Pauvres toros du Conde de la Maza à Saint Martin de Crau

Les toros du Conde de la Maza combattus le 25 avril à Saint Martin de Crau, en dépit d’une présence physique et comportementale intéressante, ne laisseront pas un très bon souvenir. Cinq sur six présentèrent des cornes qui s’éclatèrent pitoyablement. Comme il n’a pas été et ne peut plus être démontré si les pointes étaient fragilisées par des manœuvres frauduleuses ou par des conjonctions de circonstances capables d’affecter des cornes “naturellement fragiles” telles que chiqueros aux plafonds trop bas pour des bêtes qui tapent vers le haut, parcours pour rejoindre la sortie du toril si parsemé de virages à angles droits, pire, à angles aigus, que des toros débordants de fiereza, pressés de défier la lumière de l’arène, les prennent trop larges et s’y fracassent, burladeros plus durs que le diamant d’une corne, caparaçons de kevlar excessivement contondants…, j’en passe, nous ne pouvons qu’en conserver insatisfaction et amertume.

Un excellent ami nous fait parvenir d’éloquentes images des cornes de deux de ces toros :

Gardunero 550 kg, le quatrième  de la course le second d'Eugenio de Mora

Deux pitoyables image de Cocina 540 kg, le sixième de la course, le second de Miguel Angel Delgado

À remarquer que, si le samedi cinq toros sur six eurent les cornes éclatées, le lendemain dimanche, des six taureaux français en “compentencia”, un seul, le Blohorn, montra de vilaines cornes.

Kalao 550 kg, le taureau de Blohorn combattu par Thomas Joubert en sixième position le 26 avril

Pour en revenir aux toros du Conde, nous venons d’apprendre qu’ils n’étaient pas au bout de leur malheur comme le révéla leur autopsie. Trois d’entre eux ont été découverts infectés de la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO) au cours des examens post-mortem.

Suite à ces résultats, les autorités sanitaires ont ordonné l'abattage du sobrero de la course et la mise en place d'un périmètre de sécurité de 20 kilomètres autour du foyer viral, jusqu'au 25 mai au moins. Durant ce temps taureaux et moutons ne peuvent sortir de la zone interdite, ni y rentrer depuis l'extérieur.

D’autre part, durant ce délai, les services de l'État vont "surveiller l'apparition de signes cliniques. Tous les élevages de ruminants de la zone feront l'objet de deux visites vétérinaires prises en charge par l'État. Des tests sanguins ciblés vont être réalisés. Avec une priorité vers les moutons, le sérotype 4 suspecté ayant peu ou pas d'expression clinique chez les bovins".

Rappelons que la FCO communément appelée “maladie de la langue bleue” est transmise par des insectes vecteurs. C’est pourquoi, des mesures de lutte contre ces vecteurs sont rendues obligatoires “désinsectisation des animaux et des moyens de transport", précise le communiqué.

Il convient de bien noter que parmi les signes cliniques de la “langue bleue” chez les bovins, il n’a jamais été observé l’apparition d’une fragilité des cornes d’autant qu’ici il s’agit du sérotype 4 qui a “peu ou pas d'expression clinique” chez ces animaux.

Pauvres pensionnaires du Conde de la Maza à la fois suspectés d'être victimes de probables discrets barbiers et sûrement infectés d’un virus si redouté des moutons !

J-J D