Organisée par les Peñas taurines  Cap Aficion et la Tumade la journée s'annonçait contrastée avec une affiche alléchante ayant donné d'excellents résultats les années précédentes et une météo plus que menaçante.

Conclusion : il fallait prendre le risque.

 

La fiesta campera organisée en ouverture de la journée taurine a dû son succès au bétail présenté en particulier les novillos, plutôt erales, présentés par le Lartet et Alma Serena. Ils ont été toréés avec le souci de révéler les qualités et les défauts avec une aisance remarquée pour Yon Lamotte devant le Lartet très noble à droite lui valant une oreille et le mouchoir bleu, avec plus d'hésitations pour Dorian Canton dont l'Alma Serena se révèlera noble avec une pointe de caste. Les vaches des deux mêmes élevages ont fait montre de leur vivacité mettant Baptiste Cissé devant ses responsabilités ce qui n'a pas été toujours à son avantage. La suite, à la charge des élèves d'Adour Aficion, a été plaisante et particulièrement didactique comme d'habitude même si la taille de l'arène et la présence de la musique empêchaient de suivre les conseils de Richard Milian.

 

Corrida – 6 Victorino Martin 6 – Emilio de Justo – El Monteño – Manolo Vanegas -

 

Le temps froid et humide a respecté une trève pour saluer la prestation de ce qui devient la clôture de la saison taurine française. Les participants à cet événement ont tous salué la qualité du bétail produit tant par sa présentation que par son comportement. Á noter la demie entrée malgré le temps très incertain.

Les taureaux bien dans le style Albaserrada étaient très armés, le 3 un peu bisco, le 5 aux cornes étroites et le 6 long, à l'envergure d'un Miura et cornigacho. Très présents dans l'arène, à part le 3 ils humiliaient sans perdre de vue les chevilles des diestros. Âgés de 4 ans et demie voire quasi 5 ans ils ont accepté 18 piques dont une de tienta à leur manière en collant au peto et sans pousser durablement. En conclusion, la matière première était de qualité, valant des applaudissements à l'arrastre, moins le 3 et le 5, mais à l'heure de vérité les aciers ont trahi : 14 pinchazos et 7 épées posées, les choses s'améliorant en fin de corrida.

 

Emilio de Justo a été consacré Matador du Sud Ouest en 2016 et 2017 par les critiques taurins. Il a en effet confirmé ses prestations antérieures avec ce dominio, ce sens des terrains et cette élégance qui font un mélange étonnant. Il salue à son premier qui sera un taureau noble et le plus encasté ce qui crée de l'émotion ; il tue mal après 3 envois à l'épée.

Il ira « chercher » son second, un taureau sans malice ni puissance. Le taureau s'avise et fait front aux gestes déliés du torero qui séduisent jusqu'à un désarmé. Emilio coupe l'oreille après avis malgré les 3 aciers qui ont été nécessaires.

 

El Monteño ne pouvait être serein en entrant dans l'arène pour affronter des Victorino, on le comprend ! Il fera face avec ses moyens, le manque de pratique l'ayant handicapé au delà de l'engagement qui a été le sien. Tendu à son premier il sera sur la défensive à la cape puis il servira plusieurs séries intéressantes avant que le taureau ne s'avise et qu'il prenne l'initiative. Á noter que Mathieu a posé les banderilles en les partageant avec Manolo de los Reyes. La défaillance à l'épée entraîne le silence.

Il salue au tiers à son second qu'il torée avec conviction mais avec une prudence qui l'empêche de s'exprimer totalement. Après avoir banderillé efficacement il déroule un toreo un peu brouillon conclu d'une entière qui aurait pu être celle de l'après-midi. Salut au tiers.

El Monteño est à revoir dans un contexte qui lui sera plus apaisé, il a franchi une étape difficile dans ces lieux connotés faisant de sa prestation un enjeu déterminant.

 

Manolo Vanegas marque les esprits par sa technique et son autorité alors qu'il n'a que 3 mois et demi d'alternative. Son premier taureau à la charge molle et qui s'interrompt dans ses élans ne lui permet pas de dérouler la faena envisagée. Il écourte l'exercice mais tue mal. Silence.

Son second, sournois, à la tête chercheuse et présentant quelques signes de faiblesse ne se livre pas. L'accord ne se fait pas jusqu'à la bousculade qui déclenchera la réaction d'orgueil de Manolo qui, pieds nus, ira conquérir l'oreille du courage d'une grande épée déterminante.

 

 


Prix au triomphateur : Emilio de Justo.

Prix à la meilleure cuadrilla : celle d’Emilio de Justo.

Prix au meilleur piquero : José Manuel Sangüesa (cuadrilla de Mathieu Guillon).