Nîmes, 18 septembre 2005 - Deux piques sinon rien !

.......(*) Ajout de photos

.......Il ne fallait pas s'attendre à des merveilles avec ce cartel de fin de saison très commercialement composé et qui devait opposer les triomphateurs de la San Isidro à des taureaux de Victoriano del Rio. ......."El Cid" étant forfait , la corrida se transforma en un mano a mano Rincón-Castella, "Morenito de Nîmes" occupant la fonction de sobresaliente. .......Le ciel était ensoleillé mais nuageux, un vent glacial soufflait par rafales assez violentes contrariant capes et muletas, frigorifiant les spectateurs, un bon public de fin de temporada qui remplissait les gradins à peu près aux deux tiers. .......Les six taureaux qui sortirent, cinq de Victoriano del Rio et un sobrero des Hermanos Lozano présentaient de pitoyables armures.

Le n° 77 dans les corrals....... Photo : Lilian Puech

......Le Victoriano sorti en quatrième position (admirer sa tête, ci-contre ! ), n° 77, de 541 kg, né en janvier 2001, fut tellement protesté pour l'indigence de ses cornes - et non pour une hypothétique boiterie comme feignent de l'imaginer certains revisteros - que le président arbora le mouchoir vert. .......Il convient d'avouer que le lourd et mou Lozano qui prit sa place ne se distingua pas par une tête beaucoup plus avantageuse. .......Comme c'était à craindre, à l'exception du dernier, tous ces taureaux furent faibles. Ils restèrent, quand-même, debouts mais manquèrent, quatre fois sur six, de transmission et de charge au troisième tiers.

.......A retenir : .......Une faena très technique de Cesar Rincón au premier taureau, un lourd conigordo à charge très courte, que le Maestro, usant de sa science des terrains et de son formidable sens du sitio, parvint à relancer et à améliorer. Un petit chef d'œuvre ! Sans un recibir loupé, il aurait obtenu une oreille. Salut au tiers et forte ovation.

.......Sébastien Castella, assez bien servi au sorteo, coupe une oreille au deuxième taureau petit et très commode de cornes, qui avait un peu poussé sur la première pique, à qui le président en imposa très normalement, nous y reviendrons, une seconde. Il l'avait entrepris par chicuelinas, puis, au troisième tiers, par ses fameux cambios appelés du centre de l'arène, suivis de séquences en restant très parallèle, en évitant de trop baisser la main pour ne pas affaler le fragile et discret cornúpeto. Conclusion par les habituels pendules et par une entière caidita et efficace.

Le 6ème taureau ........Photo : Lilian Puech

.....Le sixième taureau, burraco, aux cornes relativement acceptables (voir ci-contre), supportant, sans grand style, deux rencontres, tout de même sérieuses, avec le cheval, était noble et mettait bien la tête. Sans être un foudre de guerre, il conserva un minimum de mobilité au troisième tiers. Il permit à Sebastien, qui prend de la dimension, c'est sûr, d'étaler son répertoire, depuis les belles véroniques initiales en gagnant le centre, en passant, à la muleta, par des statuaires allurées, de jolis doblones, de bons enchaînements sur les deux côtés, jusqu'aux aux ultimes circulaires inversées "encimistes", pour exploiter jusqu'au bout un animal qui va se réservant. Epée entière, un peu delantera, d'effet rapide. Ce travail avait bénéficié de la bruyante complicité d'un excellent public qui avait besoin de se réchauffer. Deux oreilles ! Peut-être une de trop, mais quand ça réchauffe... ! .......Ce dernier taureau et Castella sauvèrent une tarde qui, sans cela, serait restée bien terne. .......Encouragés par le public, les deux maestros confièrent chacun un quite à Morenito de Nîmes. Il s'en sortit très bien, procédant par navarraises au denier taureau de Rincón, par chicuelinas à l'ultime de Castella. .......Reste à examiner le cas de la Présidence. Contrairement à ce qui a pu être écrit ici ou là, cette présidence ne démérita pas. Elle eut le courage d'imposer une deuxième pique ou plutôt une deuxième rencontre quand bien même les matadors lui demandaient d'interrompre précocement le tercio. Nous avions noté une pareille attitude de la part des palcos qui se sont succédés les 10 et 11 septembre en Arles, lors des "prémices du riz". C'est très bien et il faut que ça dure ! Et il faut que ça se sache dans les cuadrillas ! .......Bien entendu, les chroniqueurs patentés, et même celui qui se manifeste sur un site que nous aimons bien, ne manquent pas d'ironiser sur la "sottise" d'un président qui n'obéit pas avec empressement au docteur Rincón, d'un président "omipotent par délégation" qui récidive en restant sourd à la demande de Castella. .......Que ceci soit bien clair : Nous sommes, à Nîmes comme en Arles, dans des arènes qui se veulent de première catégorie. Notre règlement taurin municipal auxquelles elles sont soumises puisque leurs municipalités adhèrent à l'UVTF, impose, au moins, deux piques. Le Président a pour mission de faire respecter ce règlement. Nous ne souhaitons pas imiter les Andalous qui s'apprêtent à lui enlever toute autorité. Nous militons pour la sauvegarde du tercio de pique que nous considérons comme l'un des moments les plus importants de la lidia. S'il nous est opposé que des taureaux du genre Vicoriano del Rio sont trop faibles pour subir deux rencontres, tant pis pour eux et tant mieux pour nous, nous les avons assez vus ! .......Bravo, donc, à la Présidence qui a officié en ce 18 septembre après midi à Nîmes !