quelle mal chance !

Vous avez démontré être des lâches, indignes de la fortune que vous avez gagné en vidant les fémorales des toreros et les illusions des gens.

Tu n’as pas le droit, Pedrito. Tu n’as pas le droit.

Salvador.

***

 

Qué vergüenza, Pedrito.

¿De qué tienes miedo? ¿Te han amenazado, quizás? ¿Quién? ¿Dónde? ¿Te han dicho que si lo intentabas te inspeccionarían las cuentas corrientes y las butacas de los cines y te has espantado? Tal vez tendrías que explicarlo si es que ha sido así. Pero no lo harás, y aún menos darás la cara, porque tienes miedo y te falta valor. Siempre te has escondido en lugar de reaccionar como un valiente, como un hombre con memoria y dignidad. Te acojonas y te miras la cartera hasta traicionar tu propia historia y la de la gente que te ha respetado y que te ha hecho rico.

Seguro que ya hace tiempo que lo tenías todo bien atado y pactado con los poderosos como tú, con mucha moneda de por medio, urdiendo en secreto el último saqueo a la tauromaquia de forma abyecta y cobarde. La historia lo desvelará y si estoy, te lo recordaré.

Los pobres aficionados que habían confiado en tu dignidad y valentía para liderar el intento –al menos el intento- de resurrección, ahora están desolados y, sobre todo, cabreados. Nos has engañado; has cometido una estafa moral e histórica; has traicionado la buena fe de mucha gente que confiaba en que devolverías al toreo algo de lo que el toreo os ha dado a lo largo del último siglo. Solo tenías que poner el hilo en la aguja del intento. Tan solo el intento ya te hubiera redimido, Pedrito. Pero ni esto has querido hacer. La historia escribirá que Balañá fue un pusilánime sin el coraje necesario para recuperar el toreo en Barcelona, ni con las leyes a su lado. No deberías poder dormir tranquilo, Pedrito. Yo no podría.

La afición está muy decepcionada y enfadada. Ilusos, los aficionados confiaban en que estarías a su lado: el pobre Gibert que se dejó la salud; y Josa; y tantos otros que lucharon para restablecer nuestra dignidad arrebatada en 2010 no se merecen esta traición de tu parte.

Tú, tu padre y tu abuelo habéis visto correr la sangre de los valientes en la arena de la Monumental a lo largo de cien años y a su costa ahora sois asquerosamente ricos.

Pero no se os ha pegado nada. ¡Qué mala suerte!

Habéis demostrado ser unos cobardes, indignos de la fortuna que habéis ganado exprimiendo las femorales de los toreros y las ilusiones de la gente.

No hay derecho, Pedrito. No hay derecho.

Salvador.