Sebastián Palomo Martínez, dit Palomo Linares, est décédé, ce dernier lundi 22 avril 2017, à l’hôpital Gregorio Marañón à Madrid, suite à une opération à cœur ouvert. Né en 1947 à Linares, il était à deux jours de son 70ème anniversaire.

Aucune tradition taurine dans son humble famille, son père travaillait à la mine à cette époque où Linares conservait encore une activité minière.

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Le petit cordonnier (Photo ABC)

Le jeune Sebastián est apprenti cordonnier mais se fait en même temps maletilla et court les élevages avec beaucoup de détermination et de culot.

Il prend son alternative le 19 mai 1966 à Valladolid, parrainé par Jaime Ostos. Toute sa carrière taurine, et puis ganadera, sera administrée par les frères Lozano dont il deviendra ami et associé en qualité d’éleveur. En 1969, ces habiles entrepreneurs de spectacles taurins imaginent de produire Palomo Linares en tandem avec un autre venu de rien, Manuel Benítez «El Cordobés».


El Cordobéset Palomo Linares,en 1969 (Photo El Mundo)

Ce sera l’aventure des “Guerilleros” présentée comme une rébellion contre les grandes empresas, une succession de corridas en mano a mano dans des arènes de 3ème catégorie ou dans une arène portable érigée pour la circonstance. Énorme succès populaire, froncements de sourcils de l’élite aficionada autoproclamée.

Au cours des ans, Palomo Linares développera une riche personnalité à multiples facettes, torero de premier plan, sûr de lui et dominateur, grand estoqueador, acteur de cinéma – il tournera deux films en compagnie de la chanteuse Marisol – grand collectionneur d’armes à feu, éleveur de taureaux de combat, devenu, après son retrait des arènes, un peintre expressionniste abstrait de renommée internationale, perpétuellement abonné aux premières pages des magazines peoples qui, après les aléas de sa vie sentimentale, relatent aujourd’hui avec émotion sa disparition.

Une exposition consacrée à Palomo Linares se tient en ce moment-même à Boadilla del Monte (Madrid).

Pour revenir à sa carrière taurine, il est à remarquer que, s’il prit l’alternative dès 1966, il ne la confirma à Madrid, choix tactique des Lozano, que très tardivement, le 19 mai 1970 avec Curro Romero pour parrain.

Madrid attendait ce “guerrillero” avec une curiosité un peu condescendante. Pourtant il ne tarda pas à s’y imposer de manière éclatante. Le 22 mai 1972, en pleine San Isidro, toréant avec Andrés Vázquez et Curro Rivera, il obtient les deux oreilles et la queue du cinquième taureau, “Cigarrón”, appartenant à l’élevage d’Atanasio Férnandez et récompensé d’une vuelta. Triomphe très majoritairement fêté mais source d’acerbes polémiques chez ceux du siete et apparentés. Un tel évènement s’était déjà produit antérieurement, une bonne dizaine de fois dans ces arènes de Las Ventas depuis leur inauguration en 1931, mais ne s’est pas répété jusqu’ici.

Palomo apparut pour la dernières fois en costume de lumière à Benidorm en 1995.

En 2015 un hommage, cette fois-ci unanime, lui a été rendu à Las Ventas avec la découverte d’un azulejo célébrant son triomphe complet de 1972. Ferdinand de Marchi s’y associe en nous présentant, ci-dessous, les ses six très beaux clichés qu'il a réalisés à cette occasion.

Que Palomo Linares, grand torero, autodidacte enrichi matériellement, socialement et culturellement, homme intelligent, accueillant et aimable, repose en paix !