Pentecôte à Vic     23 – 24 – 25 mai 2015

Pentecôte à Vic c’est un quasi pèlerinage pour les aficionados. Ils pensent que c’était mieux autrefois, mais viennent toujours.

Cette année il y eut deux courses remarquables dont l’une exceptionnelle. C’est pourquoi la chronologie ne sera pas respectée ici et nous conclurons par la course de lundi et celle du dimanche matin.

Dimanche 24 mai  (après-midi)

Don José Escolar Gil

Encaste Marques de Albaserrada (Santa Coloma Saltillo).

Fernando Robleno     Alberto Aguilar        Raphaël Cerro qui remplaçait Sergio Aguilar blessé deux jours auparavant.

Président M. Thomas Thuriès.

Temps agréable où soleil et nuages alternent. 3/4 d’arène. Durée 2h15.

Notre déception fut à la mesure de nos espérances. Les toros très bien présentés n’ont pas eu l’ombre de la caste autrefois connue. Les 4 premiers n’ont permis qu’un travail marginal avec ici ou  là quelques gestes notoires de la part d’Alberto Aguilar notamment. Le comportement au cheval fut plus qu’anodin. Seuls les 5ème et 6ème nous firent espérer quelques raisons de croire en la pérénité de cet encaste.

Alberto Aguilarput effectuer une faena correcte des 2 côtés. Après 1/3 de lame et une épée tombée, un avis sonna. Le public n’a pas réclamé le salut au tiers.

Raphaël Cerroaurait pu profiter de la bravoure du 6ème (4 piques) et de sa noblesse. Mais il manque totalement d’expérience et fut rapidement dépassé.

Roblenone semblait pas très concerné.

Toutefois il existe toujours des raisons de croire en des jours meilleurs.

 

Samedi 23 mai

Cebada Gago

Manuel Escribano     Manuel Jesus Perez Mota    Thomas Dufau

Président: Nicolas Pétriat

Belle présentation. 13 rencontres. Durée 2h15. 3/4 entrée. Temps frais et couvert.

Le plus beau toro fut le 3ème, magnifiquement armé qui permit à Thomas Dufau d’effectuer un excellent travail, essentiellement à droite. Une oreille et vuelta au toro pas très justifiée car il n’a pris que deux piques, certes poussées, notamment la 1ère.

Escribano, bon à la cape, cornes souvent passées aux banderilles (un « al violin » et un quiebro aux barrières sont à noter). Le reste n’a été qu’une succession de passes non croisées.

Mota : il fut mis en difficulté à son 1er compliqué. Meilleur à son 2ème qu’il tua d’une entière. Salut au tiers.

Thomasa été dépassé au 6ème et ne put surmonter les difficultés rencontrées.

Lundi 25 mai 17h

Dolores Aguire Ybarra

Atanasio Fernandez Conde de la Corte (5ème participation à Vic)

Président M. Bernard Cisset

Temps un peu frais, soleil et nuages. 3/4 entrée.

Chef de lidia RAFAELILLO   Sanchez Vara     A. Lamelas

Toros magnifiquement présentés. Braves (20 rencontres) et très difficiles, certains quoique mansos, se révélaient ensuite très combatifs. Course exceptionnelle d’homogénéité.

RAFAELILLO. Son travail au 1er fut remarquable. Il varia la construction de sa faena en l’initiant par le bas et utilisa les derechazos et les naturelles au milieu de la piste. Le toro devait être dominé, ce qu’il parvint à faire. Mais après une épée atravesada et 2 descabellos l’animal mourut dans le silence.

Au 4ème, magnifique, le chef de lidia effectua un bon travail de cape et après 3 piques prises avec bravoure, il dédia le Dolores au public. Des séries à droite et à gauche avec changement de main séduisirent le public. Mais à trop en faire ce fut une faute rédhibitoire que de le regarder dans nos contrées susceptibles en matière de respect. Une entrée de côté et 2 descabellos mirent fin au combat. Salut au tiers.

Sanchez Vara. Son toro très armé, au trapio remarquable, supporta 4 piques dont la dernière a été ovationnée (piquero : José Antonio AGUDO). Le matador posa correctement les banderilles (3ème paire al violin). Après avoir brindé au public, il initia sa faena au centre.

