MONT de MARSAN – Mercredi 17 juillet 2019

Corrida de LA QUINTA pour Daniel LUQUE (taupe et or), Emilio DE JUSTO (jade et or) et Thomas DUFAU (bleu nuit à parements blancs et or).

     De trapio et d’armures corrects sans « excès », ce lot, mal piqué, n’a quasiment rien montré au 1er tiers et a été le protagoniste d’une petite corrida de 3ème tiers ; l’exemplaire envoyé par la famille Conradi à la corrida concours de Vic Fézensac était bien loin … Luque a daigné voir un toro sur deux, nous montrant qu’il sait toréer … quand l’opposant lui plaît, De Justo était un peu « à côté du vélo » et Dufau aussi, mais lui, complètement.

1er(5 ans 7 mois) : bien armé, astifino, cogne dans la cape. Luque montre sa détermination en le laissant aller au cheval depuis les raies pour une pique en arrière et pompée ; replacé au centre, le toro prend en secouant la 2ème pique, pompée et vrillée. Banderilles correctes, sans poursuite. A la muleta, l’animal serre à droite et envoie la corne à gauche ; le retour à droite se passe mieux. Quasi-entière tombée et silence. Le torero n’aura pas forcé son talent outre mesure devant le vieux briscard du lot.

2ème(4 ans et demi) : armure correcte sans plus, un peu fermée. Réception par véroniques genou ployé, une pique correcte sans histoire, quite par chicuelinas, et 2ème pique levée de suite : un 1er tiers en version allégée, conclu par un quite lui aussi en chicuelinas de Dufau. 2ème tiers regular, avec poursuite à la 3ème paire. Après des doblones soignés, la 1ère série à droite se passe bien, mais la 2ème voit le toro cogner dans la muleta. Comme cela est encore moins fluide à gauche, le matador reprend la main droite pour une série plus templée avant de servir quelques naturelles de face. Globalement, une faena laborieuse et pénible sur le plan sonore, entre les hurlements du torero et les conseils venant du callejon. Pinchazo profond, bajonazo et salut aux tiers.

3ème (4 ans et demi) : armé vers le haut et en pointes ; Dufau peine à le sortir des planches. Le toro rentre fort dans le peto pour une pique très en arrière et reste collé ; il échappe à la cuadrilla pour revenir seul et enfin, alors que l’on aurait aimé le voir placé loin, il est au contraire replacé près pour une 3ème pique cette fois de côté. Poursuite aux banderilles avec salut de Manolo de Los Reyes. Une 1ère série de derechazos par le large et main haute, et la suivante, du même tonneau, voit le lancement de la musique, que le torero arrête promptement. Les naturelles, tout aussi peu engagées, sont de plus chiffonnées. Retour à droite en baissant un peu la main et mort laborieuse avec demi-lame en travers dans l’épaule, quart de lame en place et quatre descabellos entrecoupés de démarrages. Avis à dix minutes et demi et silence. Dufau, par son non toreo, sera passé à côté de l’animal probablement le plus intéressant de la tarde.

4ème(4 ans 9 mois) : càrdeno claro, astifino et légèrement bizco. Reçu par belles véroniques et larga, il n’est cependant pas fixé à l’entrée du picador. Deux mises en suerte élégantes seront suivies d’une pique au milieu du dos que le toro fait sauter et d’une autre en venant au trot, de côté et replacée. Au 2ème tiers, une paire correcte, une bâclée et une osée avec salut du peon. Naviguant toujours de ci de là, le cornu est fixé par trois trincheras puis torée lentement, avec temple, dans un mouchoir. Encore la musique avant la prise de la main gauche, laquelle sera faite en baissant progressivement le leurre. Nouvelles naturelles en se croisant, luquecinas, trincherazos et … poursuite de de l’homme, qui s’est peut-être confié au-delà du raisonnable. La distraction reprenant le dessus, le matador tue intelligemment « cul aux planches » ; l’estocade, avec accrochage et nouvelle poursuite, résultera en travers avec ¾ de lame. Avis (protesté !) presque ponctuel, oreille et applaudissements à l’arrastre, pour la noblesse évidemment.

5ème (4 ans 9 mois) : càrdeno claro plus lourd et bien armé. Enfin une poussée sous une pique correcte ! Malheureusement, la 2ème, placée dans l’épaule, est levée de suite. Banderilles sans poursuite, avec salut. Le toro a-t-il épuisé ses forces à la 1ère pique ? Toujours est-il que les doblones sont légers et les derechazos qui suivant donnés sortie haute. Sur l’autre bord, c’est une alternance de naturelles profilées et d’autres servies de face. De Justo fait illusion, ou du moins essaie, avec son toreo en rond et ses pechos où c’est plus lui qui passe que son adversaire, noblote et d’une mollesse affligeante. Et tout cela est conclu à genoux pour tenter de masquer l’indigence. 1/5ème de lame, entière basse en avant, avis à dix minutes trente et salut aux medios.

6ème (4 ans 9 mois) : brève poussée sous une pique en place et 2ème, en place également, levée de suite ; le picador, que les subtils avaient cru bon de moquer du fait de son poids, est applaudi à sa sortie. 2ème tiers médiocre. Débutant sa faena au centre, Dufau se voit de suite avertir de par son sitio. Tout aussi profilé à gauche, il est bousculé et chute ; la corne est-elle entrée ? Bien que le toro vienne facilement, l’homme se montre emprunté, desconfiado et bien sûr n’arrive plus à l’arrêter au moment de tuer. Pinchazo, demi-lame en place, attente, descabello et silence. J’ai entendu que ce toro était dangereux : peut-être, mais le torero a quasiment tout fait pour finir de lui apprendre ce qu’il ne savait pas encore.

     Présidence par moments laxiste de Jacques Grué, assisté de Xavier Barella et de Colette Lacomme.