Dimanche 7 avril 2019 en matinée 6 toros de Yonnet pour Javier Cortès – Thomas Dufau – Gomez del Pilar. Demie arène et ciel dégagé.

Les toros directement descendus du camion ont majoritairement été applaudis à leur entrée dans l'arène. 4 Christophe Y pour 2 Hubert, les 4 et 6. De belle présentation générale, deux un peu cornicorto, avec beaucoup de morrillo, ils vont de 520 à 590 kgs et ont de 4 ans et 3 mois à 5 ans et 4 mois. Ils ont fait preuve de bravoure en venant à la pique et de caste face aux hommes. Est-ce la crainte qu'ils inspirent, toujours est-il qu'ils ont été trop souvent malmenés aux piques posées en arrière, vrillées, pompées, carioquées. Seuls deux picadors se sont présentés avec des piques montées à l'endroit. Cela peut expliquer leur comportement inégal au troisième tiers. Ce retour des Yonnet est une satisfaction pour qui aime voir des toros de combat exigeants mais toréables. Est-ce la crainte qu'ils inspirent, toujours est-il que les épées n'ont pas toutes été exemplaires. Á saluer une présidence sobre et juste dans ses décisions qui chacune avait sa justification parfois incomprise par le public emporté par l'émotion.

Javier CORTES, habitué du sud est, « touche » un Christophe Y et un Hubert Y.

Belle entrée de son premier très armé et pesant 550kgs qui s'engouffre dans la cape dominante de Javier. Il ira par 3 fois à la pique, la première en arrière, la seconde bien posée, et restera dans le peto à la troisième. Les banderilles ne l'intéressent que peu. Il relève la tête dans la muleta puis perd rapidement de sa puissance et se révèle délicat sur la corne gauche. Ses coups de tête perturbent la mise à mort qui se fait en deux temps, un pinchazo suivi d'une entière bien en place mais un peu plate. Salut au tiers.

Son second, le Hubert pèse 560 kgs sur la balance. Il pousse sur les 2 piques, est présent aux banderilles avant de tomber deux fois en début de faena. Il joue lui aussi du chef et perd sa charge présentant un comportement plus droitier que gaucher. Javier conclut d'un pinchazo suivi d'une entière tombée. Salut au tiers.

Thomas DUFAU hérite de deux Christophe Y, le lot le plus aisé si l'on peut dire !

Son premier de 520 kgs et très armé fait preuve de mansedumbre. Il avertit le piéton lors de la mise en suerte pour 3 piques toutes les trois posées en arrière et pompées. Réfugié à la barrière il sera difficile à banderiller. Ses hésitations et ses menaces empêchent Thomas de se libérer lui qui sera réduit à une stratégie défensive si ce n'est une belle série à droite. Il le couche d'une entière en place suivie d'une mort lente après avis. Vuelta après bronca à la présidence.

Son second, haut de morrillo et pesant 570 kgs est vite fixé à la cape. Il s'emploie à la première des deux piques posées trop en arrière. Les banderilles sont limitées à deux paires. Le toro finira bouche fermée après une faena sur la défensive. La conclusion sera compliquée d'un pinchazo et d'une épée atravesada, le toro étant relevé à la puntilla avant une série de descabellos. Deux avis seront sonnés. Le toro est applaudi à l'arrastre.

GOMEZ del PILAR délivrera une porta gayola à chacun de ses toros, un Christophe et un Hubert respectivement de 560 et 590 kgs, le lot le plus lourd.

Le premier n'est pas beau de cornes, brocho et bizco, il s'enfonce dans la cape. Puis il ira quatre fois au cheval en venant progressivement de loin. Il ne pousse pas dans l'équipage et a tendance à sortir seul. Très présent aux banderilles il défie le torero qui a trop de gestes de recul le toro se révélant dangereux quand il ne part pas au premier toque. La corne gauche sera inexploitée parce qu'inexploitable malgré des tentatives répétées. La tension est là, la muleta échappant à la main du torero avant une entière basse d'effet rapide. Bronca à la présidence qui ne suit pas la pétition mais accorde une vuelta un peu généreuse àMermoso.

Son second est un zébus de 590 kgs, légèrement cornicorto. Il renverse le cheval, le fait rouler et le remet sur pattes. Il pousse fort avec les reins mais sans violence à l'occasion des 3 piques. Les banderilles sont limitées à 2 paires. Brindis à Thomas Cerqueira. Le toro aurait mérité un belluaire au regard des difficultés présentées, il sera plus abordable à gauche avant une mort hémorragique lente après avis suite à un pinchazo et une entière trop plate.

 

Dimanche 7 avril après midi. 6 taureaux d'élevage français pour Fernando Robleño – Octavio Chacon – sobresaliente : Jeremy Banti. trois quart d'arène, ciel dégagé.

Cette corrida de competencia est dominée côté hommes par Octavio Chacon qui, malgré les difficultés s'est attaché à chercher à comprendre ses opposants. Fernando Robleño n'a pas eu le même investissement, la muleta toujours en arrière, l'illusion gommant le manque de dominio. Déception relative côté bétail où l'habit n'a pas fait le moine.

Le GIRAUD, n° 03, bien armé, est avacado et manquant de cul. Il va au cheval en zigzaguant pour 3 piques. Averti une fois Robleño enclenche la marche arrière et se protège. Conclusion d'un pinchazo et d'une entière basse.

Le TARDIEU, n°14, très bien présenté, ne se remettra pas de la vuelta de campana même s'il fut ménagé à la pique et aux banderilles. Il raccourcit ses charges, trébuche et joue de la tête. Octavio Chacon, opiniâtre, va le chercher et le tue d'une entière en suerte contraire aux planches. Une oreille.

Le FANO, vieux Sulauze, n°66, est applaudi à son entrée, c'est un bison mais aux cornes fragiles. Il pousse par intermittence aux 2 rencontres. Le toro n'a pas de style d'où une faena servie par Fernando Robleño fade et sans saveur. Mort après un avis d'un pinchazo et d'une entière desprendida un poil basse suivi d'une série de descabellos et de 2 puntillas. Quand ça veut pas...

Le JALABERT, n°351, est lui aussi applaudi à son entrée. Il part du centre pour une deuxième pique où il pousse mollement. Quite de FR, avant que le toro ne blesse un banderillero qui a trébuché. Brindis à Cédric Bernardi le président de la Unica. Le toro faiblard permettra à Octavio Chacon une faena décidée avec beaucoup d'aguante. Il se fera bousculer en raison d'un excès de confiance et le tue d'un bajonazo en passant par la rocade après un avis. Applaudissements.

Le DURAND, n°12, se présente gêné sur son train arrière et sort de l'épreuve des piques les cornes escobillées. La présidence refuse le changement, le toro étant toréable. La faena essentiellement donnée sur la corne gauche sera gentillette avec une muleta en arrière et un toreo de profil. Entière basse après avis et pétition majoritaire, une oreille.

Le BARCELO, n°67, une estampe applaudie à sa sortie en piste, se révèle délicat à la cape. Octavio Chacon accorde un quite à Jeremy Banti, sobresaliente. Le toro est épargné aux banderilles. Le toro avenant n'exige pas la même profondeur d'engagement, ce qui n'exclut pas le mando du matador qui malheureusement tue de 2 mauvaises épées après 2 avis.