Son adversaire était excellent, il lui permit d’effectuer des séries des 2 côtés. Mais 3 pinchazos et un avis ont généré le silence.

Le 5ème très bien présenté (comme les autres), Vara effectua un beau travail de cape terminé par une demie. Hélas le toro fut fort mal mis en suerte au cheval. Le matador posa les bâtonnets correctement, particulièrement la 3ème paire. Le Dolorès était fuyant et malgré la bonne volonté de son opposant, une épée dans l’épaule acheva la faena. Silence.

Alberto Lamelas. Il vint saluer après le paseo (souvenir de 2014 et respect pour son courage après sa blessure récente). Son 1er adversaire était magnifique. Après une bonne cape, Zacangosto prit 3 piques et la violence de sa charge le laissa quasiment KO : il fut remplacé. Le sobrero, très dangereux, ne découragea pas Alberto qui commença par naturelles (2 séries) puis passa à droite. Chaque instant frôlait le drame. Après 2 pinchazos et une entière, il fut invité à effectuer une vuelta.

Le dernier également superbe fut très mal amené au piquero et se révéla manso. Malgré son sens de la lidia et sa faena valereuse et courageuse (cf sa blessure), une épée de côté acheva le travail. Ovation pour sa sortie.

Course très dure réservée aux aficionados a los toros. Alberto a été adopté par Vic pour de nombreuses années.

Dimanche 24 mai (matin)

VALDELLAN ;  sang : Santa Coloma

Buendia Pena-Graciliano     Pérez Taberneno (Hoyo de la gitana, Pilar Poblacion)

Temps agréable, assez frais. 3/4arène. Président Marc Amestoy. Durée 2h3/4.

Au paseo : « Paulita » ;    Mehdi Savalli ;    Cesar Valencia

(Venezuela 20 ans en juillet, trois fois ici en tant que novillero)

Paulita  un matador de 37 ans qui torée peu. Son 1er avait un trapio remarquable. Il supporta 3 piques. Son travail à la cape fut sérieux et varié, mais un pinchazo et une demi- épée ne permirent qu’un salut au public.

Le toro a été applaudi à son entrée comme à l’arrastre. Ce fut le cas des autres, certains ont été ovationnés.

Face au 4ème il eut beaucoup de difficultés et se retira dans l’indifférence générale.

Mehdi Savalli : égal à lui-même. Il maîtrise la cape, les banderilles sont parfois posées à cornes passées. Le Valdellan alla 3 fois au cheval et après avoir dédié son adversaire au public il fut dépassé à la muleta, comme cela se répéta à son 2ème opposant, le silence s’imposa.

César Valencia : il anima cette matinée de façon exceptionnelle. Le piquero fut ovationné. César effectua un travail très classique digne d’un matador confirmé : remarquable dans le « sitio » et la variété de ses passes. Après une demi-lame très bien en place il obtient une oreille fêtée.

Au 6ème il hérita de CUBANO, magnifique mais qui s’avéra très compliqué. Il s’élança 4 fois au cheval (pour 2 piques effectives). Le piquero s’apprêtait à quitter le ruedo alors que le président n’avait pas ordonné le changement (les Armagnacs jouaient à cet instant en honneur de ce magnifique tercio et il y eut confusion). César tenta de rappeler le cavalier mais c’était trop tard.

La faena débuta comme la 1er  mais le Valdellan exceptionnel et avisé fut maître du jeu et César pensa pouvoir tuer l’animal d’une demie mais celui-ci le prit, le souleva et l’entreprit au sol. Grâce à un quite salvateur de Mehdi, Valencia s’en sortira avec des contusions et des blessures au genou.

 Paulita  était chargé de tuer CUBANO, ce qu’il fit d’une entière courageuse. Le président accorda une oreille à César et une vuelta au Valdellan. La course se termina dans l’euphorie générale. Les 2 piqueros ont été invités à saluer ainsi que la cuadrilla et le mayoral ; un demi-tour pudique sous les ovations mit fin à cette matinée historique. Le public communia à cet instant et ne voulait pas quitter les arènes.

« La fraternité c’est une cousine que personne n’invite à danser. »

N’oublions pas que l’on croit car on espère et tant qu’il y aura de telles courses, nous irons aux arènes avec quelques illusions.

 

                 André Régagnon