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ORANGES AMÈRES

 

ORANGES AMERES

 

C'est beau la Maestranza, sous les milliers de mouchoirs, un million de lucioles dans l'air embaumé par les oranges amères.

Manzanares père pousse un soupir de soulagement, no pasa nada...

Manzanares fils en pousse un, lui aussi, il est passé près, très près du désastre.

Oranges amères, après les cuadris, les domecqs, les fuente ymbro ou nous n'avions rien a nous mettre sous la dent, que quelques pépins, secs et durs, et sans consistance....le soleil est apparu enfin,  promesse de printemps de chaleur et de fruits juteux.

Oranges amères, elles prennent plus de relief, dégagent plus de senteurs quand le temps se fait doux aux berges du Guadalquivir....et malheur à qui mordrait dedans, il s'en repentirait....l'encerona de Manzanares est une orange amère...et pourtant la fête aurait été si belle...mais voilà....

Le public Sévillan s'est vêtu de costumes, de tenues de fête, et de fragrances mélangées, le jeune et beau Mari est accueilli en star...l'orange est belle...puis sortent les taureaux les uns après les autres...fiasco....les toros en premier...prévisibles...bien sûr. Les encastes de stars sortent...des chiqueros et du ruedo sans aucune émotion...

Manzanares donne des détails, des gestes suaves, rares et trop peu pour compenser la fadeur du lot...deux invalides plus loin, un Victorino qui le met en difficulté...il a croqué l'orange, fâdeur, aigreur, et dégoût de tout....l'arbre va tomber.

J'aime Séville aussi pour ça, il se dégage une passion ou seul compte le torero, la discussion du soir sera rude.....IL EST UNE ÉVIDENCE, il faut des toros valides et pleins pour toréer...il faut lorsque l'on crèe ce genre d'évènement être prêt à mettre la jambe, à en remettre....Sans vulgarité, ça, au moins, le torero nous l'évite....Manzanares est appuyé au burladero, le “geste“ ne veut plus rien dire, pas de lidia, pas de faena complète, pas d'épèe, et pourtant deux toros auraient pu “servir“un peu mieux un peu plus...l'orange est décortiquée, la peau un peu fripée...les pipas se crachent par milliers, les hirondelles trissent dans les lumières allumées...on court au fiasco...mais Séville, je le répète aime ses toreros...alors, un peu pour aider, beaucoup pour protester, las palmas éclatent dans le ruedo safran...José Mari, aide nous, aime nous, prouve nous que nous avons raison d'être venus...montre nous ce que tu sais faire...enfin...

Le voici qui d'un coup d'épaule rageur et décidé, se dégage du burladero, un quartier d'arène, comme un quartier d'orange, à genoux....et je prie la Macarena, cent signes de croix...et je prie saint Domecq, cent signes de croix de plus...et le miracle s'accomplit, le toro éclate dans la lumière, porta gayola, puis larga de rodillas, et une faena maison sur un toro maison, qui prend deux piques peu appuyées, Sévillle éclate comme l'orange amère mûre, deux oreilles...certains demandent une vuelta au toro...on a dit : pas de vulgarité.....

Orange amère, tout ça pour ça, si le garçon est sincère, ce matin il doit avoir la gueule de bois, gôut d'orange amère, comme tous ceux qui se sont fendus du précieux sésame, quelques fois au prix fort...pour ne voir  que ça..

Orange amère, madame Dolores Aguirre nous a quitté, ses toros restent...

Orange amère, la fête est gâchée et ce qui était prévisible est arrivé : faire un “geste“ demande plus d'efforts, beaucoup plus, dans le choix des toros...dans l'engagement, dans la technique, et dans l'envie...sinon celà ne sert à rien...ah si, bien sûr, combien déjà,  300 000 euros, il peut s'acheter un nouveau cortijo murmure mon voisin...mon autre voisin me parle de Paquirri, c'était un copain...orange amère, encore...

un fiasco évité de peu, c'est trop peu...un encerona sans toro, sans éclat, sans saveur...pour un seul toro, au final, un seul sur sept,  sobrero compris...

Au sol, l'orange amère tombée, pourrit déjà...Séville est dans la rue...on parle de Morante, il torèe deux fois, Lundi et mercredi...quatre toros...l'orange a disparu...

CHF