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Putain de ... par Michel Jean

Putain de …. par Michel Jean

En ce dimanche ensoleillée et nuageux à la fois, je me suis décidé à partir pour les arènes, non loin de chez moi. Arrivé sur place, pas de problème pour me garer tellement les voitures étaient espacées. Je me rends autour de la plaza et commence à apercevoir quelques gens, mais je ne vois pas bien les visages. On se salue de la main en parlant un peu fort et en restant éloignés. Je vais jusqu'à la taquilla prendre ma place et là, pas de queue. Les gens sont plus loin et il est aisé d'avoir un billet d'entrée. Je me renseigne s'il y aura un peu de monde, pas sûr me répond-on. Enfin je verrai, peut-être est-il trop tôt. Je vais à la buvette pour prendre une bouteille d'eau et là, c'est fermé. Tant pis. Je refais bonjour d'un signe de la main à quelques connaissances qu'il me semble reconnaître et je me rends à l'escalier d'entrée. Je ne reconnais personne, je monte les marches et arrive tout en haut pour rejoindre ma place. Je la connais, c'est toujours la même. Quelques personnes sont déjà là mais éloignées les unes des autres.

Je m 'assois, personne à ma gauche (il y a des places vides et la musette), à ma droite une personne à trois places plus loin, debout personne et pareil au premier rang. Sur 10 mètres, il n'y a que trois personnes et c'est comme ça à peu près partout car à d'autres endroits c'est encore pire. C'est surprenant, je ne me souviens pas d'avoir vu cela ne reconnaissant pour ainsi dire personne. J'attends patiemment l'heure du paseillo. Cela fait drôle car au lieu d'être 7000 nous devons être 500 et encore. Ce n'est pas l'idéal.

Je ne vois qu'une personne au palco. Bizarre...

La musique joue, le paseillo défile et là aussi un seul matador devant suivi de deux péons et un picador. De plus en plus bizarre...

Je ne reconnais pas le torero, je vois mal son visage.

Les clarines sonnent et là surgit un toro magnifique. Tout pour lui, des cornes, du muscle et une envie d'en découdre. Mais mon Dieu qu'il est beau ! Il fait deux fois le tour du rond en rematant au burladero.

Le matador sort avec sa cape, s'avance et c'est là que je ressens une grosse douleur à ma jambe droite, mais vraiment violente ce qui a eu pour effet de me... réveiller. Hé oui, je suis dans mon lit, tout seul, tout cela n'était qu'un rêve. Il doit être une heure du matin, ma jambe me fait mal. Je m'assois sur le bord du lit et attends que ça passe. Je réfléchis et pense à haute voix :

  • Putain de coronavirus !

Et si ce rêve, ce cauchemar plutôt, était quelque chose de prémonitoire pour le reste de la saison qui n'a toujours pas commencé.

Je ne souhaite pas que cela se produise car nous serions nous, aficionados, vraiment malheureux et je pense qu'il serait dur de s'en remettre (j'en suis malade d'y penser).

Mais l'aficionado a toujours gardé l'espoir étant un éternel rêveur. Tout est permis. Demain sera un autre jour.

Hasta luego

Michel Jean Colomiers le 01 mai 2020