1 contribution / 0 nouveau(x)
Parti en fumée...

Je ne le connaissais pas personnellement, tout juste nous sommes nous croisés et probablement l'ai-je entendu (écouté?) lors de mes périgrinations. A lire à droite à gauche ce qu'écrivent ceux qui l'ont connus, il était une encyclopédie taurine, avait une aficion de respect pour le toro, la lidia, le véritable. 

D'un autre siècle d'une autre époque, si lontaine et si proche pourtant René Cahvanieu dit Chacha est décédé. Paix à son âme. Je me demande toujours de ces aficionados qui "savent" mieux que moi, que reste-t-il une fois leur mémoire éteinte?

Pas grand-chose, des écrits parfois, des vidéos, quelques témoignages qui s'embellissent avec le temps.

Notre époque est propice au changements et pourtant les retours de manivelles se font à grande vitesse, sauver le monde, sauver la planète, sauver tout ce qui peut l'être, devenir ouin ouin s'interroger sur ce monde qui n'a jamais été autant cruel, un 21eme siecle du retour en arrière, de l'angoisse du lendemain, des fausses infos, des vrais faux gentils de la sacro sainte télévision, des casseurs, du Brexit, d'une Europe dont une étincelle pourrait faire un brasier, des guerres larvées de religions, des tas de trucs qui angoissent, du c'était mieux avant....

Et pourtant à Valence, des toros de quatre ans sont sortis tous les jours. Valence et Simon en première ligne, des Victorinos à la baisse, encore; et ce, malgré la blessure de Chacon. La bataille de l'indulto du toro de Castella qui renverse deux fois la cavalerie et d'une noblesse exquise, comme dit la marquise...la présidence campée sur sa position, deux batacazos, un toro donc non piqué, pourquoi l'indulter, les tenants de l'indulto, si on n'indulte pas un toro qui met à bas la cavalerie par deux fois...suit aux banderilles et passe sur les deux cornes alors quoi?....L'autre évènement, le Roi des terres des Fallas, Enrique le grand, crocheté une fois au menton, puis pris avec deux cornadas, et une rupture des ligaments du genou de retour au sol...Dax Pleure déjà, le Moun aussi, deux à trois mois avant le retour...mais sait-on jamais? Et puis, une faena d'un autre temps, Finito de Cordoba, rématant les passes vers le bas, gardant le toro vers l'intérieur, et ne le projetant pas vers le haut et vers l'extérieur. Une leçon, tranquille et intimiste. La plus jolie faena que j'ai pu voir depuis le début de saison.

Les pétards ont fusés, les statues ont brulées, j'ai annulé Séville aux cartels ridicules, je vais aller au campo...j'ai pris mes marques, Dax bien sur, ma feria champagne, Vic, Céret, Boujan, Carcassonne, cette année, pour voir, je descends chez Anadia passer deux trois jours, certainement Aignan, puis on verra si je peux me libérer pour les Curé de Valverde à Istres...et sans doute la féria d'automne à Madrid...

Le ciel est bleu, les grues sont rentrées, les premières cigognes louvoient dans l'épure sans tâche d'un ciel azur, nous sommes au printemps, les affiches annoncent déjà les corridas triomphales, ça Domecquise à mort, ça annonce des miracles, ça raconte des fadaises...ça tease, ça raccole, la routine.

Dans le ciel du couchant au milieu des branches de pins le soleil crèe un incendie de couleurs et de feu, puis se jette dans l'océan tranquille, comme si toute cette beauté, cette intelligence et ce savoir immémorial, si l'on n'y prenait garde, finissait toujours et toujours en fumée.

CHF