Le lot présenté pour la corrida toriste de la féria des vendanges était de présentation remarquable, très bien armé, de poids correct, des muscles apparents avec toutefois des arrières train manquant un peu de rondeurs. Le bémol qui peut expliquer en partie leur comportement est à rechercher du côté de leur âge puisque très majoritairement ils approchaient la limite réglementaire de consommation accusant pour 5 d'entre eux 5 ans et 8 mois.

Heureusement que le cartel correspondait à l'exigence du bétail par l'expérience et l'envie de bien faire de Curro Diaz et Daniel Luque.

Tous étaient bien présentés mais tous se sont révélés mansos et décastés à des degrés divers avec des constantes : le jeu de cape n'a pas pu parfois se faire, les taureaux sont allés à la pique plusieurs fois sur le cheval de réserve et ils ont perturbé le tiers de banderilles en coupant systématiquement les terrains.

 

Demie arène seulement et beau temps avec peu de vent pour accueillir des Margé que l'éleveur avait baptisés de noms de cépages, bien en pris à l'organisateur de ne pas les mentionner sur le panneau de présentation l'ensemble s'étant révélé bouchonné et d'une cuvée à oublier.

Dans les gradins, le public distrait échangeait beaucoup sur tout autre chose que ce qui se passait dans les gradins, certainement le plaisir des abonnés de se retrouver un dernier weekend avant la clôture de la saison.

Et pourtant il y avait beaucoup à observer du comportement des taureaux et des gestes des hommes. La répétition de taureaux fuyards et apparemment peu intéressés a cependant nui à la qualité de la tarde alors qu'il y avait de la noblesse.

 

Luis David ADAME n'a pas été favorisé par le tirage au sort et n'a pas pu ou pas su composer avec ses deux adversaires, à noter 2 quites aux taureaux de Daniel Luque.

 

Curro DIAZ , véritable chef de lidia a agi comme il le fallait avec le calme et l'autorité qui le caractérisent. Il a réalisé un vrai travail sur son premier, insistant à gauche, le taureau nez dans le sable lui permettant de lier ses séries. Il le tue d'une demie épée et d'un descabello radical. Le public froid ne réclamera pas l'oreille qu'il aurait pu couper. Salut au tiers.

Son second, applaudi à l'entrée charge sans s'engager mettant le désordre dans l'arène pour les piques et aux banderilles. Bien fixé dans la muleta il revient toujours sur l'homme et prend la main sur la confrontation désarmant le torero qui après plusieurs avertissements tue d'une entière desprendida nécessitant un descabello. Salut au tiers.

 

Daniel LUQUE poursuit une très bonne saison affrontant des élevages de respect. Son premier, astifino veleto, a beaucoup de fixité mais est court de charge. Il exprime sa mansedumbre aux banderilles, pousse des 2 cornes au cheval mais sort seul au deuxième envoi. Luque le contraint main basse et le garde dans le sitio avec son poignet. Faena ambidextre terminée par des luquesinas qui n'étaient pas évidentes à réaliser. ¾ d'épée, 1 Oreille et applaudissements à l'arrastre.

Il enveloppe joliment son second taureau manso à la cape, soigne les mises en suerte où le taureau soulève le cheval, bons cites du cavalier mais qui pose dans le dos, malgré cela applaudissements nourris et sortie du cavalier en musique. Salut de Ferreira aux banderilles, une habitude désormais. Après une belle entame à la muleta le taureau qui promettait se casse la patte droite puis la gauche, il est descabellé en piste par le matador. La présidence procède au changement. Le sobrero provient de l'élevage El Torero alors qu'il y avait semble-t-il 2 autres Margé aux corrals. Il se révèlera soso, vraiment fade et sans présence permettant à Luque de n'en faire qu'une bouchée jusqu'aux luquesinas parfaites. Entière d'effet rapide après 2 pinchazos et 1 Oreille de plus !

Luque ne souhaitera pas sortir a hombros et on salue sa décision compréhensible vu le contexte.