MUGRON – Lundi 2 avril 2018

Novillada de PINCHA pour Carlos OCHOA (écarlate et or), Yannis DJENIBA « EL ADOUREÑO » (bleu à parements noirs et or) et Dorian CANTON (bleu nuit et or).

Lot jeune (de 3 ans à 3 ans 2 mois), de présentation allant du convenable, voire correct, au moins convenable. Tous sont venus facilement au cheval puis sont allés aux planches, voire au toril, avec une constance remarquable ; c’est peut-être pour cela qu’ils ont suivi les banderilleros avec autant d’envie au moins apparente. Côté hommes, Ochoa n’a pas été aidé par sa cuadrilla, El Adoureño, pourtant habitué paraît-il au bétail dur, s’est montré mal à l’aise, et Canton, pour sa 1ère novillada piquée après sa dernière non piquée toréée la veille même  à Aignan, a fait preuve de calme tout en toréant un peu le public,.

1er : court d’armures, sort calmement et va attendre les hommes au centre, puis cogne violemment aux planches (« aidé » par un peon ?) ; boitant bas de l’antérieur gauche, il va de chute en chute et est remplacé par un exemplaire du même fer long à sortir, armé brochito. Ochoa se fait dominer à la cape. Une pique trop longue et carioquée, une autre, placé trop près, basse et agrémentée de ce joli mouvement de balancier, et une 3ème plus légère (puisque le « boulot » a été fait avant) car l’animal, non retenu, fonce sur le cheval sortant du ruedo. Une paire de banderilles sur le côté, une autre plus correcte, et le peon qui sort de la suerte télescope un confrère se trouvant sur son chemin ! Noble mais tardo, le novillo finit par désarmer l’homme pour qui l’on se demande s’il est possible de faire passer son adversaire plus loin ; le passage à gauche est minimaliste. Entière quasiment en place ; 1/5ème d’arène demande l’oreille, et l’obtient.

2ème : armé large, playero et astifino, reçu élégamment par véroniques pieds joints, farol et revolera. Une pique de côté et en arrière prise passivement, une 2ème manquée, le novillo ayant failli passer sous le cheval, et arrêt sur demande d’El Adoureño ; « Picador » le mal nommé aura été peu piqué. Après une vuelta de campana, il fait le coup de la barrière à un banderillero, le tercio étant arrêté avec trois palos cloués. Ayant dû sortir l’animal des planches, le novillero le maintient au centre ; alors que son adversaire vient bien et charge mufle au sol, il se contente de le faire tourner autour de lui pour finir par circulaires inversées et desplante de mauvais goût … aux planches. Accrochage lors de bernadinas, reprise de celles-ci, deux pinchazos bas sans s’engager, un tiers de lame plate, entière en avant et deux descabellos. Deux avis (qu’il s’est cherché), et l’on en termine pas loin des quinze  minutes. Deux avis et quelques applaudissements.

3ème : bragado long et très armé, reçu par deux faroles à genoux suivis de véroniques et larga. Il s’échappe pour prendre une 1ère pique appuyée mais courte ; la 2ème, appuyée elle aussi, est plus longue ; après remise en suerte sur demande du palco, il démarre alors que le cavalier fait tourner sa monture et on en reste là. Arrêt des banderilles à deux paires. Canton débute à genoux et, face à une charge vive mais désordonnée, restant marginal, il se fait accrocher la muleta puis emmener aux planches à plusieurs reprises. Tiers de lame en avant, trois descabellos avec démarrages, et l’animal tombe à presque onze minutes, sans avis.

4ème : sort le sobrero, haut et lourd, armé brocho et gacho, qui fait ce qu’il veut au milieu des capes ; mauvaise vue, impéritie de la cuadrilla (qui s’est déjà manifestée au 1er), les deux ? Ochoa ne cherche pas à le mettre en suerte et le laisse foncer sur le picador pour le renverser ; le palco accède à la demande de changement, mais le novillo s’échappe pour prendre de lui-même la pique qui manquait. Autre demande, tout aussi inopportune, pour arrêter les banderilles à deux paires. Le novillero sort son adversaire des planches et, se montrant plus lidiador cette fois, arrive à l’intéresser à la muleta, sans cependant se croiser plus que de mesure. Tiers de lame, demi-lame, deux descabellos, avis à onze minutes pour quatorze de faena et vuelta.

5ème : vilaine armure blanche, courte et fermée, une pique prise en poussant, une autre en levée de suite, 2ème tercio de nouveau écourté, tout va bien … El Adoureño commence sa faena par trois passes changées ; il se met de suite à difficulté face à ce novillo qui vient de loin et lui signifie qu’il n’est pas tout-à-fait à sa place. L’animal assure sa domination en accrochant l’homme sur un pecho et en désarmant deux peones dans la foulée. Le novillero se fait conduire au toril, près duquel il abrège (si l’on peut dire) par quasi-entière très en avant suivie de sept descabellos. Avis, ponctuel cette fois, et silence.

6ème : basto, armé en crabe et gacho, va de suite se réfugier aux planches puis pousse sous une pique en arrière et appuyée, sort et revient de lui-même sans être piqué. Enfin un 2ème tiers complet, avec salut d’El Santo et Manolo de los Reyes. Après une entame à l’estribo, la faena consiste en un va-et-vient entre le centre et les planches avec naturelles sur le pico, Canton faisant tourner son opposant autour de lui, ce qui bien sûr plaît au public. Entière verticale basse qui rentre en deux fois et deux oreilles généreuses.

Présidence laxiste (2ème tiers tronqués, avis en retard ou non sonnés).