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L’invitation m’a fait extrêmement plaisir car vous le savez, je suis très attentif aux deux élevages mythiques de Concha Y Sierra, et du Cura De Valverde.

Les progrès réalisés sont extrêmement intéressants et en toute sincérité ce qui est le plus passionnant c’est la remise en question du ganadero Jean-Luc Couturier.

Il a fait le tri, dans l’entourage, dans les toros, dans les méthodes et même dans ceux qui viennent tienter chez lui (seuls ceux qui acceptent de prendre ses toros sont admis) exit ceux qui venaient s’entrainer avec des vaches collantes comme glu a la muleta…pour ne jamais croiser les pupilles de la Coste haute dans une arène…

La, il s’agit de tienter des males pour retenir les futurs sementals.

La méthode ? 

A la branche, pas de cape pour la mise en place du toro a la pique, juste des branches trainées au sol…quatre toros deux vaches, un seul gagnant qui va mettre le bazar pendant presque une heure, de son arrivée dans le ruedo au retour aux pâturage, chargeant les cavaliers, refusant de passer les portes, un caractériel quoi !

Octavio Chacon se pend à la corne qui vient de le faucher, moment de frayeur, l’animal s’acharne, Chacon tient bon, un choc contre le burladero de béton (l’animal suit les hommes jusqu’aux refuges) Une corne cassée, quelques contusions, une frayeur, et un toro qui retourne au fer sans arrêt…une véritable présence.

Chacon joue le jeu, il confirme ses qualités, à mes yeux, courage, et mise au service de l’animal ou du ganadero c’est selon…un lidiador aussi qui comprend et sert le toro.

Le tri a été fait 65% de casse, de tests, d’efforts, d’arrache cœur…et bien sur l’inconnu.

Alors recrutement de Sementals, la rame Conde de la Corte et du Domecq, mais pas du Solis, Solis, non du dur, du vrai. Rafraichir le sang a tout prix…plus simple que pour les Concha Y Sierra…plus rares.

Alors le généticien maison prend des paillettes, raffermir les familles, créer des toros en scientifique.

Et Voilà, la camade est courtissime, peu d’options, les différentes familles seront préservées, et avec les prélèvements on va pouvoir étendre les possibilités, recréer un cheptel, ramener à la vie les fers Mythiques. Comme on le dit chez moi à Rugbyland, retour aux fondamentaux.

La base est posée, la chappe est mise, les premiers granits prêts, tailles, façonnés, l’édifice devrait être solide.

Ce sont mes amis Madrilènes qui me l’ont dit, au déjeuner qui précède la course de Victorino, eux ont la chance de vivre à Madrid, et voir les courses a foison, moi j’ai la chance de vivre au véritable pays de l’aficion, l’Espagne s’égare, Madrid n’est plus que de loin en loin cette capitale du toro, ou les hommes signaient de leur sueur, de leurs larmes et de leur sang, bien souvent, la saison à venir. Ce sont eux, les enfants de Las Ventas  qui le précisent : Vous, les Français, vous avez cette aficion chevillée au corps, et couturier (bien rouler le R) en est le meilleur exemple. Quand on pense que Victorino n’a pu acheter les fers et que le Français l’a fait….

Aignan, j’écoute le type derrière moi qui crie des « mata Lo por favor » (sans rouler les R) en râlant…il ne vaut rien ce toro…c’est vrai qu’un toro qui ne sert pas n’est pas un bon toro….vas voir des figuras…tu verras de la chiffonnade..

Je t’en foutrais moi, un toro qui ne passe pas il faut aller le chercher, lui donner confiance, se croiser, le servir…Pepe Moral fait la même chose qu’à Madrid le Dimanche de Victorino, il fait passer, passer sans toréer, sans peser sur l’animal, sur son premier, sur son second…lui, il lui faut du doux, du suave, du câlin…je me souviens a Dax quand il a mis la pile au Juli, poussant celui-ci a faire une porta Gayola, dans les flaques de l’orage d’été…vexe le Juli. Pepe avait enchainé les passes, temple, mais c’était du bonbon, guimauve and Co…du toro pour figura…A Aignan, c’est retour à la réalité, du couillu, du dur du vrai, de la sale bête.

Tu l’attends la, il est de l’autre cote, il te coupe la route, balance un coup de tête, cherche tes chevilles, des poisons…

Et c’est vrai que le quatrième est une estampe qu’il faut aller chercher qui s’arrête qui pose un problème, qui possède une présence, il cherche au sol, il souffle, relève la tête se fige, regarde et charge par a coups…une machine superbe, un vrai Cura.

Chacon qui a toréé dans l’indifférence le premier des trois Concha, prend trois crochets, trois câbles de chantier, ancre tout ça dans le sable gersois et s’arrime.

L’image de ce torito le fauchant au sol est-elle passée dans sa tête, je ne sais pas, mais c’est la guerre. Verdun, Passy, le chemin des dames et Austerlitz tout a la fois…on sursaute, on se tend, on s’inquiète…Lui, se croise, baisse la main, humilie l’animal, remate, L’Animal le suit du regard, on l’entend qui réfléchit, si, si, je suis comme les antis, je fais de l’anthropomorphisme…il regarde Chacon, je vais te choper à un moment ou un autre, je vais le faire. Et ça passe près…les deux lames plus d’un mètre d’un bord l’autre, raclent l’air a la recherche du triangle de Scarpa. Chacon est lidiador, torero, et matador de toros. Alors, il torée de verdad. Un régal, il est appliqué, concentré, mais comment faire autrement face à un tel client. ? Lui, se croise, baisse la main, humilie l’animal, remate, fsuitttt l’épée est entrée, ferme, placée, le frontal l’a repoussé, il est passe entre les cornes, un peu comme l’épée Madrilène de Fandino a cuerpo limpio, les images se bousculent… oreille, il aurait pu en avoir 2 le public toriste est plus dur que le public toreriste y compris dans les petites places. 2 parce que l’honnêteté devrait être payée a sa juste valeur.

Le jeune Vanegas déjà vu avec intérêt à Vic, va nous intéresser malgré un bagage technique pas toujours au top, mais avec un courage et une entrega qui rendra la tarde intéressante. Et le gamin sait tuer, droit devant…lui aussi torée..

Les toros se sont comportés sérieusement à la pique mais sans véritablement se donner à fond, mis a part le 4 et le 6 (Chacon Vanegas) qui les auront servi de la ligne de pique, au centre de la piste.

Bien sûr, si l’on compare Orthez, je suis sûr que Jean-Luc aura un peu de déception…mais quatre toros auront été au moins intéressants, et certes il leur manquera un bout du troisième tiers…Genio pour les uns, manque de fond pour certains, mais une tarde intéressante.

L’avantage c’est qu’a ce niveau il sait ou il en est…et je suivrai avec intérêt le reste de la saison et notamment la course de Istres que j’ai vue, forte et homogène…

L’an prochain sera aussi plein de promesse. En attendant, si toute les courses de l’année étaient aussi intéressantes, cela serait déjà bien.

Bravo a Aignan de programmer ces affiches, au moins c’est, sinon rafraichissant au moins, toujours d’un véritable intérêt, n’en déplaise à ceux qui programment toujours les mêmes choses, fades, insipides, sans gouts ni couleurs, qui se croient les rois du monde et pleurent avec dédain, sur les absents qui ne remplissent plus leurs gradins, voire leurs poches…

CHF