AIRE sur l’ADOUR - Lundi 1er mai 2017

Novillada de Da Maria CASCON MARTIN (origine Atanasio Fernandez / Lisardo Sànchez) pour Mario PALACIOS (vert et or), Leo VALADEZ (blanc et or) et Adrien SALENC (cramoisi et or).

C’était la présentation en France de ce fer géré par Juan FRAILE, avec un lot de présentation et d’armures correctes et plutôt larges, quoique un peu disparates les deux, âgés de 3 ans 2 mois à 3 ans 4 mois. La course a fort mal commencé avec deux exemplaires très faibles, puis le niveau a monté avec des novillos plus solides qui, sans être des monstres, demandaient à être lidiés. Tous sont bien venus au cheval et la plupart a poussé, le tout produisant une novillada intéressante.

1er : deux piques bien placées prises sans grand entrain, la 1ère en venant du centre, la 2ème en se rapprochant seul, et quite terne de Valadez ; le novillo a déjà trébuché par trois fois. Il se montre tardo dès le 2ème tiers, ne suivant pas les hommes, puis retrouve brièvement un peu de mobilité à la muleta. Agenouillements, cornes plantées dans le sable, et Palacios qui nous saoule à la fois avec ses hurlements et avec la poursuite de sa faena au-delà du raisonnable. Entière tombée et brefs applaudissements.

2ème : bien fait quoique léger, armé moyennement, avec une corne droite bizarre autant qu’étrange … Pas arrêté, il vient pour une pique en place et, placé plus près, revient au galop pour une autre, levée de suite. Ce novillo s’effondre avant la pose de la 1ère paire de banderilles, s’effondre de nouveau lors de la pose de la 2ème, et … ne s’effondre pas, suivant même mollement, à la 3ème. Appliqué, Valadez sert trois séries de derechazos templés, prenant soin de ne pas obliger son adversaire, ce qui n’empêche pas de nouvelles chutes. Assortie d’un avertissement, la séquence gauchère est minimaliste et le retour à droite voit l’extinction des feux. Le novillero tient cependant à placer quelques adornos puis conclut péniblement avec deux pinchazos profonds, une lame sous-cutanée qui ressort, un tiers de lame en avant et deux descabellos. Avis et silence.

3ème : un costaud à l’allure de bison. Il sera le seul à prendre trois piques, en venant au galop -et en poussant- : 1ère placé bien assez loin, de côté et appuyée ; 2ème placé plus près, plus circonspect, cette fois en arrière ; 3ème en se rapprochant, en place et brève. Poursuite correcte sans plus aux banderilles, moyennes pour Cañada, bien pour Manolo de los Reyes. Enfin un novillo qui tient debout, que Salenc torée en baissant la main mais à distance respectable ; l’animal serre à gauche, d’où la même prudence du novillero, qui ne domine pas son opposant. Il faut dire que ce dernier, tout en étant noble, impose sa présence sans ambigüité. La faena finit en eau de boudin avec une circulaire avortée et une trinchera chiffonnée. Mete y saca, entière basse et demande d’oreille largement minoritaire, classée sans suite par le palco, avec raison. Avis, salut aux tiers poursuivi en vuelta et applaudissements à l’arrastre. Quand on voit certains mouchoirs bleus risibles, peut-être qu’ici …

4ème : mois) : armé large et reçu par larga à genoux. Ne plairait-il point ? On peut se laisser aller à le penser en voyant Fernando Sànchez le faire cogner et son collègue signer un recorte capable de casser une colonne vertébrale … Deux piques basses et au même endroit, la 1ère avec un joli mouvement de balancier. 2ème tiers correct, avec poursuites. Un peu faible lui aussi, le novillo suit d’abord la muleta plus qu’il ne charge, puis Palacios réussit à l’embarquer dans deux séries de naturelles. Avec métier, il sort son adversaire du toril à trois reprises ; si l’on arrive à faire abstraction de ses hurlements propres, de ceux de ses peones et de ceux de son fan club (ce qui, additionné, fait beaucoup de bruit), ne serait-il pas en train de construire une faena sans clinquant, mais technique, face à un animal peu commode ? Quasi-entière un poil en avant, avis et mort au toril. Alors que, relevant d’une blessure récente, Palacios a mieux dominé son novillo et mieux tué que Salenc juste avant, là, un silence indifférent salue son travail ; à croire que certains sont plus égaux que d’autres …

5ème : costaud, armé large, sort abanto, reçu par véroniques genou ployé et larga. Sous une pique en arrière, il pousse le cheval jusqu’aux planches, passe dessous et le renverse en se relevant de l’autre côté ! Tardo, il viendra cependant au galop à la 2ème pique. Banderilles mouvementées, avec un peon de brega qui peine à maîtriser la situation. Dès le début de sa faena, Valadez se retrouve devant un opposant tardo, gratteur et qui accuse le coup (suite au 1er tiers ?). Puis, prenant soin de lui laisser la muleta  sous le mufle, il nous montre un novillo à la charge plus vive, mais qui lui aussi cherche les planches puis le toril. Il se fait même désarmer et poursuivre deux fois par cette sorte de manso con casta, mauvais coucheur, qui « demande les papiers », et qu’il tue mal de nouveau avec pinchazo porté sans engagement, tiers de lame hasardeux a l’encuentro et trois quarts de lame en travers au toril. Silence.

6ème : fin, le mieux armé des six, large et en pointes. Réception par larga à genoux et mise en suerte par chicuelinas marchées et larga. Deux piques un peu en arrière mais peu appuyées de Gabin Rehabi, le novillo venant facilement d’assez loin. Poursuites irrégulières au 2ème tiers, avec Manolo se montrant de nouveau bon professionnel. La faena débute à genoux puis Salenc reste marginal sur une (trop ?) longue séquence droitière ; prenant la main gauche tardivement, il sert des naturelles laides et sans dominio, se mettant par là en difficulté à la fin de la 3ème série. Le retour à droite confirme impitoyablement ce manque de domination ; et le palco qui ose résister à la demande de « moussaka » ! La conclusion est en ligne avec ce qui a précédé : une vilaine épée basse, proche du golletazo. Cela ne gêne aucunement une nouvelle demande d’oreille, que le président accorde, je suppose à contrecoeur, mais « pour avoir la paix ».

Prix au meilleur picador : non attribué, avec raison. Cela dit, je crois bien que plusieurs piques étaient montées à l’endroit.

Présidence sérieuse de Thomas Thuriès, assisté de Victor Bernadet et de Christophe Dussau. Quel plaisir d’avoir un palco qui « tient la course », qui ne laisse pas tronquer les 2èmes tiers, qui fait sonner les avis avec ponctualité. Pas étonnant qu’à la fin, certains tenants de la facilité à tous les étages l’aient traité d’ayatollah !