Avertissement:

on peut ne pas aimer la tauromachie, en souhaiter l'interdiction mais tordre les réalités avérées lorsqu'on se proclame historien des cultures est condamnable. Merci à Jean François Mézières, membre du CTT, pour ce travail débusquant les incohérences du propos.

 

UN LIVRE…A NE PAS ACHETER… NI LIRE !!! « Le Taureau, Une histoire culturelle » dernier ouvrage de Michel Pastoureau, historien respectable et reconnu entre autre comme spécialiste du médiéval, livre édité par les Editions du Seuil, semble au premier abord une belle aubaine pour les aficionados que nous sommes. Dans ce livre, effectivement sont abordés et étudiés l’histoire des rapports de notre civilisation et du taureau au travers de ses représentations, de la mythologie et enfin ce qui nous interpelle en tant qu’aficionado de son utilisation dans la corrida. L’histoire du taureau commence par ces représentations dans les grottes de Lascaux ou d’Altamira. Dans le premier chapitre, et cela commence plutôt mal, l’auteur élude carrément les tauromachies primitives des grottes de Villars et de Roc de Sers ou de Chauvet, grottes où l’on voit nettement l’homme et le taureau dans des attitudes d’affrontement. L’histoire passe ensuite par les acrobaties crétoises reproduites dans des peintures murales à Cnossos. Bien qu’elles soient apparemment d’ordre rituel, celles-ci ressemblent fortement aux figures réalisées de nos jours par les recortadores ou les forcados. L’auteur ne parle que d’acrobaties, ce qui montre qu’il ne connaît pas ou qu’il ne veut pas citer ces tauromachies qui se retrouvent dans des formes modernes de jeux taurins. Plus tard, le taureau est élevé au rang de dieu et fera l’objet du culte de Mithra puis sera dénigré par le christianisme au Moyen Âge. En effet cette religion en pleine expansion n’accepte pas la concurrence du taureau et des cultes païens qui en découlent. Combien de monuments (pierres, stèles, fontaines…) ont été alors christianisés… Bien entendu, ces légendes ou ces cultes n’ont aucun lien direct avec la corrida mais, là aussi, Michel Pastoureau nie l’existence même d’une tauromachie médiévale sous prétexte que l’Eglise était défavorable, voire même opposée aux jeux taurins, jeux dépourvus de toute règle et surtout jeux où nombre de chrétiens trouvaient la mort. Les interdictions qui furent souvent sans effet, visaient surtout à protéger l’homme et non l’animal. Ce qui est bien sur tout à fait à l’opposé aujourd’hui, où la protection recherchée est celle de l’animal ! Rappelons contrairement à ce que nous dit une fois de plus l’auteur, que malgré les interdictions et elles furent nombreuses, ces jeux subsistent et on en retrouve curieusement les preuves et les traces dans les lieux de culte sous forme de sculptures ou de figures taurines. L’auteur donne enfin les témoignages des voyageurs comme Théophile Gautier et Mérimée ou les œuvres de peintres comme Francisco de Goya et Picasso qui montrent sans nul doute l’attraction de la corrida dans le monde des arts. L’auteur ne pouvant alors nier l’attrait de tous ces artistes pour le taureau, ce serait du révisionnisme caractérisé, affirme de façon péremptoire que cet attrait est aujourd’hui terminé et que le taureau n’intéresse plus le monde artistique. Ce qui bien sur absolument faux : le taureau suscite aujourd’hui autant d’engouement auprès de nos artistes actuels. Il suffit de faire la liste de livres, de recueils de photos, de romans, de peintures, de sculptures… qui paraissent pratiquement tous les jours ! Les arguments avancés se cantonnent à des clichés difficilement supportables et erronés comme celui qui consiste à comparer le nombre des taureaux tués avec le nombre de toreros décédés dans l’arène : 4150 contre 1, entre 1950 et 2000! nous annonce-t-il! Tout d’abord, ces chiffres sont faux et tout le monde sait bien que les aficionados, ces sanguinaires reconnus, vont voir avec plaisir se faire trucider ces hommes courageux ou fous qui affrontent encore de nos jours le taureau. Michel Pastoureau déclarait récemment qu’il n’avait jamais assisté à une corrida. Ceci pouvant peut-être expliquer cela, mais on devine que malgré tout il en sait un peu surtout lorsqu’il parle de façon vicieuse des cornes et de leurs fameuses manipulations. Décidément, ce livre laisse au lecteur aficionado un goût amer car il est rempli de lacunes historiques et révèle une aversion manifeste de l’art taurin. On était en droit d’attendre plus de rigueur et d’objectivité d’un historien. La malhonnêteté de l’auteur ainsi que son parti pris évident, voire sa désagréable partialité, surprennent le lecteur averti. Ce livre faussement scientifique et culturel (un comble surtout avec un tel titre), vous l’avez bien compris, est à fuir bien évidemment !